vendredi 4 janvier 2013

Eric Van Rompuy s'en prend à De Wever, "la N-VA est malhonnête"


Le Vif
Source: Belga
Le député flamand et échevin de Zaventem, Eric Van Rompuy (CD&V), s'en prend vivement, dans une interview à Paris-Match, à la N-VA et son président Bart De Wever, accusé de "démagogie" après le dernier discours royal et d'"hypocrisie" dans son refus de plaider ouvertement pour la fin du pays, alors qu'il "fait tout pour le miner".

Interrogé par l'hebdo sur la récente allusion d'Albert II aux populisme des années 30, Eric Van Rompuy estime celle-ci "assez maladroite", la comparant à un "centre (du Roi) qui allait permettre à De Wever de marquer un but de la tête".

"Au CD&V, nous savons fort bien que la N-VA essaie de faire de la démagogie à propos de chaque mot, de chaque phrase prononcée par le roi. L'entourage de ce dernier aurait dû le mettre en garde. (...) Les gens doivent savoir que la N-VA est malhonnête et que certains médias en sont devenus le relais. Le climat est épouvantable...".

Pour le député flamand, l'agenda poursuivi par M. De Wever est clairement la scission du pays. "En Flandre, le secret le mieux gardé est bien celui-ci : la N-VA est favorable au confédéralisme, mais elle ne le dit pas vraiment qu'elle veut la fin de la Belgique. Les autres partis flamands ne sont pas pour la scission de la sécu. Ils ne veulent pas mettre en danger les 350 milliards qu'elle représente. Or la N-VA fait tout pour miner la Belgique et le roi. Elle sait que, dans l'opinion publique flamande, le souverain est encore très respecté... C'est une stratégie d'hypocrisie : ce parti ne veut pas ouvertement la fin du pays mais fait tout pour le miner", ajoute-t-il.

Pour lui, la voie suivie actuellement par le gouvernement fédéral - auquel participe le CD&V, ndlr - est la bonne, et doit dès lors la poursuivre jusqu'en 2014. "Nous devons montrer qu'un gouvernement sans la N-VA peut réaliser du bon travail. L'électeur flamand doit savoir que ce parti veut la fin du modèle actuel. Il faut à tout prix le démasquer et ce sera notre stratégie. C'est-à-dire expliquer que Bart De Wever veut rester bourgmestre d'Anvers et, de là, faire exploser la Belgique".

Or, une scission du pays serait néfaste pour les Flamands, qui verraient leur niveau de vie diminuer "de 10 à 15%", assure l'élu.

Face à la menace que constitue la N-VA, M. Van Rompuy invite les formations francophones à la prudence et à améliorer leur communication. "Mais c'est aux partis flamands qu'il revient de combattre la N-VA, pas aux francophones... Quand une personnalité du sud du pays s'en prend à De Wever, celui-ci joue au Calimero", analyse-t-il.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
SIDERANT
Chacun lira ces déclarations et tirera ses conclusions mais non sans avoir pris connaissance du fait que le frère de Herman est unanimement conspué sur le forum du Nieuwsblad et regardé comme "grappig", "amusant" par 60% des lecteurs du Laatste Nieuws.
Sur ces forums, la popularité de De Wever est insolente et équivaut à un plébiscite quotidien. Inquiétant, très inquiétant.
On s'étonnera des silences du président Beke qui se tait dans les deux langues nationales et aussi des déclarations de Yasmine Kerbache. Après coup, la chef de cabinet de Di Rupo a estimé en effet qu'il aurait été "préférable de supprimer" le passage contesté du discours royal" (...)"vu la manière dont le discours est maintenant détourné, il aurait en effet sans doute été préférable de supprimer cette référence aux années '30".
"Il est triste que nous devions faire de l'auto-censure, si nous voulons faire référence au populisme", juge encore Mme Kherbache. "Ce qui est frappant c'est que le roi Baudouin avait fait plus ou moins le même discours en 1993 et que personne n'avait alors bronché."
Cela en dit long sur les tensions politiques dans notre pays", conclut la chef de cabinet d'Elio Di Rupo.

Mais qui donc est qui cette Yasmine Kerbache ? Une femme brillante très engagée à gauche."Née en Belgique de mère flamande et de père algérien, elle a étudié le droit à la Katholieke Universiteit Leuven et à l'Université libre de Bruxelles, et a ensuite plaidé aux barreaux de Bruxelles et Anvers. En 2004 elle est entrée au cabinet du ministre flamand des Affaires sociales Frank Vandenbroucke (SP.A),( cheffe de cabinet adjointe). Elle a repris ensuite du service auprès d'Ingrid Lieten, ministre flamande de l'Innovation, des Investissements publics, des Médias et de la Lutte contre la pauvreté, au même poste puis à celui de cheffe de cabinet, qu'elle a conservé en entrant au service du Premier ministre fédéral Elio Di Rupo".(wiki)
Elle est la Flamande de service de Elio.
Bref, la référence aux années trente dans le discours testament de Albert II a déclenché un tsunami politique dont les conséquences vont se faire sentir tout au long de l'année 2013 jusqu'aux élections de 2014. En cela, elle aura servi de catalyseur.
Le moins qu'on puise dire, c'est que le roi a donné un fameux coup de pied dans la fourmilière avec la complicité de Elio di Rupo qui doit se frotter les mains en se félicitant de ne pas avoir "censuré" son souverain.
Machiavélique !
MG

Eric Van Rompuy (CD&V)© Image Globe


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