mercredi 16 janvier 2013

Gosuin: " A Bruxelles, on va dans le mur !"


Veronique Lamquin
La vraie question n’est pas de savoir qui va remplacer Charles Picqué, estime la future tête de liste FDF à la Région. « Il faut tout remettre en question, pour replacer les Bruxellois au coeur des priorités. » Il souhaite plus de contrôle et d’évaluation.

Entretien
Le PS bruxellois patauge, après l’annonce du départ de Charles Picqué. Le MR lance Didier Reynders, bien décidé à secouer le débat dans la capitale. Au FDF, c’est Didier Gosuin qui réfléchit au projet bruxellois. « Je suis triste de voir l’état de la Région. On doit tous se remettre en question, moi le premier. Ce que je fais. »
Bruxelles est à un tournant ?
A la fin d’un cycle. Notre mode de gestion tourne à vide. Les politiques bruxellois font de l’incantatoire : des plans avec des objectifs à peine définis, qui ne se concrétisent pas dans le quotidien.
Exemple ?
Le plan Iris 2 allait diminuer de 20 % la congestion automobile en 2015 ! On allait enrayer la pauvreté, lutter contre le chômage, résoudre le problème du logement. Les indicateurs montrent l’inverse. Un chef d’entreprise confronté à ce divorce entre les plans et son chiffre d’affaires aurait changé de stratégie depuis longtemps. Nous pas ! Le décalage est énorme entre les préoccupations des gens et les discours politiques.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ON IGNORE OU ON VA MAIS ON Y COURT TRES VITE

En ce quinze janvier de l'an 2013, j'ai envie de fermer l'ordi et de réfléchir un instant à l'accélération qui, en Belgique et ailleurs, prend soudain le mors aux dents et pourrit les velléités du vivre ensemble au sens large.
Qu'est-ce qui m'a frappé au point de me perturber à ce point?
1) Pour commencer, l'escalade médiatique sidérante au sujet du discours du roi. Qu'on relise cet excellent texte qui nous dit exactement où nous en sommes, y compris et surtout dans le parallèle qu'il trace entre la situation actuelle et celle des années trente.
J'ai revu l'autre jour, Apocalypse Hitler sur la Cinq. Parallélisme édifiant: la naissance d'un guide (Führer) ultra-nationaliste dès ses débuts. Projeté dans ma mémoire les images de la marche dans Anvers: l'apparition de l'homme providentiel au balcon, "op het schoon verdiep" me trouble. "'t stad is nu van ons!"
Sitôt dit, le slogan ancien inventé par Patrick Janssens est supprimé. Clairement donc, la ville n'est donc plus à tout le monde. Dont acte.
Elio di Rupo a eu raison de ne pas avoir " censuré" le discours royal (non ce n'est pas lui qui l'a écrit, mais le cabinet du roi conservateur et catho).

2) En revanche, il a sans doute eu tort de déclarer que la N-VA est un "parti dangereux". Non pas que ce soit faux, sur le fond c'est évident, mais un premier ministre de tous les Belges ne dit pas cela, même s'il troque son papillon rouge pour une version pied de poule gris pour le dire. Le Flamand est très susceptible, c'est là son moindre défaut . Laurette aurait pu se permettre, à la rigueur ce genre de sortie (dont elle est coutumière du reste) mais pas notre premier.
En agissant ainsi, Elio a donné à Jan Jambon (la fin du jambon) l'occasion de se lancer dans une diatribe cinglante au parlement en commençant sa harangue par ces mots: "Quel est l'article premier des statuts du Ps?" Et de répondre, en français: "la lutte des classes".
Le sénateur Siegfried Braecke, le machiavel de la N-VA a lancé une attaque médiatique tous azimuts "wollen sie den totalen Krieg?" comprenant notamment l'annonce d'un plan "acceptable pour Bruxelles".
La bataille pour Bruxelles a commencé au bruit du canon.
Elle sera âpre et impitoyable, même Maingain en est persuadé. Bruxelles sera dès cette année au coeur de tous les débats quand Charles Picqué, son père fondateur, son mythique défenseur est aux abonnés absents. Bruxelles serait à un tournant ?
"A la fin d’un cycle. Notre mode de gestion tourne à vide. Les politiques bruxellois font de l’incantatoire : des plans avec des objectifs à peine définis, qui ne se concrétisent pas dans le quotidien." (Didier Gosuin)
C'est sidérant et très inquiétant.

3)Le manque de cohérence du discours fumeux de cette même N-VA sur la notion de confédéralisme ainsi que la rupture symbolique,mais réelle, du cordon sanitaire à Denderleeuw. Non, ils ne savent pas où ils vont et ils nous y précipitent tête en avant comme Hitler et Goebbels en 1932-33-34. Par chance, le gouverneur de Flandre orientale à remis de l'ordre dans le jeu démocratique: in extremis. Ouf. A quand la prochaine alerte?

4) La légèreté et l'arrogance de Doña Fabiola annonçant un montage juridique, certes cohérent juridiquement mais délétère politiquement, pour permettre à ses neveux espagnols (rappelons que sa famille fut proche de celle de Franco) d'hériter "d'une partie importante de la fortune de Baudouin" et de ce qui reste de sa plantureuse dotation. Condition pour hériter: être issu d'un premier mariage très catholique. De Morgen parle à juste titre d'un Fabiolagate. Cette famille royale serait-elle suicidaire? Démarche hallucinante, quand on pense que la constitution donne au roi un rôle-clé relativement au maintien et à la garantie de l'intégrité du territoire belge. Albert II, on ne le dit pas assez, s'acquitte habilement et efficacement de son rôle. La preuve? La N-VA veut faire vaciller la couronne. God save the King. Que le peuple belge sauve son roi pour qu'il le délivre à son tour du péril populiste et séparatiste.

5) Et Carl Devos de poser la bonne question: Qu'allons-nous continuer de faire ensemble, en Belgique ?
La semaine dernière, la N-VA affirmait que l’idée du séparatisme ne faisant pas l’unanimité en Flandre- seule une petite minorité le souhaite- à défaut, De Wever se rabattra sur le confédéralisme. Une chose est certaine, La N-VA veut un démembrement de l’État fédéral au bénéfice des entités fédérées. Et si on y était déjà, dans ce confédéralisme? C'est de plus en plus ma conviction personnelle et il se dit que tel serait, au demeurant, le nouveau discours du CD&V et de l’Open VLD.
Pour l’instant, les choses sont peu claires. 2013 pourrait devenir l'année de la décantation. Séparatisme, confédéralisme, fédéralisme? Que proposent les partis? Qu’allons-nous continuer de faire ensemble en Belgique ?

6) La Belgique " fut longtemps confite dans un catholicisme conservateur, jusqu’à l’arrivée des libéraux au pouvoir en 1999. A partir de ce moment, les réformes ont été adoptées à un rythme rapide: mariage gay, adoption, euthanasie, le droit de fumer des drogues douces,… sans susciter le moindre débat public ou manifestation. Les Belges ont compris bien avant les Français et les Latins que la société a évolué." (Libération)

7) Certains veulent plus d’Europe, d’autres moins. Ce qui est sûr c'est que l’Europe actuelle séduit peu de gens.
L’Europe sans visage est devenue un bouc-émissaire. Personne ne la défend désormais (hormis le couple improbable Verhofstadt- Bendit) et les gouvernements nationaux l'accusent de tous nos maux.

8) La Belgique est devenue un pays totalement surréaliste, avec deux espaces publics, deux télévisions et des journaux francophones ou flamands qui s'ignorent, des responsables politiques qui ne se parlent plus , si ce n'est pour s'envoyer des noms d'oiseaux et ne sentent responsables que devant leur propre communauté linguistique. Ce n’est pas nouveau, mais cela s’est terriblement amplifié.

9)Epilogue belge? Thierry Fiorilli réagit dans le Vif/L'Express: Beaucoup de vent brassé, alors que les priorités sont ailleurs (économie, social, emploi). Il dénonce la "Cacophonie au PS ! Charles Picqué en appelle régulièrement « au plan B » (soit une solution francophone à la scission flamande), Paul Magnette prône les noces bruxello-wallonnes, Jean-Claude Marcourt plaide pour une Wallonie qui prend son sort en main, Rudy Demotte joue son rôle de patron de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Maurice Dehousse accuse Magnette d’être plus dangereux que Bart De Wever, d’autres se calquent sur la réforme en cours... Quelle vision précise le premier parti francophone a-t-il du futur belge ? Lui qui est au gouvernement fédéral depuis 25 ans (mai 1988) sans discontinuer ! Il n’a aucune vision claire, cohérente et partagée par le plus grand nombre de ses membres, du moins de ses têtes de pont."
Bart De Wever, on l'a vu n'est pas beaucoup plus précis. On avance dans le cirage.

10) Tout autre chose:De Morgen nous apprend que des groupes de jeunes salafistes molenbeekois vont casser du kafir, autrement dit du mécréant, en allant jouer à la sharia en Somalie. Terrifiant.
Yves Desmet:
Rachid, Moustapha en Nabil. Drie jonge mannen uit Molenbeek, de Ribaucourtwijk. Hier geboren en getogen. Maar dan vertrekken ze, midden in de nacht, vrouw en kroost definitief achterlatend, om samen met de moslimextremisten van Al Shabaab in - of all places - Somalië de heilige oorlog van de jihad te gaan vechten. Een paar kafirs een kopje kleiner gaan maken, de sharia gaan invoeren, ook al begrijpt de achtergebleven vrouw niet hoe ze dan met haar kinderen verder moet. Het antwoord dat ze krijgt: "De jihad is belangrijker dan alles wat ik liefheb."
"Hoe zit het met de psyche en de werkwijze van deze jonge Brusselaars, die gedreven door godsdienstfanatisme beslissen om aan een extremistisch-islamitische oorlog deel te nemen. Wat drijft hen? Hoe komen 'jongens van bij ons' tot die beslissing? Waarom vinden ze dat het islamitische recht moet worden ingevoerd in een land aan de andere kant van de wereld? "

11) Un appel à la délation du procureur d'Anvers suscite la polémique en Flandre. Selon Le Vif, "Le procureur du Roi d'Anvers, Herman Dams plaiderait pour un contrôle social accru face à la petite criminalité. À gauche, on dénonce un appel à la délation. "
"Les citoyens devront aider la police dans la lutte contre certaines formes de criminalité", a déclaré M. Dams, appelant à prévenir la police des comportements suspects. Son intention est de contrôler davantage les jeunes gens au volant de voitures coûteuses, a défrayé la chronique. "Nous suivrons les familles problématiques de plus près, si besoin jusque chez elles."
Le bourgmestre d'Anvers Bart De Wever (N-VA) a défendu la politique du procureur. Il ne voit par ailleurs aucun mal à signaler à la police des comportements suspects.
Le Vlaams Belang soutient pleinement l'appel du procureur, jugeant que le signalement à la police des comportements suspects est "une obligation morale". Le parti extrémiste compte même relayer le message à travers une campagne d'affichage.
On le voit, Anvers la rouge change de couleur et il n'y a pas un mois que De Wever en est le nouveau patron.
Bart De Wever :"Je n'ai aucun problème avec les musulmans" j'ai un problème avec l'intégrisme islamiste."
Pendant la seconde guerre mondiale, les Allemands étaient stupéfaits du nombre de lettres de délation qu'ils recevaient de la population française et belge. Les dénonciations pour tout et rien sont en constante augmentation, l'âme humaine recèle de bien sombres recoins.

Comment y voir clair? Entre les avis de politologues avertis, ceux de journalistes formatés et de blogueurs remontés à bloc nous sommes tiraillés à hue et à dia.
«Nous finissons par comprendre que la véritable liberté ne consiste pas à s’affranchir des autres pour devenir une île, mais à participer en profondeur à leur existence. Si la liberté d’un être est l’optimisation de sa vie, elle se mesure à la richesse et à la diversité de ses expériences et à la force de ses liens sociaux. Une vie solitaire est une vie moins vécue (…)Le rêve de la qualité de vie ne peut être vécu que collectivement.
Seul un sentiment de solidarité et de citoyenneté, un vrai sens civique peuvent encore sauver ce pays.
Les immigrés, certains d'entre eux du moins, qui ne seraient pas acquis aux réalités, aux objectifs communs, en méprisant les valeurs partagées là où ils ont décidé de vivre, ne peuvent non seulement pas être productifs à long terme, mais pire, peuvent saper un patrimoine culturel, indispensable à la cohésion.
Sans respect mutuel, sans transculturalité, pas de salut.
Il est vraisemblable que l'explosion démographique de la population d'origine immigrée et la persistance de la crise ont servi de catalyseur au processus de divorce qui de plus en plus écartèle flamands assez allergiques au cosmopolitisme et francophones qui le semblent moins . L'équilibre était précaire mais stable. Aujourd'hui il semble de plus en plus se fragiliser. On ignore où on va mais on y va très vite.
MG.

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