mardi 29 janvier 2013

Le futur Premier ministre : "Kris Peeters ?"

Francis Van de Woestyne (La Liibre Belgique)

Si la N-VA arrive en tête, Peeters pourrait débouler au fédéral et être le candidat “Premier”.
Il y a un certain mouvement dans le positionnement des partis politiques en Flandre. L’évolution est lente mais bien réelle. Petit à petit, les partis politiques semblent - oui, semblent - prendre leurs distances à l’égard de la N-VA et de son leader, Bart De Wever. Le mouvement est-il durable ? Nous avons interrogé un des meilleurs connaisseurs de la politique flamande : Dave Sinardet, politologue à la VUB.

LE PRESIDENT DU CD&V, WOUTER BEKE, AFFIRME QU’IL S’ABSTIENDRA DE NEGOCIER UNE REFORME DE L’ETAT EN 2014.
Cela n’est pas vraiment neuf. Fin décembre, Kris Peeters, le ministre-président du gouvernement flamand, avait déjà déclaré que, pour lui, l’enjeu de la négociation de 2014 ne devait pas être la 7e réforme de l’Etat mais qu’il fallait plutôt se concentrer sur l’exécution de la sixième.
C’EST QUAND MEME UNE EVOLUTION IMPORTANTE AU CD&V : IL Y A PEU, LE MEME PEETERS EXIGEAIT HAUT ET FORT UNE 7E REFORME DE L’ETAT…
Oui. Il faut dire qu’avant, le parti était assez divisé sur la direction à prendre. Par le passé, Kris Peeters avait donné l’impression de vouloir suivre l’agenda de la N-VA.
QU’EST-CE QUI A CHANGE ?
Ils ont fait une nouvelle analyse : aujourd’hui, la position du parti est de dire qu’ils ne sont plus demandeurs d’une réforme de l’Etat en 2014. Kris Peeters a aussi évolué sur le plan personnel. Il a précisé que le nouveau Sénat, qui sera composé d’élus des parlements régionaux, devait être le lieu où l’on discuterait d’une éventuelle 7e réforme de l’Etat.
OUI, MAIS CE N’EST PAS LA QUE LES ARBITRAGES SE FONT…
Evidemment, tous ceux qui connaissent le système belge savent que ce ne sont pas les sénateurs qui décident. Tout se passe au niveau du top des présidents de parti. Mais, stratégiquement, la déclaration de Peeters est significative : cela veut donc dire que le CD&V ne demandera pas qu’on parle de réforme institutionnelle pendant les négociations qui suivront les prochaines élections.
LES AUTRES PARTIS SONT-ILS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE ?
La nouvelle présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, a décidé de ne pas parler du tout de la réforme de l’Etat. Pareil au SP.A. La N-VA se retrouve donc isolée. Le débat n’est donc plus pour ou contre le confédéralisme, mais "oui" ou "non" à une prochaine réforme de l’Etat.
LE VIRAGE DU CD&V EST QUAND MEME A 180 DEGRES. IL Y A QUELQUES MOIS, CERTAINS OBSERVATEURS AFFIRMAIENT AVEC LE MEME APLOMB QU’IL Y AVAIT UN ACCORD ENTRE LE CD&V ET LA N-VA POUR RECONSTITUER LE CARTEL, MAIS CETTE FOIS AVEC UNE N-VA DOMINANTE, ET POUR EXIGER LE CONFEDERALISME EN 2014. QUI CROIRE, FINALEMENT ?
Il est vrai qu’il y a eu des tas de rumeurs ces derniers mois. Certains ont même prétendu que Kris Peeters pourrait rejoindre la N-VA ou alors sceller un accord CD&V/N-VA pour qu’il reste ministre-président après 2014 Moi, je pense que Kris Peeters ne voudra pas rester ministre-président du gouvernement flamand si la N-VA est le premier parti en Flandre après le scrutin de 2014. Sa position serait alors très désagréable.
QUE DEVIENDRAIT-IL ALORS ?
Eh bien, dans ce cas-là, j’imagine bien que Kris Peeters atterrisse finalement au niveau fédéral ! Cela n’est pas exclu. Je note qu’il n’a jamais nié cette possibilité. Et le fait qu’il s’inscrive de plus en plus dans uns stratégie "fédérale", repoussant à plus tard une 7e réforme de l’Etat, donne du crédit à cette hypothèse. Car pour le CD&V, il est évidemment difficile de plaider pour un gouvernement Di Rupo II. Le candidat Premier ministre du CD&V pourrait donc être Kris Peeters ou quelqu’un d’autre
QUI ALORS ? ENVISAGEZ-VOUS LE RETOUR D’YVES LETERME OU LA MONTEE EN PUISSANCE DE STEVEN VANACKERE ?
C’est possible. Mais tout le monde sait bien que le seul vrai leader du CD&V, en ce moment, c’est Kris Peeters et personne d’autre. Il est très populaire et il n’est pas vraiment contesté à l’intérieur du parti. Mais bon, n’oubliez pas non plus qu’en 2014, il y aura 3 élections. Le CD&V peut encore choisir les candidats qu’il veut "profiler" pour chacun des niveaux de ces élections : fédéral, régional et européen.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"TOUT SE PASSE AU NIVEAU DU TOP DES PRESIDENTS DE PARTI."
Il y a un vingtaine d'années, il se disait que le pouvoir était sous la plume des puissants éditorialistes des grands quotidiens flamands. Ce temps est révolu depuis longtemps. Désormais ce sont les grands politologues universitaires qui dictent l'oracle: Sidaret, De Vos, Maddens, Huys; Corbieter et Dewit du côté francophone.
Illusion. En vérité ce sont les présidents qui ont tout à dire. "Tout se passe au niveau du top des présidents de parti."
Plus besoin d'aller voter les jeux sont faits, un an d'avance.
Exit Di Rupo côté jardin, Kris Peeters prépare son entrée côté cour sur un air de Lully. Et Bart De Wever? Ministre-Président des Flandres?
Démocratie? Non, la Belgique nous l'avons dit souvent, yest une particratie où les présidents sont tous de fringants quadras totalement inexpérimentés. Comme Philippe de Belgique qui a sûrement poussé un soupir en écoutant le bref discours d'abdication de Béatrix, la reine aux chapeaux en forme de fromages hollandais.
MG

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