vendredi 25 janvier 2013

L’électeur N-VA est avant tout un mécontent


Christian Laporte

Une étude de la KU Leuven précise le profil des nouveaux électeurs du parti nationaliste.
Ce vendredi, la revue "Samenleving en Politiek" publie une intéressante étude sur le profil des (nouveaux) électeurs de la N-VA lors des dernières élections communales. "La Libre" a pu la découvrir en exclusivité. Réalisée par les politologues Ruth Dassonneville et Marc Hooghe du Centrum voor Politieke wetenschappen de la KU Leuven sur base d’un sondage à la sortie des urnes réalisé par Partirep qui réunit les principaux centres de science politique belges, l’étude n’enfonce pas que des portes ouvertes !
Ainsi, elle met déjà à mal l’idée préconçue que le parti nationaliste flamand ne recruterait ses nouveaux électeurs que dans les rangs de la droite extrême flamande et dans les seuls partis conservateurs. C’est l’Open VLD qui a vu partir le plus grand nombre de sympathisants vers la formation de Bart De Wever, suivi par le CD&V et - là, on se dit moins surpris - par des "aficionados" du Belang. Si l’on y retrouve aussi près de 6 % d’électeurs qui ont définitivement abandonné l’idée d’un cartel avec les chrétiens-démocrates, au profit des plus "ultras" du couple, la surprise vient à l’évidence de l’arrivée de près de 13 % d’électeurs du parti socialiste flamand. Pour Dassonneville et Hooghe, "la N-VA fut donc l’inéluctable vainqueur des communales. D’abord, parce que dans les comparaisons, elle ne pouvait que forcément sortir vainqueur, n’étant pratiquement pas présente sous ses propres couleurs. Mais il ne fait pas de doute que ce parti a recruté très largement à droite et à l’extrême droite mais également au centre et même à gauche"
Le duo Dassonneville-Hooghe va cependant plus loin : l’on a souvent présenté le scrutin communal comme un referendum pour ou contre le gouvernement fédéral et la N-VA elle-même joua aussi de ce registre lorsque les premiers résultats à peine connus, Bart De Wever évoqua le confédéralisme à préparer pour 2014 Mais pour les chercheurs louvanistes, c’est une erreur d’interpréter ainsi les scores nationalistes.
"Les données que nous avons récoltées, expliquent Marc Hooghe et Ruth Dassonneville montrent très clairement que comme chez la plupart des électeurs des autres partis, ceux de la N-VA n’ont pas voté pour ou contre l’équipe papillon d’Elio Di Rupo "
Mais qu’est ce qui a alors vraiment déterminé leur choix ? "Les électeurs de la N-VA sont par nature des électeurs mécontents. Et ce mécontentement n’est pas vraiment nourri par un intérêt marqué ou une grande connaissance de la politique locale. Nous pouvons même dire que les électeurs N-VA sont moins intéressés par la politique municipale que la moyenne des électeurs flamands. En fait, la grogne des électeurs de la N-VA vient notamment de leur méfiance à l’égard des instances communales. Nous en concluons que le 14 octobre dernier la N-VA a fait le plein des électeurs mécontents qui ne cachent pas leur rejet du système politique dans son ensemble. Évidemment, leur mécontentement peut aussi avoir des sources locales et là la N-VA a joué au plus fin en axant sa propagande sur la force du changement..."
ÉLECTIONS POUBELLES
Les chercheurs louvanistes concluent que la tâche des nouveaux mandataires de la N-VA n’en sera que plus difficile : "Ils devront tenter d’évacuer le mécontentement de leurs électeurs qui pourraient dans six ans changer encore leur vote Au fond, notre enquête conforte une récente assertion de notre collègue Luc Huyse qui a affirmé récemment que l’on est de plus en plus en présence d’élections poubelles Aujourd’hui, selon Huyse, on ne va plus voter pour récompenser ses gestionnaires mais pour s’en défaire et cela sans même tenir compte de ce qu’ils ont pu apporter à la communauté. Cette sentence confirme hélas le diagnostic de notre enquête "


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FOERTSTEMMEN
"Aujourd’hui, selon Huyse, on ne va plus voter pour récompenser ses gestionnaires mais pour s’en défaire et cela sans même tenir compte de ce qu’ils ont pu apporter à la communauté."
En Flandre on appelle cela depuis longtemps les "foertstemme". De là à dire que la N-VA est un "foertpartij" il n'y a qu'un pas. C'est dire que le populisme est en train de devenir, comme dans les années trente un redoutable fléau. Albert II a voulu nous prévenir. Mal lui en prit!
MG


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