samedi 9 février 2013

Clerfayt: "Bruxelles va très mal"

Mathieu Colleyn et Francis Van de Woestyne

"Bruxelles n’a pas les moyens d’avoir une politique de transports digne d’une grande capitale."
Bernard Clerfayt, député fédéral FDF et bourgmestre de Schaerbeek, souhaite se repositionner à l’échelon régional bruxellois où il sera candidat en 2014.
Les poids lourds des partis politiques seront candidats à Bruxelles : Reynders, Onkelinx, Milquet. Cela vous amuse, vous irrite ?
Qu’il y ait de l’intérêt pour Bruxelles, c’est une bonne chose. Pendant longtemps, il y a eu des hommes politiques bruxellois au gouvernement fédéral. Puis, plus rien. Maintenant, ils sont quatre : Reynders, Onkelinx, Milquet et Vanackere Je m’en réjouis, mais il faut veiller à ce que ceux qui s’exprimeront au nom de Bruxelles soient suffisamment ancrés dans les réalités régionales.
DIDIER GOSUIN DIT QUE BRUXELLES VA DANS LE MUR. LE FDF EST RESTE 15 ANS AU POUVOIR, VOUS ETES DONC EN PARTIE RESPONSABLE DES PROBLEMES BRUXELLOIS…
Nous avons participé à la mise en place du projet bruxellois. Mais depuis 10 ans, beaucoup de problèmes n’ont pas été bien gérés et se sont aggravés. Lors du premier plan régional du développement, Bruxelles souffrait de la perte de ses classes moyennes. C’était la priorité de Charles Picqué en 1994 et c’est toujours le cas aujourd’hui. Chaque année, Bruxelles perd des milliers de familles, environ 6 000 à 7 000, qui partent s’installer dans le Brabant wallon et flamand. Ce ne sont pas les plus pauvres qui s’en vont. Bruxelles continue à recevoir des populations qui viennent directement de l’étranger. Il y a un brassage permanent de population. Et une dualisation de la ville : restent les plus défavorisés et les couches les plus aisées. On est heureux de les accueillir, mais ce sont des gens qui, pour une partie, échappent à l’impôt.
BRUXELLES VA DONC SI MAL ?
Très mal, oui. Il y a trois problèmes majeurs : le chômage, le logement et la mobilité. En 20 ans, le taux de chômage a doublé : avant, nous étions à 11-12 %, soit le double de la moyenne nationale. Aujourd’hui, on est à plus de 20 %, le triple de la moyenne nationale. Le nombre de minimexés a triplé en 20 ans. On ne voit pas la fin de la crise du logement et Bruxelles est la 4e ville la plus embouteillée.
REPRENONS. L’EMPLOI. Y A-T-IL UN MANQUE D’EMPLOIS OU UN PROBLEME DE FORMATION ?
Bruxelles est la région de Belgique où il y a le plus d’emplois qualifiés. Bruxelles est une zone économiquement prospère qui crée beaucoup de valeur ajoutée. Le problème, c’est sa répartition. De plus, la dynamique bruxelloise s’essouffle fortement. Le taux de croissance des emplois est plus faible que dans les deux autres Régions : plus 6 % à Bruxelles, plus 11 % en Wallonie, plus 14 % en Flandre. Dans le même temps la population augmente partout, mais plus vite à Bruxelles qu’ailleurs. De plus, à Bruxelles, un emploi sur deux n’est pas occupé par un Bruxellois. Bruxelles est une ville prospère mais les pouvoirs publics sont pauvres. Les responsables politiques ne sont pas à la hauteur de l’ambition qu’il faut avoir pour Bruxelles. Il faut repenser et remettre à plat une série de ses politiques.
LESQUELLES ?
Les Régions ont reçu une série de compétences fiscales. Bruxelles est la dernière à les exploiter. En matière de précompte immobilier, de fiscalité automobile. Sur ces instruments, les deux autres régions ont pris des initiatives, Bruxelles n’en prend pas. Il faut repenser l’impôt au bénéfice des Bruxellois. Bruxelles doit trouver une stratégie fiscale qui arrête de taper sur les classes moyennes et qui permet de prélever un peu plus de recettes auprès de ceux qui travaillent ou vivent à Bruxelles sans y payer leurs impôts.
DE QUELS LEVIERS LA REGION BRUXELLOISE DISPOSE-T-ELLE ?
Le levier de l’immobilier. Les gens viennent à Bruxelles pour sa situation géographique extraordinaire. Il faut baisser les additionnels régionaux et communaux sur l’IPP et augmenter les recettes immobilières de la Région. On peut taxer autrement l’ensemble des fonctions exercées sur le territoire de la Région, notamment les bureaux, les zones d’activité industrielle. Il faut simplifier les choses et être créatif.
Autre Gros Problème : La Mobilité. On Est Au Bord De L’asphyxie…
Bruxelles n’a pas les moyens d’avoir une politique de transports digne d’une grande capitale. Je plaide depuis longtemps pour une forme de péage urbain dont le profit servirait à refinancer les transports en commun qui bénéficierait en priorité aux Bruxellois et qui aurait pour effet de réduire la pression automobile. Les gens sont prêts à payer pour cela. Deux cent mille voitures entrent chaque jour ouvré : le tarif peut être de 1,5 ou 10 euros. Un euro, cela fait 50 millions par an. La Région donne 300 millions chaque année à la Stib.
AUTRE GROS PROBLEME : LE LOGEMENT. QUE PROPOSEZ-VOUS ?
Le prix des maisons et des loyers sera toujours élevé à Bruxelles. Pour une raison économique simple : le coût du loyer et du transport vers le lieu de travail constitue une seule donnée dans le budget des ménages. En Wallonie et en Flandre, on consacre moins d’argent à son logement et plus à ses trajets. A Bruxelles, c’est plus d’argent au logement et moins aux trajets. La somme des deux est la même. La structure fiscale de l’Etat fédéral encourage l’étalement urbain : plus vous avez de déplacements plus vous êtes remboursé alors que le surcoût de l’immobilier urbain n’est pas pris en charge fiscalement. Vous disposez donc de plus de revenus nets si vous habitez loin et effectuez beaucoup de trajets. Le plus simple est d’avoir un montant unique pour les deux ensemble : trajets et habitations.
Une entretien à découvrir en intégralité dans La Libre

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE CHALLENGER DE CHARLES PICQUE
Oublions les appartenances politiques et demandons-nous qui est le meilleur candidat des quatre cités dans cet article.
C'est, selon nous, et de très loin Bernard Clerfayt. Nous l'écrivons depuis longtemps et connaissons l'homme et ses qualités.
Pourquoi? D'abord et c'est essentiel parce qu'il est le seul des quatre à avoir une formation d'économiste, comme Charles Picqué du reste. Les autres sont juristes et ne comprennent pas grand chose à l'économie.
Seul un décideur politique comprenant parfaitement les ressorts économiques de notre société peut espérer comprendre et dominer l'exercice complexe que constitue la gouvernance bruxelloise. Il suffit de lire cette brève interview pour se rendre compte qu'il connaît et comprend Bruxelles.
Surtout, c'est un grand municipaliste qui a régénéré Schaerbeek en poursuivant l'élan de Francis Duriau et en mettant définitivement fin à l'ère nolsienne calamiteuse.
L'homme est solide et a parfaitement compris le caractère cosmopolite de sa commune et de la capitale de l'Europe. Il est bon trilingue et a montré qu'il sait diriger des équipes avec grand talent.
Il a du leadership et de plus en plus de charisme et beaucoup d'humour. Il s'est montré combatif et téméraire dans les deux "matches" qui l'ont opposé à Laurette Onkelinx la brasseuse de vent.
Il a sur elle est sur Daniel Reynders l'avantage de son ancrage territorial. L'homme est très populaire et jusque dans les milieux immigrés où il est apprécié pour sa droiture.
Certes, il n'a pas eu le cran de créer un échevinat de l'interculturel dans sa commune. C'eût été un signal fort pour sa campagne de ministre Président.
Néanmoins, connaissant son intérêt pour le dialogue transculturel et sa fermeté face aux dérives islamistes, DiverCity prend d'emblée parti pour cette candidature qui fera de l'ombre à l'homme d'Uccle.
On ne voit pas le MR se ressouder d'ici les prochaine élections.
Il y aura donc un duel Clerfayt-Reynders qui pourrait être tout bénéfice pour la nouvelle présidente du Ps bruxellois.
Un combat de chefs, une campagne électorale passionnante en perspective. A suivre donc et de très près.
MG

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