vendredi 1 février 2013

De schaduw van 2014

Bart Sturtewagen , hoofdredacteur De Standaard

De toespraken van de koning zijn meer dan ooit evenwichtsoefeningen geworden. De speelruimte van de vorst om zich al te concreet op politiek terrein te wagen, neemt snel af. De hele constructie waarin hij functioneert, oogt fragiel. Het land heeft de langste institutionele crisis uit zijn bestaan meegemaakt en waadt door een zware en aanslepende economische crisis. De regering die ruim een jaar geleden aantrad, heeft momenten waarin ze van hervormingsijver getuigt, maar ze lijdt onder haar onevenwichtige communautaire samenstelling. En de monarchie zelf worstelt met haar plaats in de democratie. Ieder incident neemt tegenwoordig meteen existentiële proporties aan.
Niets wees er daarom gisteren op het paleis in Brussel op dat Albert, naar het voorbeeld van Beatrix in Nederland, op korte termijn aan troonsafstand toe zou zijn. De schaduw van de verkiezingen van mei 2014 hangt te zwaar over het politieke landschap. De koning en zijn entourage worden oud. Hij verliest de greep op de gebeurtenissen, zelfs in zijn eigen familie, moest hij gisteren ootmoedig toegeven na de heisa over de erfenisplanning van koningin Fabiola en de onduidelijke zakelijke activiteiten van prins Laurent.
De neiging om eendracht te zoeken door het verketteren van populisme werd, na matig succes bij de jongste kersttoespraak, onderdrukt. In de plaats daarvan kwam een oproep om sterker te vertrouwen op eigen kunnen, beter te beseffen dat de budgettaire en economische vooruitzichten door toedoen van de regering zijn verbeterd en voluit in te zetten op de geplande staatshervorming.
Onder de aanwezigen op de receptie achteraf leefde sterk de vraag of dat genoeg zal zijn en vooral of de ommekeer bij de publieke opinie er tijdig zal komen. Er rest niet veel meer dan een jaar om dat te doen gebeuren. De frustratie over de moeilijkheidsgraad van de opdracht was tastbaar. En de vrees voor de prijs van mislukking zo mogelijk nog meer.
De komende maanden zal dat het politieke klimaat bepalen. Wie slaagt erin zijn boodschap verkocht te krijgen? Nog steeds degene die vanaf de zijlijn beweert dat het veel grondiger anders moet voor het echt goed kan gaan? Of ooit toch degene die de uitdaging op zich neemt te werken met wat er is en dus ook het risico loopt op te draaien voor alles wat niet, nog niet, is verbeterd? Voor die laatsten komt het gevaar van overal en tikt de tijd ongenadig.
De kiezer beloont zelden beleid dat de schade heeft beperkt. Maar evenmin kiest hij blindelings voor avonturen. Aan welke kant landt het dubbeltje? Aan de kant van de angst of aan de kant van de boosheid

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
1913, 1932 OU 1786?

1913, 1932 ou 1786? Toutes ces comparaisons sont possibles.
Développons cela: la comparaison avec 1913 fait sens pour les raisons pertinentes qu'invoque Attali.
Celle avec 1932 interpelle en raison de la crise de 1929 et de la nouvelle montée des périls totalitaires contre laquelle Albert II eut raison de nous mettre en garde.
1786 en raison du creusement des inégalités que dénoncent Stiglitz, Krugman aussi bien que De Grauwe et le premier citoyen critique venu.
2014 sera, en tout état de cause, pour la Belgique et pour l'Europe une annus terribilis.
Tout le laisse à penser.
Le politique est à court d'idées, le secteur économique est plombé, la finance partout domine, écrase et creuse les inégalités.
Le spectre du populisme traverse l'Europe avec ses solutions simplificatrices.
Que veut le peuple: du pain des jeux? Certes, mais surtout des emplois.
Que veut la jeunesse européenne? C'est la vrai question. Y aura-il un printemps européen?
MG

20(19)13
Paru dans L'Express
Rien ne ressemble plus à 2013 que 1913.
Cette année là, une formidable période de croissance butait sur une crise financière provoquée par la première puissance économique du moment (La Grande Bretagne).
De formidables progrès techniques, en matière d’énergie et de communication (électricité, automobile, avion, radio, sous-marin) annonçaient des lendemains qui chantent.
Un grand nombre de mouvements favorables à la démocratie se faisaient jour en Amérique latine, en Afrique, en Russie, en Asie. Mais aussi, commençaient à sévir des mouvements terroristes (qu’on nommait alors « nihilistes »).
Des idéologies totalitaires dénigraient l’économie de marché et la démocratie; et annonçaient leur intention de combattre l’idéologie des droits de l’homme.
Pourtant, cette année là, 1913, personne ne connaissait le nom de Lénine, qui allait prendre le pouvoir en Russie 4 ans plus tard. Encore moins celui de Mussolini, qui marcherait sur Rome 7 ans plus tard, ni d’Hitler, qui tenterait son premier coup d’état dix ans plus tard.
Personne n’imaginait non plus qu’un attentat terroriste parmi d’autres allait déclencher, par le jeu des alliances, une première guerre mondiale à laquelle allait succéder une grande crise économique, puis une deuxième guerre mondiale. Ni que le régime soviétique, né de la première guerre mondiale, ne s’effondrerait que 75 ans plus tard.
Aujourd’hui, les mêmes forces de progrès et de liberté s’expriment; les mêmes grondements existent; les mêmes mouvements destructeurs. La même crise economique. La même tentation d’en sortir par le protectionnisme, la violence et même la guerre, au moins froide.
Regardons lucidement le monde d’aujourd’hui : une très brève période vient de se clore où il n’existait plus aucune guerre entre deux pays, nulle part dans le monde.
Désormais un arc de la violence fait le tour du monde : une guerre au Mali, des conflits en Libye (qui a libéré un puissant armement classique) , un conflit entre Israël et la Palestine, une guerre civile en Syrie (qui peut libérer d’effrayantes armes chimiques), des tensions entre Israël et l’Iran, une guerre en Afghanistan, une tension entre l’Inde et le Pakistan, entre la Chine et le Japon, pouvant impliquer son allié américain, pour redescendre au Mexique, au Brésil et, par le biais des cartels de la drogue, rejoindre la Guinée équatoriale et le Mali.
Tout se met donc en place pour que menace une troisième guerre mondiale.
Nul ne sait seulement où aura lieu l’équivalent de l’incident de Sarajevo qui déboucha sur Août 14 : sur les iles disputées entre la Chine et le Japon, sans doute.
Pour l’éviter, il faut clairement distinguer le combat contre le terrorisme narco-islamique, que tous doivent mener, sous forme d’une action de police internationale ( où sont au Mali les Allemands? Les Anglais? Les Américains? ) des disputes, souvent dérisoires de territoires entre nations, qui doivent faire l’objet d’arbitrages civilisés.
Si on ne pose pas clairement ces principes, si on laisse nos économies se fermer et les guerres commencer, on court à une épouvantable catastrophe, dont on ne sortira, si tout ressemble au siècle passé, qu’en 2089, après, toute proportions gardées, plus de 200 millions de victimes.
J@attali.com

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