jeudi 21 février 2013

Edito: il est déjà moins cinq à Anvers...

Par Christian Laporte (La Libre)

Trop is te veel. A force de vouloir gouverner durement, on se brûle les ailes. Quinze jours avant Noël, Bart De Wever avait le sourire en coin en présentant "sa" majorité pour Anvers au sommet du "Museum aan de stroom", lui-même beau symbole d’ouverture au monde. Il y avait expliqué que le fil rouge de sa majorité N-VA-CD&V-Open VLD était "le respect pour A", c’est-à-dire "le respect pour la ville et ses habitants". Ces derniers, nous avait-on dit, recevront des opportunités et un soutien social accru, mais ils auront aussi des devoirs. A savoir, saisir les opportunités qui leur sont données et apprendre le néerlandais pour pouvoir agir dans la société. Depuis l’installation de la nouvelle équipe au "Schoon Verdiep", on a surtout entendu parler, en dehors de mâles approches de la criminalité, de mesures visant les ressortissants étrangers et, depuis deux jours, du refus de continuer à aider les demandeurs d’asile qui à leurs difficultés d’intégration ajoutent la malchance d’être porteurs du virus du sida. Si on peut discuter jusqu’au bout de la nuit de l’opportunité d’augmenter la taxe d’inscription pour les nouveaux venus, il est totalement incongru de lier l’octroi d’antirétroviraux à la promesse de s’en retourner volontairement dans son pays natal. Car qui peut affirmer que ces candidats au retour y seront bien accueillis, voire tout simplement soignés ? Des réponses simplistes à des questions aussi complexes ne se règlent pas de la sorte, surtout quand on dit incarner "la force du changement". Puis pareilles décisions finissent toujours par nourrir le populisme et ici, qu’on se le dise, sans référence aucune aux fameuses années trente...


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA N-VA EST UN VLAAMS BELANG A VERNIS DEMOCRATIQUE
"Antwerpen waar de allochtoon niet thuis is."
C'est clair, le Collège dont le bourgmestre est N-VA est résolu à rendre la vie très déplaisante aux non Flamands en décrétant des mesures inspirées du programme de Vlaams Belang mais toujours badigeonnées d'une teinture et d'un vernis démocratique. A peine sec ce vernis craque déjà.
Et ce qui se profile de plus en plus nettement Anvers est un avant goût de ce qui demain sera la norme dans la Flandre tout entière si ce parti devait largement remporter les élections en 2014.
A vrai dire on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher son ascension de moins en moins résistible.
Le choix royal de désigner Elio Di Rupo comme formateur va de plus en plus se révéler comme une erreur de casting dont le Ps wallon risque de payer très cher les conséquences. Il fallait, nous l'avons dit haut et clair, laisser Vande Lanotte devenir chef de ce gouvernement et servir ainsi de paratonnerre en Flandre.
Il faut savoir à quel point le gouvernement papillon est honni en Flandre, qui le ressent comme marxiste, tandis que les syndicats de pensée socialiste regardent la politique de Di Rupo comme un dangereux dérapage vers la droite. Tout cela amuse beaucoup Bart de Wever dont le parti s'enrichit en dormant, selon un proverbe flamand souvent cité.
MG


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