samedi 2 mars 2013

"La colère italienne est une colère européenne"


Le Monde

L'Italie est entrée dans une crise politique à l'issue des élections générales des 24 et 25 février. Avec une Chambre des députés à gauche et un Sénat sans majorité, la troisième puissance économique européenne est plongée dans une impasse qui la rend ingouvernable et dont les effets se font déjà sentir sur les marchés.
Ces élections, marquées par le rejet de la classe politique, la colère contre l'austérité et la défiance à l'égard de l'Europe, sont-elles révélatrices d'une particularité politique et sociale de la Péninsule ? Ou, au contraire, ses voisins européens doivent-il s'en inquiéter ? Des chercheurs et des membres du Parti démocrate italien donnent leurs points de vue au Monde.fr.

"LA COLERE ITALIENNE EST UNE COLERE EUROPEENNE", PAR VIVIEN PERTUSOT, RESPONSABLE DU BUREAU DE L'INSTITUT FRANÇAIS DES RELATIONS INTERNATIONALES A BRUXELLES.
Ce n'est plus que la crise de l'euro, c'est désormais aussi la crise de l'austérité. L'éruption de Beppe Grillo en Italie en serait la preuve ultime. En fait, le problème n'est pas l'austérité, mais plutôt le manque de visibilité des mesures imposées et, au-delà, la question d'une vision européenne pour sortir de la crise. Cela laisse un espace béant aux populistes.
La crise est européenne et de plus en plus, ce sont les colères qui s'européanisent. La Commission européenne vient d'annoncer des prévisions en baisse pour la zone euro en 2013, avec un recul de 0,3 % du PIB. Elle pourra maquiller un tableau noir de taches blanches d'espoir, il ne faut pas se tromper : la torpeur des économies européennes n'est pas finie. A force de prôner des solutions européennes qui tardent à se concrétiser, ce sont les colères qui traversent les frontières. En novembre 2012, une grève européenne a touché plusieurs pays, dont l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce et, dans une moindre mesure, la France.
Le résultat des élections italiennes n'est pas le premier – et probablement pas le dernier – cri d'alarme, il en est peut-être le plus puissant ; la Grèce avait connu son lot de rhétorique anti-européenne au printemps dernier. Surfer à contre-courant de l'Union européenne paie.
Malheureusement, ce sont les partis souvent populistes et de fait les plus critiques à l'encontre de l'Union européenne (UE) qui en profitent. Il n'y a donc rien de surprenant que l'Eurobaromètre, sondage européen, indique les avis négatifs sur l'Union (29 % à l'automne 2012) à un petit point des avis positifs.
L'EUROPE ASSOCIÉE À LA CRISE
Les mesures imposées par le haut souffrent de visibilité. Imposer l'austérité peut prendre tout son sens au niveau macro-économique afin de rétablir certains déséquilibres que la crise a accentués, mais, les premiers touchés sur le court terme sont les citoyens et le bout du tunnel semble encore loin.
Et l'Europe ? Elle est associée à la crise, parce que les élus nationaux ont martelé qu'il fallait "plus d'Europe". Les Européens semblent se retrouver dans ce message. Les deux points de rupture sont ailleurs. Le premier est immédiat : cela fait trois ans que l'UE devrait être la solution, mais plus ça change, plus c'est pareil. Le deuxième est plus lourd de conséquences à terme : pourquoi faut-il vraiment "plus d'Europe" ? Que veut-on faire de cette Europe ? Le projet européen avance dans le noir et cela devient de moins en moins accepté et acceptable. L'Italie le rappelle de manière retentissante.

"Un changement de stratégie à Bruxelles est urgent", par Beatrice Biagini, secrétaire du Parti démocrate Paris, présidente de l'assemblée du Parti démocrate à l'étranger, et Enrico Sama, membre du Parti démocrate en Italie, auteurs de Elections italiennes : sprint final (Fondation Jean-Jaurès, février 2013).
Le résultat des élections italiennes confirme une tendance qui s'est déjà révélée dans d'autres Etats membres de l'Union européenne, comme la Grèce et l'Espagne, eux aussi durement touchés par la crise économique et les scandales politiques.
Ces élections témoignent du désaveu des Italiens à l'égard de la politique – le taux de participation a été de 75 % (- 8 % par rapport à 2008) – et plus particulièrement à l'égard des partis traditionnels. Le Peuple de la Liberté, le parti de Silvio Berlusconi qui avait remporté les élections en 2008, a perdu plus de six millions de voix (- 46 %). Même le Parti démocrate (PD), le parti de Pier Luigi Bersani, perd environ 3,5 millions de voix (- 28,4 %). Il est clair que les électeurs italiens ont sanctionné le soutien de ces partis au gouvernement de Mario Monti et à ses politiques d'austérité. Même la Ligue du Nord, affectée par des scandales politiques, perd 50 % des voix par rapport à 2008, en dépit de son opposition au gouvernement Monti et à "l'Europe technocratique".
Le vrai gagnant est Beppe Grillo, leader du Mouvement cinq étoiles, qui obtient huit millions de voix, devenant ainsi le premier parti italien avec 25,6 %. Ses critiques adressées à la classe politique, à l'Europe ainsi qu'à la monnaie unique ont recueilli un large consensus parmi les jeunes qui, en Italie, sont fortement touchés par le chômage. Un chômage qui les affecte à hauteur de 37,1 %, selon les statistiques ISTAT de novembre 2012, plaçant les jeunes Italiens à la quatrième place en Europe, derrière la Grèce (57,6 %), l'Espagne (56,5 %) et le Portugal (38,7 %).
LES MOUVEMENTS EUROSCEPTIQUES SE MULTIPLIENT
Selon l'Eurobaromètre de l'automne 2012, les trois problèmes les plus importants pour les Italiens sont le chômage (51 %), la situation économique (45 %) et les impôts (28 %).
En Italie comme dans le reste de l'Europe, les mouvements eurosceptiques et critiques à l'égard des politiques d'austérité se multiplient. En Autriche, la liste Stronach – mouvance eurosceptique – est gratifiée de 10 % des intentions de vote ; le FPO – ancien parti du leader d'extrême droite Jorg Haider – en recueille 20 %. En Slovénie, le 8 février dernier, une foule de manifestants venus protester contre les politiques économiques du gouvernement de centre- droit et la corruption généralisée a envahi les rues de Ljubljana.
Les élections européennes de 2014 risquent de confirmer, voire d'aggraver, la montée en puissance de ces mouvements. Traditionnellement caractérisées par de forts taux d'abstention, elles peuvent se transformer en échec cuisant pour les partis traditionnels et pro-européens. Pour éviter un tel scénario, dangereux pour le futur de l'Europe, un changement de stratégie à Bruxelles est urgent.

"L'Italie n'est pas une anomalie", par Marc Lazar, professeur des universités à Sciences Po, professeur à la SOG-Luiss (Rome), et chercheur associé au CERI
Le résultat des élections italiennes constitue un tremblement de terre qui ne secoue pas la seule péninsule mais bien l'Europe entière. En effet, ce scrutin a été plombé par la combinaison de trois fortes crises.
Une crise sociale provoquée par la rude thérapie du gouvernement Monti qui a certes assaini les finances publiques et redonné une crédibilité internationale à l'Italie mais a provoqué une récession, laquelle a entraîné une hausse du chômage, un creusement des inégalités de toutes sortes – sociales, de genre, générationnelles, territoriales et entre Italiens et immigrés –, et un accroissement notable de la pauvreté.
Une crise politique de longue durée, près de vingt ans désormais, mais qui n'a fait que s'accentuer avec la multiplication des affaires de corruption et un rejet croissant de la classe dirigeante.
Enfin, et c'est à l'évidence la grande nouveauté de cette campagne, une crise de confiance envers l'Europe, puisque celle-ci constitue désormais un vrai clivage politique avec des acteurs politiques, Silvio Berlusconi, Beppe Grillo, Roberto Maroni de la Ligue Nord et Antonio Ingroia, représentant de la gauche de la gauche, qui l'ont sans cesse fustigée, cependant que Mario Monti et Pier Luigi Bersani se sont retrouvés sur la défensive.

MESURER LA GRAVITÉ DE LA SITUATION
Or, l'Italie n'est nullement une anomalie et ce qui se passe de l'autre côté des Alpes ne relève pas d'une sorte d'exotisme méditerranéen. Certes, le pays a de nombreuses particularités politiques, économiques, sociales et culturelles. Mais dans presque tous les pays européens, les citoyens se saisissent des élections pour présenter la facture à leurs gouvernements qui leur imposent une politique d'austérité et de rigueur.
Partout, s'exprime un sentiment "anti-politique" qui, d'un côté, se traduit par une défiance à l'égard des institutions et un rejet des élites qu'aiguisent les formations dites populistes, mais qui, de l'autre, traduit une exigence de construire une autre démocratie, plus honnête et transparente.
Enfin, partout, l'Europe est désormais critiquée et remise en cause, pour ses choix économiques, du fait de son déficit de démocratie, enfin, car elle s'avère dénuée de grands projets et de mythes mobilisateurs. Si les responsables politiques ne prennent pas la mesure de la gravité de la situation présente, les lendemains seront difficiles, pour ne pas dire catastrophiques. Telle est la grande leçon européenne du vote italien.

"Un coup de tonnerre en Europe", par Guillaume Klossa, président d'EuropaNova
Les citoyens italiens ont envoyé trois signaux clairs à leurs dirigeants, ainsi qu'à ceux de l'Union européenne, le 26 février. Premier signal, une politique d'austérité sans perspective de croissance et sans vision d'avenir mobilisatrice. Deuxième signal, les Italiens ont manifesté leur méfiance à l'égard de la classe politique et ont souligné l'incapacité des dirigeants à les gouverner de manière efficace. Troisième signal, les Italiens, des supporters sans ambiguïté de la construction européenne depuis les années cinquante, en doutent massivement pour la première fois de l'histoire.
Cette situation est aujourd'hui possible grâce à une loi électorale qui ne favorise pas l'émergence d'une gouvernance majoritaire. Il n'empêche que les signaux sont très inquiétants et ne sont plus une particularité italienne. Dans les Etats membres, le doute sur l'intégration européenne est au plus haut. Les conséquences sont flagrantes : des accidents démocratiques sont non seulement possibles, mais de plus en plus probables.

EMPÊCHER L'EFFONDREMENT DU PROJET EUROPÉEN
Dans cette optique, il est primordial que les dirigeants européens se mettent rapidement autour de la table pour faire évoluer la stratégie de sortie de la crise, tracer les perspectives communes pour l'ensemble des Européens et revoir un budget européen qui ne répond d'aucune manière aux enjeux d'avenir du continent.
Aurons-nous le courage de tirer les enseignements de la situation italienne et de mettre en œuvre les actions concrètes et efficaces pour empêcher l'effondrement du projet européen ?
Vivien Pertusot, Ifri; Marc Lazar,CERI; Guillaume Klossa, EuropaNova; Beatrice Biagini et Enrico Sama, Parti démocrate italien - Fondation Jean-Jaurès

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ELITES POLITIQUES EN EUROPE NE SONT PAS A LA HAUTEUR DE LA GRAVITE DU MOMENT
Ce qui se passe en Italie est absolument dramatique et débouche sur une situation de blocage semblable à celle que la Belgique a connue avant la formation du gouvernement papillon après plus de 500 jours de crise.
L'Italie est à la croisée des chemins, mais l'Europe également, comme le montrent ces analyses d'une lucidité affolante. Les forces démocratiques sont totalement impuissantes face à crise terrible qui s'abat sur tout le sud de l'Europe et sacrifie la jeune génération sur l'autel de l'austérité. Ce sont les jeunes de 25 à 45 ans qui ont voté pour Beppe Grillo, le Coluche de la scène politique italienne qui n'a rien, absolument rien à proposer, hormis son numéro d'Auguste qui ne fera plus rire longtemps. Triomphe de l'anti-politique. A y bien réfléchir, le vote De Wever et les "foertstemmen" flamandes participent d'un même élan.
Aujourd’hui, les partis politiques sont « dans l’incapacité de penser les changements du xxie siècle, encore moins d’y contribuer », c'est Daniel Cohn Bendit qui le dit. Et Christine Laurent de commenter: l Ainsi, ils ne s’intéresseraient pas à l’avenir, tant ils sont englués « dans une structure fermée, un blindage presque hermétique à la société ». Résultat : ils passent à côté des aspirations totalement nouvelles des peuples.
A bien observer la gauche comme la droite en Belgique et ailleurs, on se pose de plus en plus de questions. Promesses en peau de lapin, débats oiseux, querelles stériles, quelle fatigue ! Mais que croient-ils donc ? Nous passionner ? Nous captiver ? Récolter des voix ? A côté de la plaque ! Car mis à part leurs états-majors et les irréductibles de chaque bord, ces joutes fratricides laissent les citoyens de marbre."
Revenons aux conclusions de l'article du Monde:
"Dans presque tous les pays européens, les citoyens se saisissent des élections pour présenter la facture à leurs gouvernements qui leur imposent une politique d'austérité et de rigueur.
Partout, s'exprime un sentiment "anti-politique" qui, d'un côté, se traduit par une défiance à l'égard des institutions et un rejet des élites qu'aiguisent les formations dites populistes, mais qui, de l'autre, traduit une exigence de construire une autre démocratie, plus honnête et transparente.
Le résultat des élections italiennes constitue un tremblement de terre qui ne secoue pas la seule péninsule mais bien l'Europe entière."
Enfin, et c'est à l'évidence la grande nouveauté: "Les Italiens, des supporters sans ambiguïté de la construction européenne depuis les années cinquante, en doutent massivement pour la première fois de l'histoire."
"Aurons-nous le courage de tirer les enseignements de la situation italienne et de mettre en œuvre les actions concrètes et efficaces pour empêcher l'effondrement du projet européen ?"
"Dans les Etats membres, le doute sur l'intégration européenne est au plus haut. Les conséquences sont flagrantes : des accidents démocratiques sont non seulement possibles, mais de plus en plus probables."
L'Europe est désormais critiquée et remise en cause, pour ses choix économiques, du fait de son déficit de démocratie, enfin, car elle s'avère dénuée de grands projets et de mythes mobilisateurs. Si les responsables politiques ne prennent pas la mesure de la gravité de la situation présente, les lendemains seront difficiles, pour ne pas dire catastrophiques. Telle est la grande leçon européenne du vote italien.
de cette campagne, une crise de confiance envers l'Europe,
"Quelles perspectives, quel souffle, quelle espérance malgré la grisaille de la crise ? ET POURQUOI PAS UN « REFORMISME MODERNE, IMAGINATIF ET SUBVERSIF », comme le suggère Cohn-Bendit ?
Les partis politiques, piliers indispensables de la démocratie sous toutes ses formes, auront-ils le courage de s’engager résolument dans cette voie ?"
Que de bonnes questions et que de médiocres réponses. Monti par sa politique de rigueur avait su rassurer les marchés. Les marchés mais pas les Italiens. Et la est le problème majeur qui porte un nom: crise de confiance dans les vertus de la démocratie, le pire des régimes comme disait sir Winston à l'exclusion de tous les autres.
Winston, De Gaulle, Roosevelt c'était autre chose que Wilder, Berlusconi, Beppe Grillo. Stop:c'est toujours mieux que Hitler, Staline ou Mussolini. Certes mais Albert avait raison, ça y conduit tout droit. Il faut absolument empêcher l'effondrement du projet et du rêve européen. Relire tout de suite debout l'Europe de Cohn Bendit Verhofstadt.
MG


COMBAT DE COQS
Christine Laurent - Rédactrice en chef du Vif/L'Express

De fait, il est doué pour agacer. Pour taper sur les nerfs. Quarante-cinq ans que cela dure. Quarante-cinq ans qu’il nous provoque avec ses torpilles, ses idées sulfureuses, ses déclarations à l’emporte-pièce. Querelleur, vantard, pourfendeur « convulsif »...
Depuis 1968, Cohn-Bendit le surdoué occupe le devant de la scène médiatique et politique en « l’ouvrant ». Ne veut-il pas depuis toujours ré-enchanter la société ? A sa sauce, bien sûr. Mais dont les ingrédients ne sont pas nécessairement frelatés. Loin de là. Ainsi, ce dernier opus qu’il nous livre à 68 ans, au seuil de sa retraite. Un essai percutant au titre qui percole. Pour supprimer les partis politiques ! ? Réflexions d’un apatride sans parti (Indigène Editions). Trois euros pour 40 pages qui tombent dru et qui nous plongent dans les méandres de l’imagination de « Dany le Rouge », c’est donné !
L’ex-militant d’Europe Ecologie Les Verts (dont il s’est exclu, écœuré) n’y va pas par quatre chemins. Il sonne la charge. Aujourd’hui, les partis politiques sont « dans l’incapacité de penser les changements du xxie siècle, encore moins d’y contribuer », assène-t-il. Ainsi, ils ne s’intéresseraient pas à l’avenir, tant ils sont englués « dans une structure fermée, un blindage presque hermétique à la société ». Résultat : ils passent à côté des aspirations totalement nouvelles des peuples. Fichtre, l’analyse, rédigée à l’encre du vitriol, ferait presque froid dans le dos. Du Cohn-Bendit pur jus !
De fait, à bien observer la gauche comme la droite en Belgique et ailleurs, on se pose de plus en plus de questions. Promesses en peau de lapin, débats oiseux, querelles stériles, quelle fatigue ! Pour preuve, les bisbilles du week-end dernier entre le PS et le MR qui laissent pantois. Noms d’oiseaux, clichés, les présidents et autres ministres socialistes et libéraux se sont lâchés. Tout ça pour quoi ? Poursuivre main dans la main, dès le lendemain, la même politique au sein du gouvernement fédéral ! Ambiance, ambiance. Quelle mouche les a piqués ? Que voulait prouver Paul Magnette, à l’origine de cette rixe aussi inattendue qu’insignifiante ? Et que dire de ses adversaires, tout aussi sensibles de la gâchette ? Mais que croient-ils donc ? Nous passionner ? Nous captiver ? Récolter des voix ? A côté de la plaque ! Car mis à part leurs états-majors et les irréductibles de chaque bord, ces joutes fratricides laissent les citoyens de marbre.
Pis. On en a marre de voir nos élus frôler le bas-côté de la politique. Ils méritent mieux que ce grand-guignol médiatique. Mais arc-boutés sur leurs dogmes, ils font de la résistance. Alors que nous rêvons de tout autre chose. En moins de cinquante ans, nous nous sommes extirpés d’un ancien monde pour plonger vers un tout autre univers. Vertigineux. Quels caps pour demain ? Quelles perspectives, quel souffle, quelle espérance malgré la grisaille de la crise ? Et pourquoi pas un « réformisme moderne, imaginatif et subversif », comme le suggère Cohn-Bendit ?
Les partis politiques, piliers indispensables de la démocratie sous toutes ses formes, auront-ils le courage de s’engager résolument dans cette voie ? Oui, s’ils se libèrent de « leurs camisoles mentales », comme les y invite le député européen franco-allemand. Insurmontable ? Bien sûr que non. Dans leur grande majorité, nos élus sont des personnes de qualité. Quand ils regardent vers le haut. Quand ils visent le long terme et pas l’immédiateté. Quand ils ont l’esprit ouvert et qu’ils accompagnent les aventures citoyennes du xxie siècle. Bref quand, soucieux de nous décrocher la Lune, ils arrêtent leur baratin.
CHRISTINE LAURENT

MONTI DENKT AAN 'BELGISCHE OPLOSSING' VOOR VASTGELOPEN REGERINGSVORMING
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Mario Monti zou, als tijdelijke oplossing voor de vastgelopen regeringsvorming in Italië, een regering kunnen leiden die enkele noodzakelijke hervormingen doorvoert tot er een nieuwe meerderheid gevormd kan worden. Dat heeft een lid van Monti's regering vandaag gezegd. Het scenario staat in Italië bekend als de 'Belgische oplossing'.

Na de verkiezingen in 2010 bleef de uittredende Belgische regering bijna 18 maanden aan de macht omdat communautaire strubbelingen een regeringsvorming onmogelijk maakten.

In het Italiaanse geval zou Monti aan de macht blijven om met de belangrijkste partijen in het parlement dringende hervormingen door te voeren, totdat er nieuwe verkiezingen georganiseerd worden. Dat heeft Gianfranco Polillo, lid van de uittredende regering, gezegd.


© reuters


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