vendredi 22 mars 2013

L’incurie est européenne


Beatrice Delvaux
Éditorialiste en chef Le Soir
La crise chypriote est tragique pour les citoyens de l’île au premier chef, mais elle l’est plus profondément par le discrédit qu’elle jette sur les instances européennes.
Il serait de bon ton de jeter l’opprobre sur les dirigeants chypriotes, incapables, selon « Bruxelles », d’exécuter les décisions prises lors de cette fameuse nuit. Erreur ! Ceux qui ont fauté sont les instances européennes qui ont validé à l’unanimité ce plan d’action qui torpille la confiance dans la zone euro et dans la capacité des dirigeants européens à respecter leur parole et leurs propres décisions.
Il n’y a que du beau monde dans cette incurie : Olli Rehn, vice-président de la Commission, chargé des affaires économiques et monétaires et autorisé à ce titre depuis des mois à faire la leçon à tout pays qui ne se comporte pas conformément aux règles établies ; l’Eurogroupe, soit 17 ministres des Finances – 17 ! –, dont le président qui en était à sa première réunion ; la BCE chargée de veiller à la stabilité et à la crédibilité du système monétaire.
La solution proposée et la gestion de la crise qui a suivi, sont déjà considérées comme un cas d’école illustrant la manière dont il ne faut pas gérer des problèmes financiers ou de dettes souveraines.
Cette « hérésie » ne doit pourtant rien au hasard. Herman van Rompuy président du Conseil l’a dit hier aux Parlementaires : la Troïka (Eurogroupe, BCE et FMI) travaille depuis des mois à un rapport qui a nourri la fameuse solution.
L’incurie est de plus totale car elle se manifeste tant lors du développement du problème chypriote – « Nous avons laissé Chypre bâtir un modèle insoutenable et nous n’avons pas réagi », dixit Van Rompuy – que dans l’incapacité à résoudre la crise lorsque le modèle explose – il n’y a toujours de solution à cette heure. Le tout sans que personne, si ce n’est le ministre des Finances chypriote, fusible facile, n’assume une responsabilité quelconque. Que s’est-il passé au cours de cette fameuse nuit ? Ceux qui savent, se taisent et pire, s’en lavent les mains, désignant d’autres coupables.
L’implacabilité avec laquelle les instances européennes et certains ministres des Finances clés (on pense à l’Allemagne) imposent – à raison – des efforts aux pays « fautifs », demanderait qu’ils assument la responsabilité de leurs propres dérapages.
La véritable menace qui plane sur le futur de l’Europe n’est pas monétaire. C’est son manque total de gouvernance.


FAUT-IL RENONCER A LA DEMOCRATIE ?
Jacque Attali Paru dans L'Express
La même semaine, l’Eglise s’est donné un pape. La Chine s’est choisie un président. Le pape François. Le président Xi Jining. Les deux utilisant des méthodes très voisines d’organisation et de sélection : une structure pyramidale, où les nominations au niveau supérieur se font au mérite, jusqu’au sommet. Dans les deux cas, un système très ancien. Dans les deux cas, à chaque succession, la nomination d’une équipe débarrassée du souci de sa réélection, gouvernant en équipe avec ceux qui les ont choisis, puis choisissant ceux qui choisiront leurs successeurs. Dans les deux cas, un corps électoral réduit à quelques dizaines ou de centaines de personnes. Dans les deux cas, des gens de grande personnalité, soucieux de l’avenir à long terme de l’institution qui les a choisis. Dans les deux cas, un système résistant très bien au temps, formidablement adapté, même, à la modernité et en particulier capable d’offrir aux médias du monde tous les éléments du suspens dont il a besoin, sans la lenteur et le bricolage des débats démocratiques. Dans les deux cas, un système de plus en plus soumis aux mêmes pressions que les démocraties occidentales : les sondages, l’omniprésence des médias. L’un et l’autre aussi victimes de la corruption, et capables de tous les crimes, parce que bénéficiant d’une large impunité en raison de leur opacité.
Avec évidemment de grandes différences : Au Vatican, l’élu l’est à vie. En Chine, il l’est pour dix ans. Au Vatican le système fonctionne depuis plus de dix-huit siècles, avec d’innombrables incidents, coups d’Etat, assassinats, scissions, sans jamais s’interrompre. En Chine, le système, même s’il retrouve une tradition confucéenne plus que bimillénaire, ne fonctionne vraiment que depuis 30 ans.
Au même moment, à Rome, à quelques kilomètres du Vatican, l’Italie se révèle incapable de choisir une équipe de gouvernement ; et dans tous les autres pays démocratiques, les gouvernements doivent, pour survivre, augmenter leurs dépenses et réduire les impôts, faisant de l’explosion de la dette publique la mesure de leur impuissance. Ils doivent, plus généralement, oublier l’intérêt des générations suivantes, pour obéir à ce qu’ils croient être celui de leurs électeurs.
Comme à chaque crise grave, en Occident, se reposera bientôt la question de la crédibilité de la démocratie. Et certains s’empresseront, s’empressent déjà, de la remettre en cause. Au nom de la nation, de l’environnement, de la religion : les multiples fondamentalismes rodent déjà autour du lit de la démocratie.
Pour la sauver, il faut tenter de concilier le meilleur des systèmes démocratiques (la protection des libertés, la transparence des votes et le suffrage universel), avec le meilleur les systèmes méritocratiques (la capacité à sélectionner des dirigeants de haut niveau et à leur donner les moyens et le temps de penser et de décider en fonction des intérêts du tres long terme).
On pourrait par exemple imaginer construire, en parallèle aux institutions démocratiques locales, des assemblées consultatives, composées de gens choisis parmi les militants de tous les partis démocratiques pour leur désintéressement et leur préoccupation du long terme. Ces assemblées nommeraient des responsables à des niveaux plus élevés, jusqu’à constituer une Assemblée consultative nationale, en charge de conseiller les pouvoirs démocratiques sur l’importance des enjeux du long terme. Ces assemblées seraient désignées pour dix ans, et leurs membres ne seraient pas rééligibles. D’une certaine façon, le Conseil Économique, Environnemental et Social en constitue, en France, une tres imparfaite incarnation.
Si on veut sauver l’essentiel de la démocratie, c’est à de telles audaces qu’il faut commencer à réfléchir.
j@attali.com


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"DU SANG, DE LA PEINE, DES LARMES ET DE LA SUEUR"

Le parti de Jean Marie de Decker alla aux dernières élections tambour battant avec un slogan tonitruant:"uw centen".
De la N-VA on dit de plus en plus que sa stratégie est celle du "centenpopulisme".
Ce qui se trame à Chypre est du racket fiscal et risque de provoquer sinon une révolution du moins une émeute populaire avec une onde de choc qui se fera sentir jusque chez nous. Chez nous, où le gouvernement patine avec un budget qui dérape dangereusement.
"Het Cypriotische reddingsplan is uiterst gevaarlijk. Het opent in ieder geval een doos van Pandora, omdat het instabiliteit en onzekerheid creëert voor spaarders over heel Europa."(Guy Verhofstadt)
Il faut voir (en regardant Villa politica) Di Rupo faire le gros dos sur son banc parlementaire face aux critiques et attaques en piqué de l'opposition qu'il fait mine d'ignorer en arborant son papillon gris (un très mauvais indicateur).
Il faudra absolument faire des coupes sombres. On ne sait plus quoi inventer: augmenter la TVA, supprimer un jour de congé légal mais surtout, surtout ne pas faire la moindre économie structurelle. Autrement dit, l'index demeure vache sacrée et la sécu également. S'il devait céder sur ces tabous (Geert Bourgeois: "il faut tout scinder!") Di Rupo connaîtrait une véritable Bérézina que suivrait un Waterloo politique. Il le sait, il le sent, il est de moins en moins sûr de lui.
Waterloo politique. L'image est forte. Attention la confiance dans notre personnel politique est ébranlée et pas que chez nous. Dans un débat animé entre journalistes dans "C'est dans l'air" il fut dit clairement: l'alternance ne résout rien, le peuple le sait, le sent: Hollande, Sarkozy, même impuissance. Quand on verra que ni Marine ni Mélanchon n'ont la solution, (ni De Wever chez nous) la démocratie sera en grand péril. Et pas seulement en France.
"Comme à chaque crise grave, en Occident, se reposera bientôt la question de la crédibilité de la démocratie."
Attali: "Si on veut sauver l’essentiel de la démocratie, c’est avec audace qu’il faut commencer à réfléchir. Et certains s’empresseront, s’empressent déjà, de la remettre en cause. Au nom de la nation, de l’environnement, de la religion : les multiples fondamentalismes rodent déjà autour du lit de la démocratie.Pour la sauver, il faut tenter de concilier le meilleur des systèmes démocratiques (la protection des libertés, la transparence des votes et le suffrage universel), avec le meilleur les systèmes méritocratiques (la capacité à sélectionner des dirigeants de haut niveau et à leur donner les moyens et le temps de penser et de décider en fonction des intérêts du très long terme)."
On l'aura compris, la situation politique dans une Europe en récession économique devient extrêmement préoccupante.
Et toutes les rumeurs sur le noyautage de l'armée par les salafistes, la présence de gamins molenbeekois, malinois, anversois dans les rangs des islamistes au Mali et en Syrie ne sont pas faites pour calmer le jeu.
"A la Chambre des communes, je dirai comme je l'ai dit à ceux qui ont rejoint le gouvernement : " Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur " Churchill, 13 mai 1940.
"La véritable menace qui plane sur le futur de l’Europe n’est pas monétaire. C’est son manque total de gouvernance." (B; Delvaux)
Mais où sont passé les grands leaders d'antan, les hommes d'Etat, les leaders d'opinion flamboyants?
MG


EERST GRIEKENLAND, DAN IERLAND EN PORTUGAL. VERVOLGENS SPANJE. NU CYPRUS
OPINIE − De Morgen
Guy Verhofstadt (Open Vld) is Europees Parlementslid en fractieleider van de Europese liberalen. "Waarom zou de gewone Cyprioot moeten opdraaien voor schulden opgebouwd door roekeloze banken?", stelt hij.

Het reddingsplan van de eurogroep voor Cyprus werd door het Cypriotische Parlement terecht naar de prullenmand gestemd.

Opgelet, dat er pijnlijke maatregelen moeten worden getroffen om uit de crisis te komen, staat als een paal boven water. Overal in Europa besparen overheden en dienen ze onpopulaire maatregelen te treffen om de schuldencrisis op te lossen en op middellange termijn de economische groei weer op gang te krijgen. Het probleem met het Cypriotische reddingsplan is niet zozeer het bestaan ervan, maar de aard van de maatregelen die het oplegt.

LEGE DOOS
Terecht wordt het reddingsplan als oneerlijk ervaren. Dat de spaarrekeninghouders door middel van een heffing mee moeten opdraaien voor de Cypriotische banksector, valt te kwalificeren als 'diefstal'. Waarom zou de gewone Cypriotische spaarder moeten opdraaien voor schulden opgebouwd door roekeloze banken?

Bovendien is het voorstel van de eurogroep ronduit illegaal daar het ingaat tegen de Europese wetgeving inzake depositogaranties. Na de kredietcrisis van 2008 dreigden tal van spaarders hun geld kwijt te geraken door in moeilijkheden verkerende banken. Daarom besliste de Europese Unie een depositogarantie voor spaargeld in te voeren. Zo'n garantie voor houders van spaarrekeningen in de EU vormt een wezenlijke bijdrage van de voltooiing van de interne markt. Door nu in Cyprus een heffing in te voeren op spaargelden beneden de 100.000 euro, wordt van deze Europese wetgeving een lege doos gemaakt. Het brengt een zware klap toe aan de geloofwaardigheid van de Europese regelgeving. Want wie zal in de toekomst nog geloof hechten aan een depositogarantie opgelegd door een of andere Europese wetgeving ?

Tenslotte is het Cypriotische reddingsplan uiterst gevaarlijk. Het opent in ieder geval een doos van Pandora, omdat het instabiliteit en onzekerheid creëert voor spaarders over heel Europa. Meer nog, het verhoogt het risico op zogenaamde bank runs. Niet voor niets reageerden de financiële markten meteen heel negatief op het voorstel.

Los daarvan slaagde het Cypriotische reddingsplan er zelf niet om de diabolische band tussen bank en overheidsschulden te doorbreken, terwijl de Europese regeringsleiders maandelijks op iedere top in Brussel herhalen dat het net die link is, die moet worden doorbroken.

NOG STEEDS NIETS GELEERD
Samengevat, het is duidelijk dat de Europese leiders hun les nog steeds niet hebben geleerd. In plaats van een echt Europees beleid uit te tekenen dat ons uit de bankencrisis kan halen, blijven ze kortzichtige, tijdelijke, ad-hoc maatregelen door de strot van de burgers duwen. Eerst Griekenland, dan Ierland en Portugal. Vervolgens Spanje. Nu Cyprus. Waarbij het de Duitse belastingbetalers en de kleine spaarders in de vier hoeken van Europa zijn die de rekening betalen.

De enige goede oplossing is een Europese oplossing, met name het opzetten van een Europees resolutiemechanisme waarbij de banken zelf een crisispot aanleggen. Het is hoog tijd dat er een Europees reddingsfonds wordt gecreëerd, dat wordt gefinancierd door de financiële sector zelf. Een fonds waarbij de banken een bijdrage leveren op basis van hun risicoprofiel dat zij vertegenwoordigen. Hoe hoger de risico's die een bank wil nemen, hoe hoger ze zal moeten bijdragen aan zo'n fonds. Dit is de enige oplossing om te voorkomen dat ook andere lidstaten dezelfde weg als Cyprus opgaan. En het is de enige oplossing op lange termijn die het vertrouwen van de spaarder, de belastingbetaler en dus de kiezer zal kunnen terugwinnen.

© Kos


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