mardi 12 mars 2013

Une Belgique à droite, le rêve angoissé de De Wever

Dave Sinardet

Le double jeu de De Wever. Le discours libéral ne lui plaît guère mais lui permet néanmoins de mieux faire passer le programme flamand...
Dave Sinardet, professeur en sciences politiques à la VUB ainsi qu’à l’Université Saint-Louis, évoque le double jeu de Bart de Wever.
Dans ses interventions récentes dans les médias francophones, Bart De Wever a surtout insisté sur la nécessité de réformes socio-économiques de droite et pointé le PS comme l’obstacle majeur à ces réformes, appelant presque les francophones à voter pour le MR. Comme il le disait à "La Libre" : "Le vrai enjeu, c’est l’enjeu socio-économique".
Certains du côté francophone ont pu être surpris. Pourtant, dans les médias flamands, c’est le discours avec lequel il cible depuis plusieurs années avec grand succès le core business des électeurs de droite en Flandre. En effet, De Wever argumente encore rarement sa demande d’autonomie accrue pour la Flandre au départ d’un discours nationaliste classique - qu’à la suite d’Ernest Gellner, auteur du célèbre "Nations and nationalism", nous pouvons définir comme la défense du principe que nation et Etat doivent coïncider.
Cette thèse était à la base du discours de la Volksunie et d’une partie du CVP pendant des années : l’existence d’une identité, d’une culture, d’une nation flamande, était la raison fondamentale pour réclamer plus d’autonomie. Ainsi, dans les années 1980, la scission des allocations familiales a été défendue selon l’idée que les Flamands avaient "une autre façon d’élever leurs enfants" que les Wallons.
Depuis longtemps, Bart De Wever a compris qu’un tel discours nationaliste ne rapporte plus beaucoup. Sur tous les plateaux de télé flamands possibles il focalise plutôt sur le fait que nous sommes écrasés de taxes, que l’entrepreneuriat est mis à mal, que le crime reste impuni et que nous sommes submergés par une immigration incontrôlée. Et que cela ne pourra changer que si la Flandre devient plus autonome car c’est uniquement de cette façon-là qu’elle sera libérée du PS (souvent identifié avec les "francophones"), qui aurait sur ces sujets des opinions très divergentes de la grande majorité en Flandre.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BART DEWEVER EXPLIQUE AUX NULS
Pour ceux qui n'auraient toujours pas compris l'irrésistible succès de BDW en Flandre, voici la clef. "De Wever a surtout insisté sur la nécessité de réformes socio-économiques de droite et pointé le PS comme l’obstacle majeur à ces réformes, appelant presque les francophones à voter pour le MR. Comme il le disait à "La Libre" : "Le vrai enjeu, c’est l’enjeu socio-économique"."

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