lundi 22 avril 2013

Jeunes Belges en Syrie: le MR propose des conseils locaux

May. ( La libre avec Belga)

La commune de Schaerbeek a décidé ce vendredi d’interdire la distribution de repas gratuits aux démunis autour et dans la gare du Nord parce qu’une association aurait profité de cette distribution pour inciter des jeunes à partir en Syrie. Ce dimanche, le MR propose de créer des conseils locaux du dialogue interculturel et de la citoyenneté.
Le chef du groupe MR au conseil communal de Schaerbeek, Georges Verzin propose de créer, dans les communes concernées par la diversité culturelle, des conseils du dialogue interculturel et de la citoyenneté. Selon lui, cette proposition est appuyée par la présidence du MR.
«Au-delà de réponses à apporter par les autorités fédérales en termes de démantèlement de filières de recrutement mises en place par des islamistes radicaux, d’un suivi judiciaire de ceux qui reviendraient au pays, et d’un meilleur contrôle dans les aéroports, nous devons apporter une réponse structurée aux jeunes en quête de repères», a expliqué le chef du groupe MR.
Pour Georges Verzin, les autorités spirituelles et morales locales des différentes confessions ne peuvent répercuter sur leurs fidèles dont de nombreux de jeunes ne font pas partie, que des réponses partielles fondées sur leurs propres convictions. De leur côté, les professeurs de religion ou de morale, ne peuvent intervenir que dans leur cadre scolaire, les acteurs de terrain que dans le domaine de l’intégration sociale.
Le MR estime donc qu’il y a urgence, selon Georges Verzin, à mettre en place dans les communes concernées, un conseil local du dialogue interculturel et de la citoyenneté pour créer les conditions objectives d’une réflexion collective, sous les auspices du bourgmestre et des échevins des cultes, de l’harmonisation sociale et de l’enseignement.
SCHAERBEEK INTERDIT LA DISTRIBUTION DE REPAS
L’information, qui a été publiée par plusieurs médias, est confirmée dimanche par le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (FDF). L’association visée est «Resto du Tawhid», du Belge converti à l’islam Jean-Louis Denis. Celui-ci a réagi, via sa page Facebook, à cette interdiction. Il affirme que l’association poursuivra son action, dans d’autres communes si nécessaire.
«Je comprends que ça ne soit pas une décision qui plaise mais nous le faisons par prévention», explique Bernard Clerfayt. «Nous avons appris que monsieur Denis utilisait ses distributions de repas du samedi pour tenir des discours radicaux, dans lesquels il appelle à partir en Syrie.»
Selon le bourgmestre, deux jeunes partis en Syrie récemment ont notamment gravité autour de l’association et de M. Denis. «Ils ont été signalés à plusieurs reprises comme étant présents lors des distributions de repas et des prêches. Ce sera aux autorités judiciaires de déterminer exactement ce qu’il en est et de voir si des poursuites ont lieu d’être, mais entre-temps, la commune a pris les mesures préventives nécessaires.»
Toujours d’après M. Clerfayt, Jean-Louis Denis aurait, malgré l’interdiction, tenté d’organiser samedi la distribution mais la police l’en a empêché.


MILQUET A WASHINGTON
La ministre de l’Intérieur a pris ce dimanche la direction de Washington pour une mission officielle de trois jours, prévue depuis janvier, aux côtés de la Commissaire générale de la police fédérale, Catherine De Bolle, et d’André Vandoren, le directeur de l’OCAM - Organe de coordination pour l’analyse de la menace - et coordinateur du plan de lutte contre le radicalisme.
Durant cette mission, la délégation nouera de nombreux contacts avec les autorités et services de sécurité américains (CIA, FBI, etc.) dans le but d’analyser toutes leurs politiques et techniques de lutte contre le terrorisme et le radicalisme violent.
L’instruction pour infraction à la législation antiterroriste a mis au jour le fait que 33 personnes d’Anvers et de Vilvorde se trouvent en Syrie ou sont en train de s’y rendre via cette filière. C’est peut-être une fraction des Belges qui combattent en Syrie.

Au cours des derniers mois, les départs se sont multipliés, suscitant l’inquiétude et les appels à agir dans le monde politique. Des parlementaires ont cité le nombre de 200 personnes parties en Syrie. Le parquet fédéral assure néanmoins que l’action coup de poing menée hier matin n’est en rien commandée par ces développements récents. “Cela n’a ni précipité, ni retardé, ni gêné notre action”, dit son porte-parole Eric Van der Sypt.

L’enquête a mis en lumière le fait que le cadre de référence du groupe est le salafisme djihadiste. Ce courant fondamentaliste plaide pour un retour à “l’islam pur” de l’époque du prophète. Un courant djihadiste qui veut atteindre ses objectifs par la violence.

Sharia4Belgium a mené des actions violentes dès juin 2012 à Molenbeek après l’interpellation d’une femme en niqab. En août dernier, les enquêteurs ont pu déterminer que des militants de Sharia4Belgium commençaient à se rendre en Syrie pour participer à la lutte armée. “Ils auraient rejoint des groupes de combattants aux idées salafistes djihadistes inspirées par al-Qaida et participeraient à des combats et même à l’enlèvement et à l’exécution de ce qu’ils appellent les mécréants en Syrie”, insiste M. Van der Sypt.

Pour recruter, Sharia4Belgium, dont les dirigeants, le noyau dur et les sympathisants ont pu être identifiés, utilisait notamment le “Streetdawa”. Une technique largement éprouvée à Vilvorde consistant à aborder personnellement les jeunes en rue pour les inviter ensuite à rejoindre des lieux privés à Anvers. C’est là qu’ils étaient endoctrinés. À côté de ces formations, ces jeunes recrues recevaient notamment des entraînements poussés aux sports de combat.
© La Dernière Heure 2013


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE POLITIQUE REAGIT ENFIN
Enfin, les autorités politiques prennent conscience des enjeux de terrain.
Gageons qu'il ne s'agit pas d'un simple effet d'annonce mais de l'expression d'une vraie volonté politique de mettre les islamistes au pas.
MG


DE MUSULMANS PROGRESSISTES DE BELGIQUE ASBL

ISLAMOPHOBIE : LES BONNES RESOLUTIONS NE GAGNENT PAS A ETRE DIFFEREES !
La presse s’est fait l’écho du malaise que provoque au sein du MR une résolution dénonçant l’islamophobie récemment déposée au Sénat. Selon ses détracteurs, ce texte serait inacceptable en ce qu’il conduirait à empêcher toute critique de l’islam. Les médias rapportent également que le Sénateur MR Richard Miller qui avait initialement co-signé ce texte d’intention – une résolution de ce type n’a en effet pas d’effet contraignant – a été sommé par, ni plus ni moins, que son président de parti de retirer sa signature et de s’atteler à la rédaction d’un texte amoindri sur les discriminations.
Autant de remous et de pusillanimité ne peut se justifier à la lecture attentive du contenu du texte.
Rien en effet dans cette démarche ne permet d’affirmer qu’elle remettrait en cause des libertés essentielles dans une société démocratique ouverte telle que la liberté d’expression et en particulier la libre critique des religions. Notons que la lutte contre l’islamophobie fait déjà l’objet d’un début de mobilisation au niveau gouvernemental. Mais il ne viendrait à personne l’idée de penser que la Ministre de l’Intérieur jouerait les chevaux de Troie d’un islam rétrograde et liberticide lorsqu’elle présente au Parlement son intention de mieux lutter contre le « racisme anti-musulman » en déployant « une stratégie de lutte contre l’islamophobie en concertation avec les représentants de l’islam » . Elle est au contraire ici parfaitement dans son rôle.
Notre association s’est donné pour objectif d’exprimer et de défendre avec détermination, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la communauté musulmane, une vision de la citoyenneté partagée qui réfute toute utilisation de la religion musulmane aux fins de réduire l’espace des droits et libertés individuelles. C’est dans cet esprit que nous sommes intervenus en faveur des droits des communautés LGBT, en faveur de la liberté de choix concernant la fin de vie, en faveur d’une lutte résolue contre l’antisémitisme, en faveur du respect des minorités à l’intérieur de la minorité
musulmane, etc. Nous aurions donc été les premiers à contester une volonté d’exploiter la religion à des fins liberticides.
Appeler à l’ouverture, résister à la tentation du repli sur soi et lutter contre la force d’attraction des discours de confrontation entre musulmans et non-musulmans est un exercice que nous pratiquons
au quotidien. Toutefois, pour gagner les esprits à cet engagement pour une reconnaissance mutuelle, nous avons besoin qu’au sommet de l’Etat, on puisse entendre que les musulmans de Belgique souffrent de trop nombreuses formes de rejet. L’attitude des opposants à la résolution du Sénat confortent ceux qui, dans nos communautés, pensent que la Belgique minimise les actes et discours islamophobes. Ceux qui se dressent en prophètes de malheur, du haut des salons dorés des assemblées où ils siègent, seraient mieux inspirés et plus crédibles si, en même temps qu’ils dénoncent le radicalisme musulman, ils prenaient également au sérieux les signaux qui leurs sont
adressés tel que ce rapport analysant de manière détaillée la situation de l’islamophobie en Belgique que nous venons de soumettre à l’ensemble des parlementaires fédéraux, régionaux et
communautaires. (musulmans progressistes)

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