vendredi 19 avril 2013

Le plan Milquet pour lutter contre les radicalismes


J.-C.M.

Joëlle Milquet entend développer un programme de lutte, surtout axée sur la prévention, contre les phénomènes de radicalisation violente et de polarisation.
"Ces phénomènes sociaux constituent une grave menace pour la survie d’une société ouverte; ils sont extrêmement complexes et il est difficile de dresser un profil standard des personnes radicalisées et de leurs comportements. Ils trouvent généralement leur origine dans les sentiments de frustration sociale ressentis par des citoyens dont la résistance morale aux conceptions violentes affiche des failles.
Le radicalisme violent revêt diverses formes et touche toutes les couches de la société. Il se nourrit à diverses sources, comme les réseaux sociaux et l’Internet, et trouve divers terreaux pour se développer.
Des politiques de prévention du phénomène (sociales, urbaines, culturelles, d’intégration, d’aide à la jeunesse ) existent déjà en Belgique et en Europe mais certains pays, comme la Hollande, ont pris de l’avance.
Confronté à divers incidents, dont le dernier en date est le départ de (jeunes) combattants belges pour la Syrie, le gouvernement belge a décidé de prendre le taureau par les cornes. D’où le programme de prévention "spécifique" mis sur pied par Mme Milquet.
Celui-ci, relève la ministre, n’aura de chances de réussir que si toutes les autorités (fédéral, Régions, communes) et tous les acteurs (enseignants, police, éducateurs, parents, monde associatif) concernés se mobilisent.
C’est à eux que s’adressent ce plan et les mesures qu’il préconise, propose ou décide. Ces mesures s’articulent autour de six axes principaux d’action: mobiliser de nombreux acteurs dans la lutte contre la radicalisation violente, axer la lutte sur la prévention en limitant "le terreau des frustrations" qui peuvent en être à l'origine, prendre en charge les détenus vulnérables, mettre en place des listes de personnes et d'associations ressources en matière de prévention, contrer les discours haineux diffusés sur la Toile et accroitre la résistance morale des personnes ou groupes exposés à la radicalisation de la violence.
Pourra-t-on toutefois les appliquer ? Ce n’est pas sûr. On a parlé de divergences de vue au plan politique mais il faut aussi tenir compte de l’avis très critique, sur le plan budgétaire, rendu par l’Inspection des finances, qui se dit "pas convaincue de l’opportunité" d’une série d’entre elles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MOBILISATION GENERALE POUR UN SURSAUT ETHIQUE

Sans avoir eu accès à la note dans son intégralité, il semble bien à lire ce bref avis que pour une fois la pétulante Joëlle est vraiment dans le bon.
Son diagnostic de départ est excellent :"Ces phénomènes sociaux constituent une grave menace pour la survie d’une société ouverte; ils sont extrêmement complexes et il est difficile de dresser un profil standard des personnes radicalisées et de leurs comportements. Ils trouvent généralement leur origine dans les sentiments de frustration sociale ressentis par des citoyens dont la résistance morale aux conceptions violentes affiche des failles. Le radicalisme violent revêt diverses formes et touche toutes les couches de la société. Il se nourrit à diverses sources, comme les réseaux sociaux et l’Internet, et trouve divers terreaux pour se développer."
Tout y est! Analysons:
"Une grave menace pour une société ouverte" cela ne fait aucun doute et c'est sans assurément le noeud du problème, on ne l'a pas assez dit. Il est insupportable qu'un noyau dur de "fouteurs de merde" se revendiquant de Sharia 4 sapent nos valeurs européennes issues des Lumières.
Ces phénomènes sont qualifiés à juste titre d'"extrêmement complexes". De fait, on ne saurait en rendre compte de manière simplificatrice. Il y a de quoi vraiment s'inquiéter quand ils touchent des ados bons élèves issus de familles bien intégrées. Non il n'y a pas de "profil standard, de portrait robots à diffuser dans la population". Il y a autre chose à faire.
Ils trouvent - qui le niera?- leur origine "dans le sentiment de frustration ressenti par des citoyens dont la résistance morale aux conceptions violentes affiche des failles" Admirable phrase qui résume tout. Ces phénomènes, c'est le drame, "touchent toutes les couches de la société" et pas, comme on l'a cru a tort, seulement les exclus les plus indigents.
Mais surtout, et nous l'avons pointé souvent, il est relayé et renforcé les réseaux sociaux et internet. Il faut bien voir que les chaines arabes et les sites radicaux bombardent en permanence la toile et les paraboles d'images atroces sur la guerre civile syrienne.
A cela il n'y a que deux antidotes. Premièrement, et on ne le fait pas ou plus assez: développer un esprit citoyen critique et autonome. Deuxièmement provoquer un recours et un retour aux valeurs éthiques.
Il est grand temps que l'ensemble des imams mouillent leur chemise ou leur caftan. Qu'ils se réunissent et prennent solennellement parti, Exécutif des musulmans en tête, contre les dérives salafistes, islamistes, intégristes, fondamentalistes.
La société belge, pays d'accueil, attend de leur part un geste fort condamnant sans appel ces dérives et proclament que l'islam est autre chose que la caricature grimaçante de Sharia 4.
La société belge tout entière attend un geste politique fort de la part des autorités fédérales, régionales et surtout communales allant dans ce sens.
Que l'islam se montre enfin sous son vrai visage et cela sans la moindre ambiguïté.
Et tolérance zéro face à l'hydre islamiste radicale.
MG

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