samedi 20 avril 2013

Les parents, solidaires de l’école

Le Soir

Ils ne tiennent pas le coup. Après quelques années, les jeunes profs quittent leur poste. Ils n’en peuvent plus. En cause ? Le stress, avant tout, puis l’attitude des directions et, enfin, celle des élèves… Prof ? Il est de bon ton de caricaturer. Facile, non ? Les congés, un quota restreint d’heures de travail prestées… Mais nous sommes-nous déjà interrogés sur ce qu’est ce face-à-face quotidien entre un professeur, seul, et vingt (dans le meilleur des cas) jeunes, dont il faut capter et conserver l’attention, gérer les curiosités mais aussi tous les questionnements personnels, dont il faut déployer les forces tout en subissant toutes les pressions du collectif spectateur ? Ouvrir la porte, seul(e), et passionner, captiver, maîtriser durant des heures cette fameuse classe ? Il faut l’avoir fait une fois au moins, pour mesurer le défi quotidien lancé à ceux et celles qui sont chargés d’enseigner. Riche, passionnant, mais lourd de stress. Et pourtant, nous, parents, sommes très exigeants envers eux : il faut que ça tourne. Avec le temps, nous nous sommes même souvent déchargés sur ces professeurs, de nombre de tâches qui nous incombent. Dont la première : l’apprentissage des limites.
Nombre de professeurs et directeurs d’école vous le diront, les premières rencontres avec les élèves en début d’année scolaire consistent, en fait, bien souvent à rétablir une aire de « jeux » avec ses limites, ses règles, pour survivre au-delà des premières semaines et se donner une chance de transmettre un savoir sans ne jouer qu’au gendarme. Ces limites, l’enfant ne les connaît plus, ou peu, quand il arrive en classe, car elles ne sont souvent pas dites, cadrées ou même existantes à la maison. Parfois même, les parents contestent le droit au prof de les imposer, dès lors que leur enfant s’en plaint. Quand ce ne sont pas eux qui les transgressent.
Si l’on veut que les profs tiennent bon et qu’ils enseignent, il faut évidemment améliorer leur coaching, leur accompagnement, en cours d’études et en cours de carrière, ou revaloriser leurs salaires, comme nous l’écrivions ce lundi. Mais il faut aussi que les parents redeviennent solidaires de l’école, et n’en soient pas simplement des consommateurs passifs. Le contrat ne doit pas être conclu qu’entre le prof et son élève, ou entre le prof et son directeur. Il doit aussi l’être entre le prof et les parents, avec pour chacun, des missions à accomplir et des responsabilités à assumer.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TROIS ADOS DE BLUM A L'ESPRIT CITOYEN

Hier, j'ai eu le privilège d'échanger avec trois rhétoriciens de Fernand Blum à propos des deux gamins partis "la fleur au fusil" faire le coup de feu en Syrie. Nous étions fatigués et on s'est lâchés un peu en parlant de tout et de rien et surtout de ce qui a pu passer par la tête de ces têtes brûlées. Ils en ont parlé beaucoup entre eux, toutes convictions religieuses et laïques confondues, avec leurs profs un peu, souvent à leur demande du reste. La parole a circulé, le débat a surgi, en classe, à la cour de récréation, dans les couloirs. Ils regrettent qu'on n'ait pas eu l'idée d'inviter des rhétoriciens à entrer en dialogue sur ce sujet avec des élèves des classes que fréquentaient les deux gamins.
J'ai été très séduit par la belle maturité intellectuelle de ces trois élèves qui paradoxalement ont acquis une culture citoyenne que j'étais loin d'avoir à leur âge malgré la qualité de l'enseignement de l'époque.
Ils/elles savent tout ce qu'un honnête homme, une honnête femme se doit de savoir aujourd'hui et surtout ils incarnent le libre examen très naturellement et sans ostentation. Ils m'ont fait comprendre qu'ils étaient très conscients que leurs parents trimaient comme des bêtes de somme pour maintenir un train de vie très inférieur à celui de leurs grands-parents et qu'ils sentaient que pour eux ce serait bien plus dur encore, qu'il leur faudrait apprendre à vivre plus sobrement et se libérer de l'esclavage de la consommation à outrance. Bref, ils sont très conscients.
Ils ont acquis au fil des années et au contact de leurs profs, de leurs camarades, de leurs parents, et aussi par la fréquentation intensive d'internet - et ils insistent là-dessus - une belle maturité. Ils se sentent autonomes et ont su conquérir leur liberté en négociant avec leurs parents qu'ils sentent moins rigides que leurs grand- parents .
"Le contrat ne doit pas être conclu qu’entre le prof et son élève, ou entre le prof et son directeur. Il doit aussi l’être entre le prof et les parents, avec pour chacun, des missions à accomplir et des responsabilités à assumer." (B. Delvaux)
C'est dire que, si la situation de l'enseignement bruxellois est préoccupante, elle est très loin d'être désespérée.
Cet échange à quatre m'a fait chaud au coeur et m'a rendu espoir dans l'école et dans la jeunesse.
C'est dire que je m'inscris en faux avec le lamento d'une internaute que j'ai sélectionné, pour l'anecdote.
On me dira que le discours de trois ados émancipés et bons élèves ne fait pas un printemps de l'enseignement. Certes mais c'est bonheur de pouvoir l'annoncer.
MG


SOLIDAIRES DE QUI ET DE QUOI? Les syndicats gauchistes des "profs" de républicanie dite France ne sont solidaires de personne . Quand on est déjà solidaires du savoir à dispenser, on consent a y consacrer plus de temps , lorsqu'on est solidaires des enfants nécessiteux et forcément les plus besogneux ,on consent a réduire les vacances pour dispenser des cours de soutien , des méthodes de travail , des cours accélérés . Quand on est solidaires des parents ,on consent a mettre en place des "études" du soir ,comme le faisaient certains vieux profs , et a aider les parents et les enfants les plus fragiles . Quand on n'est solidaires de rien ni de personne ,on prend le maximum de vacances même en temps de crise , le maximum de salaire , on crie au travail difficile ,on geint , on se plaint et on demande toujours plus de profs , de recrutés etc.. Donc plus d'adhérents syndiqués , plus de moutons de panurge ,qui plutôt que penser Histoire géographie pensent lutte des classes et socialisme .

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