jeudi 18 avril 2013

Miller recadré par Charles Michel


Mathieu Colleyn (La Libre)
Le sénateur a signé un texte contesté sur l’islamophobie.
Le MR a donc remis les points sur les "i" du sénateur Richard Miller. C’est en tout cas ce que l’on peut conclure du déroulement de la journée de lundi chez les libéraux. Elle aura démarré par une réunion des élus bruxellois. A l’ordre du jour : la polémique qui oppose depuis la fin de la semaine dernière le sénateur précité au député bruxellois Alain Destexhe. Ce dernier s’était opposé, par une lettre adressée à la présidence du parti, à un projet de résolution cosigné par Richard Miller. Ce texte, également soutenu par le SP.A, le PS, Ecolo et Groen, entendait baliser la lutte contre l’islamophobie. L’idée étant de rassembler sous ce terme une série de phénomènes discriminatoires dont les musulmans sont victimes. "Une démocratie ouverte et libre doit constamment offrir des possibilités de critiquer et de contester les idées, les convictions et les points de vue , dit le texte, toujours présent mardi sur le site Internet du sénateur MR. C’est pourquoi il faut faire une distinction claire entre la critique (religieuse) légitime et l’islamophobie."
Pour établir cette distinction, le projet de résolution reprend une liste de huit critères qui, s’ils sont rencontrés en nombre dans un discours ou, disons, une action, leur donnerait un caractère islamophobe. C’est cette liste qui a fait bondir Alain Destexhe, suivi par son parti. Ces critères et la définition de l’islamophobie qui en découle sont ainsi jugés liberticides et contraires aux valeurs libérales. Les voici :
- considérer l’islam comme un bloc monolithique, fermé et statique, incapable de s’adapter à des situations nouvelles;
- considérer l’islam comme isolé et "différent", dépourvu d’objectifs et de valeurs communs et partagés avec d’autres cultures, et comme une conviction qui n’est pas influencée par les autres cultures et sur lesquelles elle ne produit aucun effet;
- considérer l’islam comme inférieur à l’Occident et à certaines valeurs qui y sont associées, bref le taxer de culte barbare, irrationnel, primitif et sexiste;
- considérer l’islam comme violent, menaçant, partisan du terrorisme, impliqué de manière active et combative dans "un choc des civilisations";
- considérer l’islam comme une idéologie politique, utilisée à des fins politiques et militaires visant à instaurer son hégémonie;
- rejeter radicalement les critiques que l’islam formule à l’égard de l’Occident;
- faire preuve d’hostilité envers l’islam pour légitimer la discrimination et l’exclusion sociale des musulmans;
- accepter qu’une hostilité affichée envers les musulmans est un phénomène naturel et ordinaire.
N’est-ce pas le droit le plus strict de chacun de, par exemple, "rejeter radicalement les critiques que l’islam formule à l’égard de l’Occident" , plaide-t-on du côté des opposants au texte. En clair, ces critères empêcheraient toute critique de l’islam. Alain Destexhe est à nouveau monté au créneau lundi, suivi par nombre d’élus bruxellois du MR, Didier Reynders en tête. Le texte fut jugé imbuvable lors de cette réunion. La semaine dernière, le député s’était également montré hostile à l’utilisation même du mot "islamophobie" considérant celui-ci comme une création visant à empêcher toute critique de l’islam sous le couvert de la lutte antiracisme.
Lundi après-midi, c’est Charles Michel "himself" qui organisait une rencontre entre quatre yeux avec Richard Miller. A la suite de cela, une quinzaine de mandataires, dont Alain Destexhe, étaient réunis au MR. Mardi, le porte-parole répétait la position qui s’était dégagée de ces réunions de crise :
- 1 : Richard Miller, dont "la maladresse" fut soulignée, doit retirer sa signature du texte;
- 2 : le groupe au MR du Sénat est invité à rédiger une autre proposition visant la lutte contre toutes les discriminations, les libéraux ne voyant pas pourquoi il faut dissocier la discrimination envers les musulmans des autres discriminations. Les sénateurs ont entamé leurs travaux dès hier. Quand à Richard Miller, il ne semble pas avoir l’intention de retirer sa signature du premier projet de résolution avant que le texte MR soit finalisé.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN ISLAM PEUT EN CACHER UN AUTRE NOMME L'ISLAMISME​

Prenez ces huit points et appliquez-les au catholicisme et au judaïsme, à la laïcité, rien que pour voir...
Vous constaterez alors que ce texte tient parfaitement la route. Et pour l'islam? Et bien regardons cela de plus près et point par point.
1. "considérer l’islam comme un bloc monolithique, fermé et statique, incapable de s’adapter à des situations nouvelles"
A la limite, il y a autant d'islams qu'il y a de musulmans et surtout, l'islamisme est à l'islam ce que le national-socialisme est au socialisme. L'islam est le contraire d'un monolithe.
2. "considérer l’islam comme isolé et "différent", dépourvu d’objectifs et de valeurs communs et partagés avec d’autres cultures, et comme une conviction qui n’est pas influencée par les autres cultures et sur lesquelles elle ne produit aucun effet"
L'islam, le coran en témoigne, fut largement inspiré de la torah (Adam, Abraham, Joseph, Moïse, Job sont des personnages coraniques inspirés du judaïsme) et même des évangiles (il reconnait Jésus comme prophète, Marie etc)
3. "considérer l’islam comme inférieur à l’Occident et à certaines valeurs qui y sont associées, bref le taxer de culte barbare, irrationnel, primitif et sexiste";
Que l'on songe à la brillante civilisation arabo-andalouse qui s'est développée en Sicile et Espagne (du 8ème au 15ème siècle) et a eu une influence profonde sur notre culture européenne d'alors. Reste que le terme "sexiste" est de nature sinon à poser problème du moins à justifier un débat franc.
4. "considérer l’islam comme violent, menaçant, partisan du terrorisme, impliqué de manière active et combative dans "un choc des civilisations"; Cela? c'est volontairement confondre islam et islamisme (instrumentalisation de l'islam à des fins politiques)
5. "considérer l’islam comme une idéologie politique, utilisée à des fins politiques et militaires visant à instaurer son hégémonie;"
idem
6. "rejeter radicalement les critiques que l’islam formule à l’égard de l’Occident;" La critique du matérialisme exacerbé de l'occident par l'islam n'est pas tout à fait sans fondement.
7. "faire preuve d’hostilité envers l’islam pour légitimer la discrimination et l’exclusion sociale des musulmans;"
C'est une attitude indigne de démocrates mais digne du mépris nazi pour les non-aryens.
8. -"accepter qu’une hostilité affichée envers les musulmans est un phénomène naturel et ordinaire." Remplacer le mot musulmans par le mot juifs et tout le monde comprendra.

Lisez le forum des lecteurs que cet article a déclenché. Vous verrez que personne, absolument personne ne défend ces huit points.
Cela prouve que le grand public ignore totalement ce qu'est l'islam que volontiers il dabolise (notons que Iblis est largement inspiré de Lucifer). Ajoutons que la majorité des immigrés musulmans issus des campagnes est à peu près aussi ignorant. Et c'est précisément ce qui est dangereux. Pourquoi? Parce que la tentation est grande pour eux de se tourner vers l'islamisme, cette caricature grimaçante et redoutable de l'islam.
Pas besoin de caricaturer l'islamisme, il se caricature tout seul.
Il serait temps que l'enseignement du coran soit confié à des théologiens musulmans formés par nos universités et pas par d'obscurs imams importés d'Arabie Saoudite, prêchant la parole islamiste plutôt que la parole du prophète.
Ce sont des curés de campagne flamands et wallons à peu près incultes (mais pas toujours) qui pendant la seconde guerre mondiale ont prêché l'anticommunisme dans leurs paroisses perdues, incitant les gamins d'alors à s'engager dans les légions SS pour combattre le communisme en Russie.
J'ai vraiment du mal à comprendre que cette charte en huit points cosignée par Richard Miller, le libéral le plus cultivé du MR et le plus averti sur les questions touchant à l'islam ait suscité un tel tollé.
Au vrai, tout ceci n'est qu'un prétexte invoqué par l'aile dure du MR (Reynders, Destexhe etc) pour mettre Charles Michel en difficulté, une opération qui a réussi parfaitement.
Mais attention, cette stratégie ultra-droitière inspirée de celle pratiquée par Sarkozy en fin de campagne est suicidaire. En effet le MR aurait tout intérêt à se rapprocher des innombrables commerçants musulmans bruxellois qui sont des libéraux qui s'ignorent et votent socialiste par réflexe communautariste. Non, monsieur Reynders, ce n'est pas en vous immergeant dans le microcosme ucclois que vous comprendrez les nouvelles réalités bruxelloise. Prenez avis auprès de madame Schepmans nouvelle bourgmestre de Molenbeek, elle vous le confirmera.
MG


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