dimanche 21 avril 2013

OUI, IL EST TEMPS QUE L’ISLAM MONTRE SON VRAI VISAGE


OUI, IL EST TEMPS QUE L’ISLAM MONTRE SON VRAI VISAGE. Celui d’une religion qui prône la fraternité. Place le prochain au premier rang de nos actes. Fait du vivre ensemble un absolu et de la communauté de vie un lieu de rencontre et d'épanouissement de toutes et tous. Sans distinction aucune.
N’utilisons-nous pas les vocables ‘sœur’ et ‘frère’ avec le même naturel que nous respirons et mangeons ? Voici les occasions de les mettre REELLEMENT en avant. Ces valeurs que nous prétendons universelles. Valables ici et là. Valides hier et aujourd’hui. Ne pas agir, se taire, se cacher ou, pire encore, avoir peur ramènerait tout notre discours à ce que Shakespeare qualifierait de ‘words, words, words’.
Comment peut-on en tant qu’homme de foi, leader spirituel – l’imam n’est-il pas celui qui se met devant, qui guide la prière ? – ne pas condamner des ignorants déguisés en « faux prêcheur » et semant de la haine et encore de la haine, que de la haine sur leur passage ? Il est plus que temps que cet autre ‘jihad’, celui de l’effort intellectuel, de la raison, du savoir, du sens critique avec un souci permanent pour l’éthique et l’équité confronte cette irrationalité qui corrompt qui nous sommes et les valeurs que nous voulons partager avec TOUTES les autres communautés humaines. Dans le dialogue et le respect.
La communauté musulmane de Belgique doit condamner, avec force et fermeté, toute forme de discours radical qui en appelle à la haine de l’Autre. Dans une société ouverte, la priorité est toujours à la parole, à l’échange des opinions. La violence, verbale ou autre, n’a pas et n’aura jamais sa place dans une société d’hommes libres.
Comment pourrait-on, en tant que minorité, envisager autre chose ? Il y va de notre intérêt de défendre avec détermination cette société ouverte qui permet l’expression pacifique de toutes les différences. Nous en sommes les premiers bénéficiaires. La société interculturelle nous permet un épanouissement enviable. Je passe d’un monde à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un humour à l’autre avec une grande aisance, car ils sont tous miens. Je les ai apprivoisés, harmonisés en un mode de vie qui me ressemble. Je suis pluriel dans ma singularité.
Personne ne pourra me convaincre du contraire. « Mon voisin proche est meilleur que mon frère lointain » dit l’adage arabe. A 16 ans, je n’avais pas envie de combattre ou de mourir en Syrie ou ailleurs. Encore moins aujourd’hui. A 16 ans, j’avais envie de savoir, de connaître, d'aimer, d'être aimé, de m’ouvrir, curieux de tout et animé d’une énorme force de vie. Et Mahmoud Darwich de crier:
je me languis du pain de ma mère
du café de ma mère
des caresses de ma mère
jour après jour
l’enfance grandit en moi
j’aime mon âge
car si je meurs
j’aurai honte des larmes de ma mère
A.A.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"LES LARMES DE MA MERE"
.« Mon voisin proche est meilleur que mon frère lointain » C'est exactement le contraire du discours de Jean Marie Le Pen, sa fille Marine et son "cousin" Bart De Wever: J'aime mieux mes filles que mes cousines, mes cousines que mes voisines, mes voisines que des inconnus et les inconnus que des ennemis.
Ce magnifique texte de Ahmed A., mon brillant ancien élève aujourd'hui professeur en faculté me touche et me donne la force de continuer ce blog qui depuis plus de trois ans mobilise le meilleur de mes forces. Il nous montre le visage humain de l'islam et non pas la caricature grimaçante qui transforme en Gavroches islamistes de pauvres gamins bruxellois paumés, arrachés à la vigilance et à l'amour de leurs parents par ceux que l'essai de traduction du coran de Jacques Berque appelle les "dénégateurs".
"La semblance des dénégateurs est comme de mener à grands cris un bétail qui n'entend que l'appel ou l'invective : sourds, muets, aveugles, incapables sont-ils de raisonner" (coran II, 171)
A tous ceux qui pensent que l'islam n'est pas soluble dans la démocratie, ce qui suit offre un cinglant démenti:
"Il y va de notre intérêt de défendre avec détermination cette société ouverte qui permet l’expression pacifique de toutes les différences. Nous en sommes les premiers bénéficiaires. La société interculturelle nous permet un épanouissement enviable. Je passe d’un monde à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un humour à l’autre avec une grande aisance, car ils sont tous miens. Je les ai apprivoisés, harmonisés en un mode de vie qui me ressemble. Je suis pluriel dans ma singularité."
Comment ne pas adhérer à ces paroles qui sont comme les pierres d'un pont entre Belges de convictions différentes, les appelant à le construire en regardant ensemble dans la même direction.
On n'a que faire des murs réels et virtuels dressés entre les communautés de foi et celles de la pensée libre, entre croyants et incroyants, hommes et femmes, allochtones et autochtones, nationalistes et cosmopolistes...
Il est urgent de nous ressaisir tous, de secouer nos habitudes mentales, de nous débarrasser de nos oripeaux culturels usés jusqu'à la corde et de revêtir les habits du mariage des convictions. Cela demande et exigera une volonté de fer dont seule fait montre aujourd'hui une minorité éclairée. Qu'elle prenne donc conscience de l'importance de sa mission pour construire cette "convivance" dont parle Abdelaziz Kacem, un noble synonyme de vivre ensemble, de bon voisinage et de cohésion sociale.
"Il est plus que temps que cet autre ‘jihad’, celui de l’effort intellectuel, de la raison, du savoir, du sens critique avec un souci permanent pour l’éthique et l’équité confronte cette irrationalité qui corrompt qui nous sommes et les valeurs que nous voulons partager" avec TOUTES les autres communautés humaines. Dans le dialogue et le respect."
Trop peu le savent -même parmi les musulmans- le premier sens de jihad n'est pas guerre religieuse mais effort éthique et travail sur soi, "lutte intérieure contre tout désir détournant l'homme de son centre" (Ali Daddy "Le Coran contre l'intégrisme" p.75).
On aimerait que des profs de religion islamique (formés par nos universités) expliquent ce genre de choses à leurs élèves et qu'ils cessent de leur bassiner les oreilles avec des niaiseries sur ce qui serait hallal et ce qui ne le serait pas. Bref, on leur demande un supplément d'esprit critique, de bon sens et une parole franche et transparente. Est-ce vraiment leur demander l'impossible? A nous de rassembler les briques et de mobiliser les ouvriers pour construire cette société interculturelle qui seule nous sauvera du suicide collectif que nous promet le "Choc des civilisations" annoncé par Huntington. Opposons-lui fermement et franchement, le dialogue des civilisations, des hommes et des femmes de bonne volonté.
MG

MONIQUET: “ON VIT SOUS LA MENACE D’UN ATTENTAT”

Claude Moniquet, expert en contre-terrorisme, revient avec nous sur les événements à Boston et en Belgique.
Dont les liens ne sont pas si ténus.

COMMENT EXPLIQUER QU’AUTANT PRENNENT LES ARMES, RISQUENT LEUR VIE ?

“Il faut relativiser les chiffres. On parle de 80 à 300 personnes. C’est beaucoup et inquiétant. Et c’est à la fois très peu : il y a à peu près 600 à 800.000 musulmans en Belgique. Et entre 80 et 300 jeunes qui sont partis. On a toujours eu ça : on a eu des jeunes qui sont partis en Afghanistan, en Irak,… Quant au fait de prendre les armes, ce sont des gens qui sont très loin dans la conviction qu’il faut aller se battre contre les chiites. C’est aussi ça : une guerre de religion à l’intérieur de l’islam, pas seulement contre la dictature.”

C’EST UNE AVENTURE ?

“Pour ceux qui ont dépassé la vingtaine, ce n’est pas une aventure, c’est un engagement. Ceux de 15-16 ans, c’est de l’aventure, de la transgression, de mauvaises influences.”

LA BELGIQUE COURT-ELLE UN RISQUE REEL ?

“Il y a deux problèmes pour la Belgique. Pour ceux qui sont très jeunes, il y a manifestement un problème légal. Ce sont des mineurs. Ensuite il y a un problème de sécurité, certains reviendront dégoûtés. D’autres reviendront chargés à bloc et auront appris sur le terrain à manier des armes. Il y a même une forme de plaisir, de l’adrénaline. Certains reviendront plus dangereux qu’ils ne l’étaient au départ.”

BLOQUER LEUR DEPART NE RISQUE-T-IL PAS DE LES FAIRE SE SENTIR MENACES ?

“Il y a un risque, connu. Pour les prédicateurs extrémistes, pour les recruteurs, c’est du pain bénit. Il ne faut pas rester sans rien faire évidemment.”

D’OU LES MESURES DE CES DERNIERES SEMAINES…

“Dans les mesures préventives proposées, il y en a qui sont illusoires. Confisquer la carte d’identité, je ne vois pas sur quelle base légale on peut le faire. Ensuite, s’il y a des filières, ils trouveront des faux papiers. Enfin, en terme de droit pénal, l’intention n’est pas punissable. En préventif ce qu’on peut vraiment c’est s’attaquer aux recruteurs, aux réseaux.”

PEUT-ON CRAINDRE DE VOIR DES EVENEMENTS COMME CEUX DE BOSTON, PRATIQUEMENT IMPREVISIBLES, DECOULER DE TOUT CELA ?

“C’est effectivement une des menaces. On l’a vu en France avec Merah ou Jean-Louis Sidney. Maintenant avec Boston. On vit toujours sous la menace d’un grand attentat commis par Al Qaeda, ou par un groupement lié à Al Qaeda, comme Aqmi. Mais ce sont des types d’attentats qui demandent une organisation, beaucoup de moyens, de gens. Et donc autant de possibilités de les repérer.”

À BOSTON, ILS N’ETAIENT QUE DEUX…

“Il semble que ce soit une toute petite cellule formée par deux frères. Par définition on ne peut pas l’infiltrer. S’ils sont prudents, on ne verra pas ce qu’ils préparent avant de passer à l’acte.”

C’EST INQUIETANT.

“C’est très inquiétant. Moins qu’un attentat comme le 11/09, Madrid ou Londres évidemment. Ces cellules font moins de victimes, leur manière de travailler est plus artisanale. Mais ce sont toujours des victimes de trop. Il y a d’autre part une menace sociale.”

AVEC LE RISQUE DE CONFONDRE EXTREMISME RELIGIEUX ET MAUVAISE INTEGRATION ?

“Oui, chez ces new jihadistes , des convertis ou des musulmans nés et élevés chez nous, on voit souvent, pas toujours, des problèmes d’intégration. C’est un mélange de sentiment d’exclusion, de rejet, à tort ou à raison, et d’une idéologie qui les fait passer à l’acte.”

ON SE RETROUVE AVEC UN CONCEPT DE TERRORISME QUI N’EST PLUS LIE A LA POLITIQUE.

“On est dans une espèce d’infraterrorisme, du terrorisme flou. Quand les gens du 11/09 jettent leurs avions dans les tours, les raisons sont claires. Quand on en arrive à mettre une bombe à la fin d’un marathon, on peut trouver des raisons idéologiques, mais c’est très vague, très flou.”

EN REACTION AU MALAISE DE CETTE JEUNESSE, PEUT-ON VOIR UNE AUTRE JEUNESSE, EXTREMISTE, REAGIR ?

“Le risque existe. J’écrivais il y a quelques années que si des mesures n’étaient pas prises pour endiguer la radicalisation, pour lutter contre l’islamisme, on risquait d’avoir un affrontement entre islamistes et une extrême droite raciste, qui réagirait par peur, par haine. À leurs yeux, ces attentats sont du pain bénit, la démonstration de ce qu’ils disent : “Les musulmans ne peuvent pas s’intégrer”. On a eu un seul cas, pour le moment, c’est celui de Breivik à Oslo.”

Interview > Baptiste Marchal


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
COLLUSION

"Si des mesures ne sont pas prises pour endiguer la radicalisation, pour lutter contre l’islamisme, on risque d’avoir un affrontement entre islamistes et une extrême droite raciste, qui réagirait par peur, par haine."
Il est temps que les musulmans progressistes se lèvent (ils le font), et que les musulmans modérés, éclairés, européanisés fassent entendre leur voix et qu'ils nous disent clairement, à haute voix et à visage découvert, leur solennelle adhésion à nos valeurs démocratiques et pluralsites comme le fait Ahmed A. dans son texte, à mes yeux fondamental et auquel DiverCity adhère pleinement et sans la moindre réserve.
MG



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