mercredi 15 mai 2013

Abdication ou pas? La clarté s’impose


Béatrice Delvaux
Le Soir

Cela ne s’arrêtera pas. La machine est lancée. Les informations et les scénarios relayés par les milieux diplomatiques et politiques s’accélèrent depuis quelques mois. Depuis la révélation de ce qui est désormais une certitude –  « Le Roi est fatigué et, dans des circonstances idéales, il souhaiterait passer la main »  –, les allusions se succèdent. Certains évoquent désormais une passation de pouvoir entre le roi Albert II et son fils Philippe pour l’automne. Aucune confirmation mais deux évidences : 1) ça grenouille et 2) les occasions vont se multiplier, et à chacune d’elles, les allusions vont repartir de plus belle, que ce soit à l’occasion de l’anniversaire du Roi en juin, de la Fête nationale le 21 juillet avec les festivités pour les vingt ans de règne, ou de la Fête de la dynastie. Ajoutons la pression internationale : elle fut déjà « maximale » lors de la transmission de pouvoir entre la reine Beatrix et son fils Willem Alexander. Mais la royauté belge va devoir sans doute vivre la succession en Espagne entre Juan Carlos et Felipe et le partage de tâches accru entre la reine Elizabeth et son fils Charles.

Dès lors que le tabou sur l’envie d’abdication a été levé, et que cette information circule et rebondit, il n’y a qu’une manière d’en reprendre la maîtrise : informer et faire la clarté. Que ce soit pour dire qu’Albert II n’a aucunement l’intention d’abdiquer (maintenant, avant les élections, en 2015, etc.) ou pour annoncer que la décision est prise et d’en donner le timing, quel qu’il soit.

La nécessité d’être clair se fait d’autant plus pressante que les informations en circulation sont propagées par des milieux proches du pouvoir, du gouvernement et du Palais.

Les supputations actuelles finissent en effet par nuire à l’institution monarchique, à la crédibilité du successeur – dont on n’arrête plus d’ausculter les capacités, de les comparer à ses peut-être futurs collègues, pour en général en douter. Elles nuisent aussi aux autres membres de la famille royale, où Astrid, en particulier, est désormais examinée, disséquée comme alternative possible à son frère, au titre de régente, et non comme une princesse qui remplit au mieux ses tâches humanitaires, parlant dans un néerlandais certes imparfait, mais dont les enfants sont parfaitement bilingues. Ce thriller royal, s’il persiste, ce dont nous doutons désormais peu, va peser surtout sur la bonne gestion des affaires gouvernementales. Un souci dont Di Rupo Ier n’a pas le luxe.



 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA FORMULE TRADITIONNELLE ET NORMALE DANS UNE MONARCHIE EST: "LE ROI EST MORT, VIVE LE ROI".


Tout le reste n'est que supputations.

Ce qui est sûr c'est que notre souverain qu'on dit très fatigué ne survivra pas à la terrible crise de régime qui s'annonce au lendemain des élections de 2014.

Tout ce qui se dit, se colporte sur les aptitudes de son fils ainé à lui succéder ne peut que rendre plus dangereuse cette crise sans l'expérience et le bon sens de Albert II roi citoyen.

S'il devait quitter le trône, en ce moment de tourmente, n'est pas de nature à nous rassurer. Il est clair qu'aussi bien Dehaene que Verhofstadt que Di Rupo ont instrumentalisé la couronne pour sortir de diverses impasses. On nous dira que c'est de bonne guerre.

AlbertII a fait mine de se laisser faire tout en accompagnant la manoeuvre, les manoeuvres avec beaucoup de bon sens, de finesse et de lucidité.

Il y a de fortes chances que la monarchie belge de lui survive pas.

On évoque ici l'éventualité d'une régence de Astrid. Nonsense, comment justifier l'impossibilité de régner de Philippe? On rêve.

A moins bien sûr qu'il ne renonce au trône. Rien n'indique en tout cas que ce soit son intention.  Que du contraire. N'oublions pas qu'il a dit un jour "ik ben een taaie". Philippe le Coriace, après Albert le Débonnaire. Ca promet! Pas bon pour le vivre ensemble, la convivance.

MG

  

 

 

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