lundi 6 mai 2013

Bruxelles: «L’emploi est au coeur des priorités»

Gil Durand, Louis Colart (st.)
Le Soir

LA REGION VA VIVRE UN BOOM DEMOGRAPHIQUE AUX NOMBREUSES CONSEQUENCES. COMMENT S’EN SORTIR ? ON A POSE LA QUESTION AUX DIFFERENTS INTERVENANTS DE NOTRE GRAND DEBAT DE CE LUNDI SOIR, A BOZAR. VOICI LEURS PRIORITES.
Quelles sont les urgences bruxelloises, en terme de démographie, de fracture économique, en terme institutionnel ? Pendant une semaine, du 4 au 8 mai, Le Soir mène l’enquête. Et invite les 10 partis à en débattre, le lundi 6 mai. Pour lancer ce débat, nous avons demandé aux intervenants (Didier Reynders, Didier Gosuin, Olivier Deleuze, Laurette Onkelinx et Joëlle Milquet) de nous donner, déjà, leurs priorités pour répondre au boom démographique à Bruxelles. Vous pouvez, vous aussi, participer, en postant vos questions et commentaires dans le chat ci-dessous.
LES TROIS PRIORITES DE DIDIER GOSUIN (FDF)
1. Emploi. Il faut, selon Didier Gosuin, un plan régional de qualifications et de formations « avec l’obligation pour les demandeurs d’emploi de se remettre en mouvement ». « Bruxelles est la Région la plus sinistrée en matière d’emploi, il faut un plan pour Bruxelles, décidé par les différentes entités responsables (Communautés, Régions…) ».
2. Mobilité. Didier Gosuin réclame une planification contraignante de mobilité entre l’état fédéral et les 3 régions et, à défaut, « la mise en place du péage urbain ». « Il faut un plan réel, précis pour lutter contre la congestion de Bruxelles. Il y a urgence. »
3. Logement. La proposition de Didier Gosuin : « L’instauration d’une allocation loyer encadrée applicable sur le marché privé financée par une juste contribution de toutes celles et tous ceux qui tirent avantage de la ville sans y contribuer ».
LES TROIS PRIORITES DE DIDIER REYNDERS (MR)
1. Emploi. Didier Reynders souligne de son côté que « l’emploi est au cœur des priorités » pour Bruxelles. Il préconise notamment de lancer « des plans pour la formation des jeunes, pour pourvoir les milliers d’emplois qui nécessitent une qualification ».
2. Le rayonnement international. « On ne porte pas assez l’image de Bruxelles à l’étranger », estime le ministre des Affaires étrangères. « Il faut redonner du souffle et de l’ambition à l’image de notre ville ».
3. Mobilité. Didier Reynders propose d’impulser « un véritable plan de concertation » sur la mobilité à Bruxelles. « Il faut réfléchir à comment nous pouvons mélanger les différents moyens de transport à Bruxelles », pense le Vice-Premier.
LES TROIS PRIORITES D’OLIVIER DELEUZE (ECOLO)
1. Formation. Améliorer le taux d’emploi via la formation, c’est une évidence pour Olivier Deleuze qui pointe le paradoxe : Bruxelles crée beaucoup d’emplois mais a aussi énormément de chômeurs. « Il faut que la former les jeunes pour que leur acquis correspondent mieux à la demande en matière d’emploi », nous glisse son porte-parole. « C’est le chantier prioritaire ».
2. Logement. Le passif est énorme, à Bruxelles, en matière de logement, et les enjeux… aussi !, estime Ecolo qui, met tout en œuvre pour améliorer la situation avec Christos Doulkeridis, son secrétaire d’Etat bruxellois en charge du Logement.
3. Qualité de vie. Une priorité qui en regroupe plusieurs mais qui est « un vrai objectif en soi ». « L’avenir de la planète se jouera dans les villes, où de plus en plus de gens vivent », dit-on chez Ecolo. « Il faut que ce soit le choix de la facilité grâce à des services tels que : commerces de proximité, parcs, qualité de l’air, crêche, etc. ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET L'INTERCULTUREL BORDEL!

En somme ils disent tous la même chose à quelques détails près.
Belle unanimité pour ignorer superbement l'absolue priorité qui touche à réforme radicale de notre enseignement bruxellois. Pas un mot sur le développement de la métropole urbaine Er plus fort encore: tous d'ignorer superbement l'importance à accorder à la dynamique interculturelle. Charles Picqué, lui non plus, n'en dit pas un mot dans ses adieux larmoyants à la présidence.
Y aura-il une femme ou un homme politique qui s'emparera de cette banière et relèvera le defi des défis : celui du dialogue entre les cultures et les convictions dans le respect de chacune d'elles et la défense par tous de nos valeurs démocratiques et pluralistes.
MG

Pour mémoire donc voici ce qui'il faut entendre par interculturel.
OSER L’INTERCULTUREL C’EST :
- relever un fameux défi au moment où les communautarismes gagnent du terrain.
- plaider pour une Région bruxelloise qui, riche de ses différences, symbolise la devise européenne : « L’unité dans la diversité ».
- faire en sorte que Bruxelles devienne ce qu’elle est en germe : une cité cosmopolite où les diverses cultures présentes se fécondent pour déboucher sur une «culture commune» qui à la fois les englobe toutes et les dépasse.

L’interculturel est le meilleur ciment de la cohésion sociale car elle vise à faire en sorte que chaque bruxellois qui occupe un «espace social» de la cité, y trouve sa place en tant que citoyen responsable. Elle permet au citoyen de participer à sa vie en y apportant sa contribution et ses potentialités tout en y bénéficiant de ses solidarités.

Pour réussir le pari de l’interculturalité, il faut promouvoir la mixité culturelle et sociale et lutter contre toutes les formes de ghettoïsation et de repli identitaire. L’actualité nous démontre chaque jour, la nécessaire utilité et l’urgence de cette démarche qui est la raison d'être de DiverCity.
De plus, la dynamique interculturelle n'est pratiquement jamais évoquée par les médias traditionnels dans sa potentialité inductrice de cohésion sociale et de réalisation de la CONVIVANCE, autrement dit du vivre ensemble, à Bruxelles.


EXIT PICQE

Les hommages à Picqué à l'Iris m'ont fait penser à un éloge funèbre du prince défunt, le jour de sa crémation.
Je lis ceci dans la Vlan:
QUELS SONT LES DEFIS DE VOS SUCCESSEURS POUR BRUXELLES?
Faire fonctionner ce bidule qu'est la Région bruxelloise.
Assurer la paix communautaire.
Eviter d'être freiné par des querelles linguistiques.
Relever le défi démographique.
S'attaquer à la problématique du chômage des jeunes (+21% en quelques années)
Poursuivre les efforts de rénovation des quartiers.
Confirmer la vocation internationale de Bruxelles (troisième région la plus productrice de richesse d'Europe par tête d'habitant)
Veiller au bon déroulement du transfert des compétences venant du fédéral lors de la sixième réforme
Relever le défi de la mobilité qui exige des investissements majeurs.
Picqué prône ce qu'il nomme "la coopération/compétition avec les deux communautés (ne pas s'isoler, Bruxelles n'est pas une île)
Coopérer avec les autres en se faisant respecter. C'est le principal enjeu d'hier d'aujourd'hui et demain.

Et encore une fois pas un traître mot sur l'interculturel moteur de la cohésion sociale.
MG

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