jeudi 2 mai 2013

Chronique d’une réconciliation annoncée

Un édito de Frédéric Chardon. La Libre

Ce 1er mai, un boulevard politique s’est ouvert. Le PS et le MR vont s’y engouffrer et leur balade va durer un an exactement : elle s’achèvera aux élections de 2014. Les deux mâles dominants vont capter toute la lumière ces prochains mois grâce à un jeu très bien rôdé qui va monter en puissance au fil du temps. Ils vont s’opposer, se déchirer, se vomir. Pour le MR, l’Etat-PS sera la cible à déstabiliser, il faudra déplacer le centre de gravité politique. Pour les socialistes, les libéraux devront être tenus en laisse pour ne pas risquer un détricotage de l’État-providence. Cette dure dialectique va permettre aux deux partis, étape après étape, de monter en puissance par la reconquête momentanée des déçus au sein de leur électorat traditionnel. C’est que les meilleurs ennemis du monde se renforcent l’un l’autre, ils le savent tellement bien PS et MR se retrouveront pourtant, très probablement, à la même table des négociations pour la constitution annoncée douloureuse du prochain gouvernement fédéral. Et, dans la foulée, des exécutifs des entités fédérées. Comme toujours, il faudra consentir à des compromis, à des accommodements raisonnables entre des formations que tout oppose sur le papier. Ce jeu est-il toxique pour autant ? Les libéraux et les socialistes mentent-ils à la population ? Sans angélisme, la réponse est non. Les militants de base bleus et rouges se détestent, c’est vrai. Mais le réalisme politique face à la victoire annoncée des nationalistes flamands imposera aux francophones un minimum de bonne volonté. Finalement, la réconciliation prévisible des deux frères ennemis a quelque chose de sain.


COMMENATAIRE DE DIVERCITY
ÉCŒURANT

Cet édito m'a mis dans une sainte colère. Non pas qu'il soit mal écrit ou qu'il propose une analyse fausse de la situation un an avant les élections les plus périlleuses de notre histoire. Non, bien au contraire ce qui m'écœure c'est le cynisme des deux coqs, le rouge et le bleu qui feignent de fausses indignations pour mieux s'étreindre après les élections.
Comment l'électeur que l'on chauffe à blanc contre l'ennemi héréditaire ne se sentirait pas cocu, le jour où ils entreront dans les mêmes majorités au régional comme au fédéral. De plus, tout se passe comme si on vivait dans deux pays: une Flandre (totalement passée sous silence) et une entité Wallobrux que notre constitution ignore superbement. Pas un mot sur le vivre ensemble entre ces deux "pays", pas un mot sur le vivre ensemble entre communautés ethniques et culturelles différentes et la dynamique interculturelle à mettre en place.
Surtout, 22,4 % des jeunes Belges sont au chômage.
Et contre cela, nos chefs de partis tonitruants ne peuvent visiblement rien. C'est révoltant et nous conduira de fait, tôt ou tard, à la révolte comme en 1848 ou en 1968. Il y a de fortes chances que cette chienlit sera européenne et violente.
L'Europe aura besoin de dirigeants aguerris, des Churchill, des De Gaulle, des Spaak, des Gasperi au cuir dur, capables d'affronter les orages annoncés.
MG

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