samedi 11 mai 2013

Comment Merkel a évincé Verhofstadt


F.Vt. La Libre Belgique

Admirée en Allemagne, détestée dans le sud de l'Europe, Angela Merkel est LA figure européenne du moment. Pourtant, c'est "une Allemande (presque) comme les autres", selon sa biographie. Morceaux choisis.
Angela Merkel n’est que chef de l’opposition allemande. Mais elle projette sur l’Europe sa grille de lecture nationale. Qui dit victoire, dit pouvoir. Le PPE (*) vainqueur d’élections européennes devrait avoir la main pour la nomination du président de l’exécutif.
Ce n’est pas la coutume. Les hommes forts du Conseil européen, au premier rang desquels le chancelier Schröder, comptent bien garder la main sur ce poste, traditionnellement attribué au terme d’une diplomatie secrète entre chefs d’État et de gouvernement européens. Le président de la République Jacques Chirac et le chancelier ont déjà leur candidat pour succéder à l’Italien Romano Prodi : leur "ami Guy" Verhofstadt, le Premier ministre belge. C’est un des leurs. C’est un Européen. Ils s’estiment parfaitement fondés à l’imposer.
Angela Merkel n’est pas d’accord. "Son principal problème est qu’il était le candidat de Schröder. Nous avions gagné l’élection européenne. Schröder propose alors Verhofstadt sans même nous consulter. Sa réaction n’était pas tant contre Verhofstadt lui-même que contre Schröder et Chirac", se souvient un membre du PPE.
Merkel, d’un côté, Schröder et Chirac, de l’autre, se placent dans des optiques totalement différentes. Pour les seconds, la nomination du président de la Commission est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux partis et aux électeurs. C’est une affaire entre "chefs" et si possible autour d’un whisky ou d’une bière. Verhofstadt est un libéral flamand, il n’appartient à aucun des camps respectifs des deux dirigeants. L’important est qu’il soit leur homme, le candidat commun de l’incontournable tandem franco-allemand.
MACHIAVEL A BRUXELLES
Merkel qui interprète le vote européen comme un scrutin interne veut tirer jusqu’au bout le fil de son avantage. L’arithmétique parlementaire doit prévaloir. Elle reproduit, à quelques variantes près, la stratégie des candidats surprises qui lui a si bien réussi contre Schäuble pour la présidence fédérale. Le PPE n’a pas de candidat naturel contre Verhofstadt. La traditionnelle rencontre des dirigeants PPE, qui se tient avant chaque sommet européen, doit être l’occasion de reprendre la main. Douze chefs d’État et de gouvernement européens et une dizaine de chefs de partis d’opposition, parmi lesquels Angela Merkel, se retrouvent les 16 et 17 juin au château du Bouchout, près de Bruxelles.
Jacques Chirac "n’est pas venu pour des raisons d’État". Il n’a jamais été très assidu aux réunions du PPE et "il ne s’est pas toujours bien fait représenter", rapporte un habitué. Le Français absent, le maître du jeu au PPE est le chef de l’opposition en Allemagne. Angela Merkel tire les ficelles avec le consentement silencieux du chef du parti, Wilfried Martens, un démocrate chrétien belge, peu fâché de voir l’horizon de son compatriote libéral Verhofstadt s’obscurcir.
Elle avance d’abord le nom de l’ancien commissaire européen, le respecté Chris Patten. Elle sait que la nomination d’un Britannique est fort peu probable. Mais la stature de Patten fait de l’ombre à Verhofstadt. "Il fallait utiliser quelqu’un pour empêcher quelque chose et ensuite faire en sorte que l’on puisse former un consensus avec quelqu’un d’autre", décrypte un protagoniste de ce sommet.
La candidature du Belge a déjà du plomb dans l’aile quand Patten est finalement écarté. [ ]
L’éviction de Verhofstadt est souvent présentée comme un oukase des Britanniques qui trouvaient le Belge à la fois trop fédéraliste et trop peu atlantiste (il s’était lui aussi opposé à la guerre en Irak). C’est méconnaître la diplomatie de l’ombre qui s’est jouée dans les coulisses du PPE pendant les semaines qui ont précédé le conseil de juin.
(*) Parti populaire européen.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAUVRE EUROPE

Imaginons un instant que Guy Verhofstadt soit devenu président de la Commission européenne. On nous avait expliqué que c'étaientt les Anglais qui l'avaient écarté (comme ils avaient écarté Dehaene), on nous rapporte ici que ce serait en fait la faute de Merkel. Belle exemple de transparence. On peut imaginer que "Verhofstadt Président" pour reprendre la formule de Hollande, la crise européenne (le déficit total de confiance vis à vis de l'UE) aurait sans doute pris une tout autre tournure. Rappelons que Guy Verhofstadt est un partisan engagé du dialogue interculturel.

Un internaute commente sans vergogne: "M Verhofstadt étiqueté libéral est un socialiste déguisé. La preuve: pendant huit ans il a mené en Belgique une politique PS ...pour rester au pouvoir. Il y beaucoup d'opportunistes en politique mais il sans aucun doute le champion."
Voilà le genre de commentaires insupportables qu'on peut lire sur le forum de la Libre. Les détracteurs les plus effrontés polluent sans vergogne l'espace d'expression au nom de la liberté de parole. Ils mentent, ils mentent mais il en reste toujours quelque chose.
On aura du mal a trouvé plus européen authentique dans l'hémicycle européen que Guy Verhofstadt, un vrai libéral qui a eu le cran de signer "Debout l'Europe" un pamphlet fédéraliste européen avec Cohn-Bendit, un vrai écolo, authentique européen, cosmopolite franco-allemand. Marre de ces forumeurs grincheux séniles, des Méphistos qui toujours nient et polluent les espaces de libre expression!
MG




Aucun commentaire: