vendredi 24 mai 2013

La N-VA perd du poids, le PS en petite forme


Francis Van de Woestyne

ET SI DES ELECTIONS AVAIENT LIEU CE DIMANCHE ?

Coup de tonnerre dans le ciel flamand et wallon. Le baromètre réalisé par l'Institut "Dedicated" pour La Libre Belgique et la RTBF réserve quelques surprises.

Au Nord du pays, la N-VA, pointée à 39% en février dernier, connaît une véritable dégringolade: la voici à 32,8 % des intentions de vote en Flandre, soit moins 6,2% en trois mois. La perte est sévère. Et c'est... le Belang, parti d'extrême droite, qui recueille les fruits de ce recul alors que cette formation avait connu plusieurs ressacs successifs. Le Belang reprend un peu du poil de la bête (plus 4,6%) mais il demeure toutefois à la cinquième place avec 12,9% des intentions de vote.

Si la N-VA connaît cette perte importante, elle demeure le premier parti de Flandre en intentions de vote. Avec 32,8%, les nationalistes flamands sont encore très très loin devant le deuxième parti classé, le CD&V qui lui obtient 15,9%. Certes, c'est un gain de 1,8%, mais les démocrates chrétiens, autrefois en cartel avec la N-VA, constituent désormais une force deux fois moins importante que la N-VA.

Les socialistes flamands, malgré les interventions dynamiques et répétées du vice-Premier ministre Johan Vande lanotte et son action énergique en faveur des consommateurs, observent un recul de 0,8%: il repassent de la deuxième à la troisième place.

Les libéraux flamands connaissent des résultats en dents de scie: de 13,7% aux élections fédérales de juin 2010, ils étaient retombés à 11,6% en septembre 2012 et même à 9,6% en novembre 2012. Après une étape à 10%, ils remontent à présent à 12,9 % et reprennent sans doute une partie des pertes de la N-VA. Ils sont emmenés par la nouvelle idole libérale flamande, Maggie De Block, secrétaire d'Etat à l'Immigration.

Mauvais résultat en revanche pour Groen ! (6,5%, en recul de 2,2%).

Au Sud du pays, ce sont les socialistes wallons qui éprouvent de sérieuses difficultés. Certes, le PS demeure le premier parti wallon, mais la formation passe sous la barre très symbolique des 30%. Depuis la Libération, ce n'est arrivé qu'à deux reprises et très récemment: aux élections de 1999 (29,1%) et lors du scrutin de 2007 (20,4%). Et ce qui est assez remarquable, c'est la distance entre le PS et le deuxième parti: lors des élections de 2010, cet écart était de 15,4 % (PS, 36,6 et MR 22,2). Aujourd'hui, la distance entre les deux partis n'est plus que de 4,6% (28,6% pour le PS et 24% pour le MR). Toutefois, ce ne sont pas les libéraux qui profitent le plus de la chute du PS: ce sont les écologistes qui remontent de 1,8%, à 14,7%. On pourra trouver cela surprenant car les ministres verts ont éprouvé pas mal de difficulté à gérer leurs dossiers (le photovoltaïque en région wallonne, le 4 G à Bruxelles). Peut-être y a-t-il un effet "Calimero": plus on critique un parti et plus il y a un mouvement de protection de la part des électeurs qui, à d'autres moments, vont voir ailleurs.

Le président du PS, Paul Magnette, éprouve donc des difficultés à convaincre un électorat volatile. Son discours "barre à gauche" ne parvient pas à endiguer l'érosion que subit le parti, ni en Wallonie, ni même à Bruxelles où le PS est également en souffrance (moins 1,4%): les socialistes occupent la deuxième place du classement dans la capitale (19,9%) derrière les libéraux (21,9%) en recul eux aussi (moins 0,9%). Ce sont aussi les écologistes bruxellois (12,4%, soit plus 1,8%) qui recueillent les fruits de ressac socialiste.

Côté cdH, les résultats sont en demi-teinte: le parti humaniste progresse de 0,6% en Wallonie (4e à 12,9%), à Bruxelles, le cdH est à la cinquième place (9,8%, soit moins 1,6%), derrière le FDF (11,4%, plus 0,4%).

Tous les résultats, toutes les analyses sont à lire dans "La Libre" de ce samedi.

Ce sondage a été effectué par Internet du mercredi 15 mai au lundi 20 mai 2013 sur un échantillon représentatif de 2703 électeurs belges. Marge d'erreur maximale: 1,9% sur l'échantillon total.

LES TENDANCES SE CONFIRMENT...

La VRT/De Standaard pointe également une belle progression de Groen (9,5%), ce que ne confirme pas La Libre/RTBF. Malgré un tassement général, le MR reste le premier parti bruxellois, tandis que l'écart se réduit, en Wallonie, avec le leader socialiste. En Flandre, hormis la tendance baissière de la N-VA, les deux sondages de vendredi présentent des situations contrastées.

L'Open Vld ne s'y porte pas bien (entre 10 et 13%). Deuxième et troisième, le CD&V et le sp.a affichent une certaine stabilité, entre 14 et 17%. Le VB est aux alentours des 10-11%.

 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NO COMMENT

Chacun tirera ses conclusions. Il reste un an avant les élections cruciales de 2104. En politique douze mois c'est extrêmement long et nous sommes dans l'ère de l'imprévisible. Ce qui est net c'est qu'à force de vouloir séduire l'électorat du Belang, la N-VA le perd et qu'en voulant se radicaliser à gauche le PS perd des partisans en croyant en gagner.

L'abdication d'Albert II est de plus en plus prévisible  tandis que les conséquences de son départ sont franchement imprévisibles.

MG

 

"SIRE, N'ABDIQUEZ PAS MAINTENANT"

V.d.W.

C'est le message des Belges au souverain. Wallons, flamands et bruxellois pensent que le Roi devrait régner aussi longtemps que sa santé le lui permettra.

La réponse des Belges est claire. Majoritairement, ils souhaitent que le roi Albert II reste sur le trône aussi longtemps que sa santé le lui permettra. C’est, parmi les scénarios évoqués, celui qui recueille la plus forte adhésion parmi les Belges que nous avons interrogés. En moyenne 34 % des personnes souhaitent qu’il demeure le plus longtemps possible aux commandes. La proportion passe à 44 % en Wallonie et à Bruxelles et elle est de 27 % en Flandre. Partout, dans les trois régions du pays, cette solution est la plus souvent plébiscitée.

Si l’on ajoute les personnes qui souhaitent qu’il abdique après les élections de 2014, quand le gouvernement fédéral aura été constitué (16 % en moyenne pour le Royaume) et celles qui estiment que le Roi pourrait abdiquer d’ici deux à trois ans (10 %) on obtient une très forte majorité de personnes (334 + 16 + 10, soit au total 60 %) qui estiment que le Roi doit tenir bon et ne pas renoncer au trône dans l’immédiat alors que certaines rumeurs font état d’un retrait anticipé, à l’été ou l’automne prochain.

Il y a, en revanche, un certain nombre de personnes qui jugent qu’Albert II devrait abdiquer dès maintenant : 20 % des personnes interrogées en Flandre, 15 % en Wallonie et 13 % à Bruxelles, soit une moyenne de 17 % des personnes interrogées sur l’ensemble du territoire.

Il est intéressant de détailler les différences qui existent entre les personnes suivant leurs préférences électorales (les pourcentages ne figurent pas dans les tableaux). On remarque que ce sont les socialistes bruxellois qui sont les plus fervents défenseurs du Roi, à savoir ceux qui demandent que le chef de l’Etat reste le plus longtemps possible à la barre (52 %). Viennent ensuite, à égalité, les électeurs bruxellois du CDH et du MR (50 %). Ils sont 40 % parmi les électeurs d’Ecolo dans la capitale.

En Wallonie, ce sont les électeurs libéraux qui sont les plus nombreux à souhaiter son maintien (50 %), suivis des électeurs CDH (44 %) puis écologistes (43 %) et enfin socialistes (41 %). En Flandre, les plus grands supporters d’Albert II se recrutent au CD&V (43 %) puis au SP.A (35 %) et encore chezGroen! (34 %). On notera qu’il y a quand même 23 % des électeurs du VlaamsBelang qui souhaitent que le Roi reste aussi longtemps que sa santé le lui permettra, soit bien plus que chez les libéraux flamands (16 %).

Ceux qui souhaitent un départ rapide du Roi, sont les plus nombreux parmi les électeurs du FDF (36 %), un pourcentage qui est assez surprenant. Suivent ensuite, en pourcentage, les électeurs du Vlaams Belang (31 %), puis de la N-VA (30 %). Ensuite on trouve les partisans du CDH (25 %) et du PS (22 %).

 

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