jeudi 16 mai 2013

La Wallonie dépassera la Flandre en 2087


Frédéric Chardon

 Pourtant, le gouvernement wallon a mis en œuvre de bonnes politiques.

Les statistiques économiques sont souvent impitoyables pour la Wallonie. D’autant plus que son économie est condamnée à être jugée en permanence face au miroir flamand, bien plus doré. On a beaucoup parlé ces derniers jours de la relative réussite des politiques initiées par le gouvernement wallon pour redresser le sud du pays : 1er plan Marshall, plan Marshall 2. vert, pôles de compétitivité, etc.

Mais, au fait, combien de temps faudra-t-il à la Wallonie pour rattraper la Flandre ? Si c’est possible en tout cas "La Libre" a fait réaliser le calcul par un économiste spécialisé : on prend la croissance économique flamande et wallonne de ces dix dernières années sur la base du PIB (produit intérieur brut), on en établit la moyenne (4 % pour le nord, 4,4 % pour le sud, inflation comprise) et on la projette dans l’avenir. Stupeur : il faudra 75 ans (calcul à partir de 2012) pour que le PIB/habitant wallon dépasse le PIB/habitant flamand. Autrement dit, le basculement est prévu pour 2087. Dur à avaler. Les jours wallons qui chantent, ce n’est pas pour tout de suite.

Alors, on ferme boutique ? L’Union wallonne des entreprises ne le pense pas, même si son département "Economie" confirme que le calcul est juste et que, toutes choses restant égales, l’estimation des 75 ans est tout à fait crédible. "Même si c’est un exercice très mécanique, il n’en est pas moins juste. Il traduit un état de fait , analyse en effet Didier Paquot, le directeur du département "Economie" de l’UWE. L’Union wallonne des entreprises a toutefois deux réserves : tout d’abord, on préfère la bouteille à moitié pleine que la bouteille à moitié vide. On préfère regarder l’avenir et dire qu’il faut une croissance d’autant et une création d’emplois d’autant pour revenir à un niveau de plein-emploi plutôt que de partir des chiffres du passé".

COMPARAISON N’EST PAS RAISON

Seconde nuance de l’UWE : arrêtons de mesurer la Wallonie à la Flandre. "Le but du redressement wallon n’est pas d’arriver au même niveau que la Flandre. Le but est le plein-emploi, le retour à la prospérité et d’assumer l’autonomie qui sera la nôtre dans les prochaines années."

Si on calcule le taux de croissance moyen non pas sur les dix dernières années mais à partir de 2008, moment où les premiers effets du plan Marshall ont commencé à se faire sentir, l’exercice est plus favorable, note-t-on encore à l’UWE. "Il ne faudrait plus que 30 ans pour que le PIB wallon rattrape le PIB flamand. Mais c’est quand même énorme en soi. Cela prouve une chose en tout cas : il y a une grande urgence. On ne peut plus se contenter de la situation actuelle. Il faut accélérer les politiques, les restructurations, se doter d’une politique industrielle plus ambitieuse, un marché du travail plus efficace qui permette de lutter contre les pénuries dans la main-d’œuvre qualifiée et même non qualifiée", ajoute Didier Paquot.

"IL FAUT Y ALLER PLUS FORT"

Pourtant, les plans de redressement économique ne manquent pas en Wallonie Toutes ces politiques sont déjà prises en compte par le gouvernement wallon. "Oui, les plans en eux-mêmes sont bons mais c’est une question de mise en œuvre et d’amplitude. Il faut y aller plus fort, plus vite, être plus efficace. Par exemple, l’accompagnement des chômeurs doit encore être beaucoup plus systématique et beaucoup plus porté sur les résultats."

Question : quelle devrait être, idéalement, la croissance économique wallonne ? "D’ici 2022, il faudrait créer en Wallonie environ 30 000 emplois par an. Actuellement, on en crée 10 000. En termes de taux de croissance du PIB, il faudrait entre 3 à 3,5 % de croissance par an en termes réels (sans l’inflation,NdlR ). C’est plausible mais pas réalisable si on ne s’attaque pas aux défis que j’ai mentionnés. Ces taux ne seront pas atteints dans ce cas. Quoi qu’il en soit, il n’y a plus une minute à perdre "

Au fait, ici, on raisonne sur la base de la notion de PIB. Or, le gouvernement wallon vient de se doter de nouveaux indicateurs du développement (bien-être,environnement ), présentés comme complémentaires au PIB. Un cache-sexe pour les difficultés économiques du sud du pays ? "Pour la Wallonie, le PIB reste un bon indicateur car il faudra de la croissance pour résoudre le chômage et la pauvreté. Ces nouveaux critères, c’est très bien. Mais la première urgence pour la Wallonie, c’est d’augmenter son PIB, d’accroître son activité économique."

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SAUVER LA HAUTE MEUSE

Une émission émouvante de la RTB nous a montré les charmes et les beautés de la Haute Meuse. Un paradis. Et pourtant si on y dépêchait Jean Quatremer de Libé, il nous en rapporterait un de ces reportages dévastateur dont il a le secret: routes défoncées, poubelles débordant d'immondices, friteries répugnantes tous les dix kilomètres et urbanisation de villas bas de gamme qui vous gâtent un paysage intact à en pleurer de rage. Campings zonards, pédalos en formes de cygnes Dysneyland et hordes de motards inciviques.

Les deux cependant sont vrais. On aimerait que Rudy Demotte mette son petit casque de chantier, quitte son Elysette namuroise pour aller vérifier cela sur place. Et qu'il convainque son gouvernement, son parlement de refaire de cette région un paradis touristique et gastronomique. Serait-ce déraisonnable de la transformer en région spécialisée dans le bio, les volailles et les viandes de belle qualité ?

Les motards ont compris les charmes de cette région. Tellement bien compris qu'ils l'envahissent par hordes entières les WE ensoleillés transformant ce paradis en enfer pour les riverains qui n'en peuvent plus de tant de bruit. La région laisse faire et se laisse insulter par eux à cause de l'état des routes ardennaises. Debout Rudy, debout!

MG

 

 

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