mardi 14 mai 2013

Le pape demande de "garantir la protection juridique de l'embryon"

AFP et La Libre

extraits



LE PAPE N'AVAIT JAMAIS PARLE DE MANIERE EXPLICITE DE CES SUJETS SENSIBLES.

Le pape François a demandé dimanche solennellement "une garantie juridique de l'embryon", "pour protéger tout être humain depuis le premier instant de son existence".

Lors de la prière du Regina Coeli, le pape, qui n'avait jamais parlé de manière explicite de ces sujets sensibles, a aussi défini "la défense de la sacralité de la vie humaine" comme un thème central de "l'année de la foi", qui sera au centre d'une cérémonie au Vatican les 15 et 16 juin.

Le pape a évoqué un recueil de signatures actuellement en cours dans les paroisses italiennes pour soutenir l'initiative intitulée "Uno di noi" proposée à l'Union européenne par les mouvements pour la vie.

Il a rendu hommage à cette lutte "pour garantir une protection juridique à l'embryon, protégeant ainsi tout être humain dès le premier instant de son existence". Le pape a précisé qu'aura lieu au Vatican les 15 et 16 juin la Journée de "l'Evangelium vitae" ("Evangile de la vie"), un "moment particulier pour tous ceux qui ont à coeur la défense de la sacralité de la vie".

Le sujet de la défense de la vie -- avortement, euthanasie, bioéthique -- est hautement conflictuel entre l'Eglise catholique et les sociétés d'Occident. Jean Paul II et Benoît XVI avaient adopté les positions intransigeantes sur ces "valeurs non négociables", positions que reprend sans ambiguïté le pape argentin, qui ne s'était jamais exprimé directement sur ces thèmes depuis qu'il a été élu sur le trône de Pierre.

Pour l'Eglise, la vie étant un don de Dieu, l'avortement et l'euthanasie ne peuvent être en aucune façon admis.

"REPONDRE AU MAL PAR LE BIEN

Le pape François a appelé dimanche les "nombreux chrétiens" persécutés dans le monde à "avoir le courage de leur foi" et à "répondre le mal par le bien", lors de la canonisation d'un Italien décapité au XVème pour avoir refusé de se convertir à l'islam.

 

LES MISSIONAIRES CHRETIENS DOIVENT RESPECTER LES CULTURES

Le pape François a exhorté les missionnaires chrétiens à aller évangéliser "dans les lieux les plus reculés" mais toujours "en respectant la culture" sans "s'opposer à elle", lors d'une cérémonie dimanche sur la place Saint-Pierre.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UN PAPE COMME LES AUTRES ET UN SAVANT EXCEPTIONNEL PLUS VRAIMENT CATHOLIQUE


Un internaute commente: "Le 14 mars, Francesco montrait son masque d'homme "gentil et conciliant": une tête de "bon papa". Cela ne pouvait pas durer. La période publicitaire est terminée. En excellent jésuite qu'il est, il commence dès aujourd'hui à rappeler petit à petit au monde les idées arrêtées de cette secte appelée Eglise. Ce n'est pas encore ce pape-ci qui sera le reflet idéal de l'Evangile."

 

Quelle étroitesse d'esprit par rapport à ce grand savant, ce sage proche d'un Jésus "dépouillé des contingences historiques, politiques, sociales et religieuses de son époque, ainsi que de tout l'habillage mythique construit autour de sa personne et du carcan doctrinal ou normatif dans lequel une autorité dogmatique l'a enfermé" qui nous a quittés récemment et à qui DiverCity voudrait rendre humblement hommage.

"Christian de Duve questionnait sans cesse l'origine du vivant. Osant toutes les interrogations et débouchant, souvent, sur des débats philosophiques qui faisaient de lui un esprit libre et totalement indépendant. Libéré des dogmes et des tropismes, Christian de Duve a honoré la Pensée et la Raison qui sont les deux filles du pays de la Science. ("Eddy Caekelberghs - Président UAE.")

Il se dit que Gabriel Ringlet se préparerait à organiser un hommage laïc dans une église proche de la demeure du défunt. Quel contraste avec le jésuitisme papal.

"LORSQUE JE DISPARAITRAI, JE DISPARAITRAI, IL NE RESTERA RIEN. » 
Comment oublier le regard bleu intense de cet homme doux, affable et profondqui, jusqu'à son dernier souffle, a obéi à la raison souveraine. 

Il faut regarder et écouter la  petite vidéo où Béatrice Delvaux raconte comment se déroula l'ultime interview du dernier prix Nobel belge vivant, celle où il lui expliqua en toute sérénité son intention de demander l'euthanasie, comme le fit Hugo Claus.

"Belle mort" commente un internaute et il ajouteRespect! Jusqu'à la fin, inéluctable, il a pu guider sa vie par ses propres choix, dans la sérénité et la sagesse." Un autre: "Monsieur, je ne vous connais pas personnellement, mais nous avons eu l'occasion de bavarder il y a 50 ans. J'avais 18 ans. Vous avez marqué toute ma vie. Respect. Vous avez décidé, avec votre sagesse et votre force de volonté, de terminer dans la beauté de la discrétion."

"D'autres présentent comme des gens remarquables des vieillards séniles s'accrochant à leur fonction jusqu'à leur dernier souffle en offrant un spectacle misérable. A chacun sa conception du courage et de la liberté." commente un internaute, lui aussi éperdu de respect pour c"Mensch" comme disent les juifs quand ils veulent dire de quelqu'un qu'il est un sage ou un juste."

Tous les internautes ne sont pas de cet avis, loin s'en faut. 
Lisez les commentaires réprobateurs des lecteurs de la Libre qui ne sont pas prêt à recevoir le message magnifique d'un professeur de l'Université Catholique de Louvain qui qualifia les princes de l'Eglise catholique romaine domiciliés au Vatican de: "petit cénacle auto-perpétué de vieillards célibataires et misogynes, souvent d’une intelligence brillante, mais engoncés dans leur pourpre, leurs rites, leurs certitudes et leur prétention de légitimité."
Venant d'un homme aussi brillant cela fera peut-être réfléchir.


On relira avec émotion quelques extraits d'une interview que le Vif lui consacra il y a quelques mois. Ci-joint également quelques passage du beau texte de GuyDuplat dans la Libre.


Les sages vivent parmi nous, humbles, discrets ils font entendre leur voix quelques fois et nous refusons de les écouter, fous que nous sommes. Tous nous disent que nous allons au suicide collectif. Rien n'y fait, nous refusons obstinément de changer. "Si on continue dans la folie de la compétition (notre péché originel), on va à la catastrophe". Christian de Duve "croyait dans le rôle des femmes, en la force possible des religions si celles-ci pouvaient être moins dogmatiques et accepter l’indispensable limitation généralisée des naissances."Mais voilà, même le pape des catholiques est dans l'égarement.

MG

 

CHRISTIAN DE DUVE NOUS LAISSE FACE A NOS IMMENSES DEFIS

Guy Duplat La Libre (extraits)

« La mort, ce serait beaucoup dire qu’elle ne m’effraye pas, mais je n’ai pas peur de l’après car je ne crois pas. Lorsque je disparaîtrai, je disparaîtrai, il ne restera rien. »

Il s’affirma comme un penseur inquiet de l’évolution du monde qui, pour lui, fonce droit sur un mur à cause de l’égoïsme « génétique » (le « péché originel de l’homme », disait-il) des individus et des groupes incapables de voir rationnellement ce qu’il faut faire à long terme pour assurer la survie solidaire de la planète. Il n’hésitait pas à envisager à moyen terme, la fin possible de l’humanité telle que nous la connaissons.

Il avait cette volonté d’exceller toujours qu’il avait apprise auprès de ses professeurs jésuites mais, en même temps, ces exigences "d’honneur et de service" qu’il avait retenues de ses années de scoutisme.

Chez les Jésuites anversois et bilingues, « J'ai appris le grec en flamand et le latin en français. » Il était le premier dans sa classe, tout en étant plus tard un adolescent mal dans sa peau.

Or, déjà, il ne croyait pas en l’institution de l’Eglise et avait des doutes sur le dogme chrétien. Le principe d’un dogme était difficile à accepter pour un scientifique soucieux d’avancer par la rigoureuse méthode scientifique.

Ses livres récents l’ont amené à se dire que l’homme n’est pas forcément le sommet de la vie et qu’elle pourrait rebondir autrement, que la vie existe sans doute ailleurs dans le cosmos et que si on continue dans la folie de la compétition (notre péché originel), on va à la catastrophe. Pour contrer cela, il croit dans le rôle des femmes, en la force possible des religions si celles-ci pouvaient être moins dogmatiques et accepter l’indispensable limitation généralisée des naissances. Dans cette réflexion, il s’en est pris fortement à l’Eglise vaticane, n’hésitant pas à parler d’un "petit cénacle auto perpétué de vieillards célibataires et misogynes, souvent d’une intelligence brillante, mais engoncés dans leur pourpre, leurs rites, leurs certitudes et leur prétention de légitimité."

"Nous ne faisons pas que découvrir le monde mais contribuons à le construire"



Christian de Duve Image Globe

LE VIF/L'EXPRESS : COMMENT LES TRAITS LIES A LA SELECTION NATURELLE S'EXPRIMENT-ILS AUJOURD'HUI DANS UN MONDE QUI A FONDAMENTALEMENT CHANGE ? 

Christian de Duve : Je vois le monde en biologiste, pas en philosophe. Mon guide, c'est Charles Darwin. La théorie de la sélection naturelle apporte une illumination permanente sur le monde. Comment la définir ? A partir de formes différentes nées par hasard, c'est l'émergence de celles qui sont le mieux adaptées à survivre et à se reproduire dans les circonstances existantes. Nous sommes le produit de cette sélection naturelle. 

Nos lointains ancêtres, il y a quelque 100 000 ans, vivaient en petites bandes de 30 à 40 individus, qui avaient comme seuls buts de survivre et de se reproduire. Le premier trait génétique qui va permettre la survie est l'égoïsme de groupe, impliquant une solidarité en son sein. Mais, entre elles, ces bandes se disputaient les meilleurs terrains de chasse, les plantations les plus riches, les endroits les mieux protégés, les femelles les plus désirables. Dès lors ont émergé d'autres traits génétiques, l'hostilité et l'agressivité entre groupes. Ces traits génétiques imprimés dans notre génome n'ont pas beaucoup changé. Aujourd'hui encore, on retrouve le même héritage. Seule la nature des groupes a changé. 

La sélection naturelle se contente de laisser émerger ceux qui sont le plus capables de le faire. Elle agit dans le présent, ne connaît pas l'avenir, ne prévoit rien. Or vous, moi et nos semblables sommes les seuls êtres vivants à pouvoir agir contre la sélection naturelle et à pouvoir suppléer à ce qu'elle ne fait pas : prévoir les répercussions de certains événements, prendre des décisions en conséquence et agir en fonction de celles-ci. Même au prix d'un mal présent pour un meilleur futur. 

L'HOMME ETANT LE SEUL A AVOIR LA FACULTE D'AGIR CONTRE LA SELECTION NATURELLE, POURQUOI NE S'EST-IL PAS DEBARRASSE DES ASPECTS NEGATIFS DE CELLE-CI ? 

Corriger ces traits par ingénierie génétique est hors de question pour le moment. Nous n'avons pas les moyens techniques de modifier nos gènes et, même si nous les avions, nous ne saurions pas quel morceau d'ADN enlever et par quel morceau le remplacer. Nous ne pouvons agir qu' « épigénétiquement », en jouant sur ce qui s'ajoute au génétique et éventuellement le supplante mais ne le change pas. Nous pouvons agir par l'éducation. Qui dit éducation dit éducateurs. Qui va éduquer les éducateurs ? Ma conclusion est que nous avons besoin de guides. Un de ces guides est Jésus. Pour moi, Jésus est un homme, comme ces autres guides que sont Bouddha et Confucius. Jésus a aussi été un rebelle, un révolutionnaire, un prophète. Mais son enseignement principal va précisément à l'encontre de nos caractères génétiques. A l'hostilité entre groupes, il substitue l'amour et le pardon. Il s'élève contre la poursuite effrénée du profit, contre l'emploi des armes. Ce message-là est exactement celui dont nous avons besoin. Je l'appelle le message «jésuiste», à l'image des messages bouddhiste et confucianiste, qui lui sont parallèles. Je ne l'appelle pas message chrétien, que je n'aime pas parce que ce terme englobe toute une mythologie. Pour moi, le message de Jésus est celui d'un sage, mais strictement humain. Message que l'on a transformé au cours du temps. 

 

 

 

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