vendredi 10 mai 2013



LE SOS DES ECRIVAINS FLAMANDE

Christian Laporte
La Libre Belgique

Cent écrivains tirent la sonnette d’alarme le jour de la liberté de la presse.
PEN Vlaanderen, c’est la section belge néerlandophone de PEN International qui promeut la littérature et défend la liberté d’expression. Elle réunit des dizaines d’écrivains.
Dans une déclaration solennelle, les auteurs se disent "profondément inquiets de la qualité du journalisme. Ici, l’Etat n’étouffe pas directement la liberté de la presse, ou alors de manière occasionnelle. Nous ne sommes pas en Chine. Mais ce qui ne lui nuit pas de l’extérieur la ronge de l’intérieur."
Pour PEN Vlaanderen, "les médias eux-même portent atteinte à leur liberté. Partout en Occident, les médias commerciaux font face à une baisse des recettes - les consommateurs se tournent vers des informations gratuites, les annonceurs s’en vont - et ces pertes doivent être compensées par des récits toujours plus sensationnels, des conflits plus dramatiques et une narration plus violente, le tout rédigé par des rédactions toujours plus dépeuplées, qui doivent travailler dans des contraintes de temps toujours plus sévères".
Selon les écrivains flamands, la mise en lumière de l’Offshore-leaks, la plus grosse révélation journalistique de ces dernières années est symptomatique : "elle est venue d’abord du secteur non-marchand, ce qui est quand même significatif".
Pour PEN Vlaanderen "presque tous les mass media flamands sont commerciaux : leur logique primaire est celle de l’audimat, des chiffres de vente, du taux d’écoute ou du visiteur unique enregistré. En faisant systématiquement primer les parts de marché sur l’intérêt public, la liberté de la presse est réprimée petit à petit".
Pire : la Belgique est descendue à la 21e place dans le Press Freedom Index de "Reporters Sans Frontières". "Nous voici aux côtés de la Pologne. Il y a dix ans, nous occupions encore la 7e place. Un sursaut de critique médiatique n’est pas parvenu à inverser la tendance". Certes, des analyses pointues sont accueillies dans des canaux modestes comme Apache, DeWereldMorgen, Actua-TV, Doorbraak, Mo,... mais sont souvent ignorées des grands médias. "La crise de ces dernières années rend plus nécessaire que jamais une presse libre et de qualité, mais cette presse est une partie du problème".
PEN Vlaanderen plaide dès lors pour "davantage de journalisme d’investigation, davantage d’explication (cartes, dossiers, infographie, contexte), moins d’opinions (éditoriaux, tweets, sondages), davantage d’informations sur l’étranger et l’Europe, moins de focalisation obsessionnelle sur la rue de la Loi car le pouvoir s’est déplacé." Les écrivains veulent aussi "plus d’autorégulation et moins d’aversion pour la critique externe et moins d’exagération de conflits futiles".

La presse flamande s'auto-censure face à la N-VA. Toute critique à l'encore de Bart de Wever et de ses lieutenants est proscrite, par crainte de représailles.


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