vendredi 31 mai 2013

Les clans Reynders et De Wolf à couteaux tirés


Mathieu Colleyn

La Libre Belgique

LE FEU AUX POUDRES AU MR BRUXELLOIS.

Pour l’heure, la présidence du MR se contente de découvrir dans la presse les ambitions de chacun quant à la ministre-présidence de la Région de Bruxelles-Capitale, dit-on dans l’entourage de Charles Michel. Ce dernier ne souhaite pas commenter les propos tenus hier dans nos colonnes par Vincent De Wolf. Le chef de groupe MR au Parlement Bruxellois y a rappelé qu’il était candidat à la ministre-présidence, en toute logique finalement puisque c’est lui qui a été désigné tête de liste à la Région. Le bourgmestre d’Etterbeek a ainsi répondu non sans fermeté au positionnement de plus en plus clair de Didier Reyndersquant à ses ambitions bruxelloises. Ces dernières furent répétées par le ministre des Affaires étrangères et par ailleurs président de la régionale bruxelloise de son parti il y a quelques jours dans "La Libre", puis sur le plateau de la RTBF. Pour rappel : il se dit lui aussi prêt à devenir ministre-Président bruxellois. C’est donc une bonne mise au point de la part de Vincent De Wolf, confie en substance un député régional. "Tout le monde n’a pas aimé la sortie deReynders... il ne doit pas s’imaginer qu’il peut débarquer à Bruxelles et croire que tout doit passer par lui", ajoute-t-il.

SORTIR DE LA CRISE PAR LE HAUT

Pourtant, les déclarations de Vincent De Wolf n’ont en rien dispersé l’odeur de soufre qui plane sur les libéraux bruxellois. Que du contraire, il a visiblement fâché une partie du parti. "J’ai beaucoup d’amitié pour Vincent De Wolf qui a une grande culture politique et une grande expérience dans la gestion des choses locales, persifle Armand De Decker, bourgmestre d’Uccle. Il ferait un excellent ministre, mais je pense que le futur ministre-Président doit avoir une dimension nationale". Pourquoi ? Parce qu’il estime que Bruxelles sera l’enjeu principal des élections de 2014 et que la capitale demeurant le ciment du pays, il faudra des personnalités fortes à sa tête.

Comme d’autres, l’ancien président du Sénat tique sur le fait que Vincent De Wolf estime pouvoir constituer sa liste électorale sans Didier Reynders, pourtant élu président de la régionale du MR. "Du jamais vu", selon Armand De Decker. Une entaille dans la culture du parti, pour Alain Destexhe, député bruxellois, qui réclame ni plus ni moins un nouveau scrutin interne "afin de sortir de cette crise par le haut".

DE WOLF, TETE DE LISTE EN SURSIS ?

Et en coulisses, on papote. On glose même sur le manque d’envergure supposée de Vincent De Wolf. "Avec lui, on n’a aucune chance, glisse un député libéral. Didier Gosuin va faire un carton et le PS va se ranger comme un seul homme derrière Rudi Vervoort comme il sait si bien le faire""Avec cette interview, Vincent De Wolf s’est tiré une balle dans le pied. Ce sera un prétexte pour ceux qui voudraient changer la tête de liste." Un autre libéral va plus loin : "Il redonne médiatiquement vie au groupe Renaissance", qui avait expulséReynders de la présidence du MR pour lancer Charles Michel. "C’est de la folie." Chez les reyndersiens, on se demande si l’interview de Vincent De Wolf était concertée avec Charles Michel.

Bref, le torchon brûle et n’est pas prêt de s’éteindre. "Ce sont deux candidats légitimes, je déciderai le moment venu, nous verrons", avait déclaré Charles Michel interrogé lundi sur les antennes de Télé Bruxelles. Le temps de la clarification présidentielle appelée de ses vœux par Vincent De Wolf n’est pas pour toute de suite.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE MR ECARTELE


Nous autres Bruxellois voulons le meilleur ministre président quelle que soit sa couleur!

Sept pages de commentaires de forumeursc'est bien la preuve que les Bruxellois sont sur la balle "et pas un peu" comme on dit chez nous. Un de ces nombreux forumeurs commente:

"Ce qui est dramatique dans la situation actuelle de notre pays c'est cetteparticratie omniprésente. Chacun tire la couverture vers soi. Dans tous les domaines, depuis la petite enfance jusqu'à la pension le mal a été fait. On ne sortira jamais de cette spirale."

"Nous méritons un Président d'envergure avec une vision et un poids sur la scène nationale.
Avec des deuxièmes couteaux comme De Wolf ou pire encore Onkelinx, ce serait la certitude de voir Bruxelles redevenir une sous région cogérée par le Nord et le Sud."

Et attention à ceci qui doit nous faire réfléchir:
"Je voterai Reynders au fédéral. Jamais pour De Wolf à la Région.
Pour la Région je voterai NVA car ma voix dans le collège flamand de Bruxelles vaudra l'équivalent de 12 voix du collège francophone."

Intéressant, mérite une sérieuse réflexion. (12 voix? non deux)

Voilà qui  nous donne une raison de plus pour voter "anti NV-A" en votant flamand mais "contre" la N-VA. On a le choix: VLD, SPa, CD&V ou BGroenmais surtout pas et en aucun cas N-VA. Qu'on se le dise!
Mais attention il ne s'agit pas de douze voix mais de deux. C'est déjà deux fois plus qu'une! Un internaute bon pédagogue explique pourquoi: "11,25% des voix ont été émises pour des partis NL aux dernières régionales, ils ont obtenu 19% des sièges.
Fort logiquement, 1% de voix NL "valent" 1,69% des sièges.
88,75% des voix ont été émises pour des listes FR, et ont obtenu 81% des sièges. 1% de voix FR "valent" donc 0,91% des sièges.

Une voix NL "vaut" donc 1.8 fois plus qu'une vois FR.
Du reste, même si la moitié des électeurs bruxellois votait pour la N-VA, le nombre de sièges dévolus au groupe NL serait toujours 17."

Exact! Donc en votant "flamand" à Bruxelles, l'électeur s'offre deux voix au lieu d'une!

Retenons également que "Un succès (fort probable) de Reynders à BXL ferait beaucoup d'ombre à Charles Michel face au demi-succès du MR en Wallonie. Aussi simple que cela...Reynders ferait mieux de passer au FDF, où il serait bien plus respecté que dans la propriété des Michel."

Autrement dit: le différent Michel-Reynders écartèle le MR un an avant l'élection de tous les dangers au profit du FDF et du PS.

MG


Aucun commentaire: