lundi 27 mai 2013

"Cibler les formations en langues sur les métiers"


Solange Berger



A LA TETE DE BRUXELLES FORMATION DEPUIS 1996, MICHEL PEFFER PREND SA RETRAITE EN JUIN. EN 17 ANS, LE SECTEUR DE LA FORMATION A BIEN CHANGE.

Quelque 16 250 personnes ont été formées par Bruxelles Formation en 2012. Un chiffre en constante évolution et qui a triplé en 15 ans. Bruxelles Formation est l’organisme public chargé de la formation professionnelle des adultes francophones en Région bruxelloise. Il s’adresse tant aux demandeurs d’emploi qu’aux travailleurs. Michel Peffer dirige cet organisme depuis mai 1996, soit moins de deux ans après sa création. Il aura 65 ans le 28 juin, et prend sa retraite à ce moment-là. L’occasion de faire un bilan.

VOUS ETES RESTE 17 ANS A LA TETE DE BRUXELLES FORMATION. EN 17 ANS, VOUS AVEZ DU VOIR UNE EVOLUTION IMPORTANTE.

Effectivement. Notamment au niveau du public. Nous sommes passés d’un public qui venait se former pour se réorienter ou se recycler et qui avait un travail, à un public peu qualifié, souvent sans emploi. Le problème sur Bruxelles est qu’on a une inadéquation entre les offres d’emploi qui exigent des profils qualifiés et un public qui ne l’est pas. La question que nous devons nous poser est la suivante : comment augmenter le niveau de qualification des Bruxellois pour que les emplois disponibles ne leur échappent pas ?

COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS CETTE FAIBLE QUALIFICATION ?

Cela peut se comprendre si l’on regarde les quatre éléments d’intégration que sont la famille, l’école, l’armée et l’entreprise. En ce qui concerne la famille, on sait que certains Bruxellois ne parlent pas français ou néerlandais chez eux, qu’ils sont livrés à eux-mêmes, qu’ils n’ont jamais vu leurs parents travailler,... Ils arrivent à l’école avec un manque de connaissances de base, ce qui finit par se traduire par de l’agressivité, notamment. Or, les formateurs n’aiment pas les perturbateurs ... Avant, il y avait l’armée où l’on pouvait apprendre beaucoup de choses : lire, écrire, taper à la machine, conduire un camion, se lever le matin, etc. Quant à l’entreprise, comme facteur d’intégration, il faut d’abord pouvoir y entrer, c’est-à-dire avoir les compétences pour remplir les fonctions demandées.

COMMENT REAGIR A CETTE EVOLUTION ?

Il faut être proactif. Au niveau des langues, notamment. Nous avons des gens qui ne parlent ni français ni néerlandais. Comment, dès lors, leur donner une formation qui a du sens ? Il faut d’abord permettre aux gens de comprendre la langue dans laquelle se fera l’enseignement. On fait alors une remise à niveau ciblée sur les métiers concernés, et puis une formation dans ces métiers. Il est aussi hors de question de faire des bilingues de gens qu’on prend au bas de l’échelle. On propose, dès lors, des formations en langues ciblées sur les métiers.

VOUS OFFREZ UN LARGE EVENTAIL DE FORMATIONS.

Nous en avons plus de 200. Sans compter celles proposées par nospartenaires. Il s’agit de formations qualifiantes et gratuites pour les chercheurs d’emploi, notamment orientées vers l’apprentissage d’un métier dans les secteurs professionnels présents à Bruxelles. Nous proposons aussi des formations en management, en gestion financière, Parmi les demandeurs d’emploi, il y a aussi de nombreux universitaires. Nous travaillons aussi étroitement avec les entreprises pour proposer à leurs travailleurs des formations adaptées à l’évolution des métiers. Nous coordonnons également tout ce qui se fait en matière de formation socioprofessionnelle sur BRUXELLES.

VOUS DEVEZ SANS CESSE VOUS ADAPTER AUX BESOINS. CERTAINS METIERS ONT BIEN CHANGE EN QUELQUES ANNEES…

Dans la construction, par exemple, on travaille assez bien sur l’écodéveloppement. Nous avons construit une maison passive pour apprendre à travailler ces nouvelles techniques. Nous essayons d’être le plus proactif possible. Nous avons un service qui ne fait que réfléchir aux nouvelles formations, à l’adaptation aux besoins actuels, Et 60 % de nos formations se font en liaison avec des fonds sectoriels.

EN 2006, VOUS AVEZ LANCE LA FORMULE TREMPLIN. DE QUOI S’AGIT-IL ?

Nous avons constaté que bon nombre de personnes qui venaient chez nous avaient des carences, en mathématiques, en langues, en formation citoyenne, Par exemple, il leur manquait certains principes de base comme apprendre à sourire, à se lever le matin, à se laver En 2011, nous avons lancé un Tremplin jeunes destiné spécifiquement aux 18-25 ans.

LA FORMATION EN GENERAL DOIT-ELLE EVOLUER ?

Il faudrait commencer par simplifier les choses, car on a tendance à multiplier les structures. Il est important d’avoir une plus grande visibilité, car souvent, les gens ne s’y retrouvent pas. Il faudrait une réflexion sur les outils, mettre en place des benchmarks, voir ce qui se fait ailleurs, Mais le problème des qualifications est plus général. Il ne faut pas imputer à la seule formation tous les maux


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"APPRENDRE A SOURIRE, A SE LEVER LE MATIN, A SE LAVER, ILS NE PARLENT NI LE FRANÇAIS, NI LE NEERLANDAIS ET NE SAVENT PAS ECRIRE"


Tout est dit. Diagnostic terrifiant. Il est facile de dire: l'enseignement a raté sa mission.  C'est bien plus grave: c'est carrément notre société qui a échoué globalement.  

On redresse la barre comment? Et on en fait quoi de ces bons à rien?

No future, chaos!

MG

 

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