mercredi 15 mai 2013

Les professeurs de religion islamique sont autorisées à porter le voile


avec Belga et Le Soir

Les établissements scolaires ne peuvent pas obliger les enseignantes de religion islamique voilées à ne porter le voile qu’en classe, pendant les cours, et l’interdire ailleurs dans l’établissement, selon un arrêt du Conseil d’État.

Le Soir (Dominique 
Duchesnes)

Le Conseil d’État estime que les professeurs de religion islamique ne sont pas tenus au devoir de neutralité, pas plus d’ailleurs que ceux d’autres religions reconnues. Le Conseil établit dans son arrêt que « porter tout signe d’appartenance religieuse, y compris vestimentaire, est inhérent à l’enseignement des religions reconnues et n’est pas limité aux heures de cours et aux locaux auxquels ils sont affectés. »

Cet arrêt a une portée générale en Fédération Wallonie-Bruxelles et est définitif, souligne La Dernière Heure

La Fédération Wallonie-Bruxelles rappelle que les règles en matière de voile dans l’enseignement communal sont très claires et que le décret indique que la professeur de religion musulmane a le droit de porter le voile durant son cours, mais pas si elle donne d’autres cours que la religion.

Le Conseil d’État oblige donc Grâce-Hollogne à modifier son règlement d’ordre intérieur et à retirer la disposition qui autorisait aux enseignantes de religion islamique de porter le voile mais uniquement dans leur classe et pendant les cours, et pas ailleurs dans l’établissement.

Grâce-Hollogne croyait pouvoir opposer le principe de neutralité de l’enseignement et le devoir des professeurs de respecter la liberté de conscience des élèves.

Pour l’enseignante voilée qui a le soutien du Mrax, c’est l’aboutissement d’un combat de deux ans et demi qui lui a notamment coûté de ne pas être renouvelée. Celle-ci a d’ailleurs introduit un recours contre Grâce-Hollogne, rapporte la DH.


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

MARQUEURS DE DIFFERENCE


Le conseil d'Etat le confirme: le voile est donc bien un marqueur de différence au sein de l'espace public scolaire qui, en tout état de cause se devrait d'être un espace d'indifférence. Indifférence non pas à l'autre mais à sa différence, justement.

Le professeur de religion islamique féminin sera donc désormais reconnaissable dans l'école de tous par tous et par toutes, comme le curé par sa soutane (peu la portent encore), la technicienne de surface par son cache-0poussière et ses gants de caoutchouc, le prof de chimie sa blouse de labo, le prof de gym son training.

Le conseil d'Etat prescrit-il de s'abstenir de lui serrer la main?

D'aucuns y verront une victoire, d'autres une défaite. Pour le dialogue interculturel s'est surtout une déconvenue.

MG

 

 

Aucun commentaire: