vendredi 10 mai 2013

Qui sont ces blogueurs ‘influents’?


Entretien: Dorian de Meeûs La Libre

"ÊTRE SUR LES RESEAUX SOCIAUX ET LES BLOGS, CELA NE NOUS FAIT PAS GAGNER D’ARGENT, ÇA C’EST CLAIR!"
Extraits:
Sur la toile, certains twittos ou blogueurs sont plus suivis que d’autres… Ils donnent leurs avis, recadrent des débats et partagent des infos pertinentes ou polémiques. Ils sont ainsi devenus des symboles des réseaux sociaux. LaLibre.be vous propose un entretien croisé entre Michel Henrion, ancien journaliste, consultant en communication et auteur du blog "Demain, on rase gratis!" et Marcel Sel, ancien rédacteur publicitaire, polémiste et auteur du blog "Un blog de Sel".
VOUS ETES TOUS DEUX TRES ACTIFS SUR INTERNET : BLOGS, CHRONIQUES, TWITTER, FACEBOOK,… MAIS QUI ETES-VOUS DANS LA VIE ET QUELLE EST VOTRE EXPERIENCE ?
MICHEL HENRION : Mon passé de journaliste a été élargi aux médias et à la communication en général. J’ai été très longtemps journaliste de presse écrite et j’ai travaillé 8 années dans la communication politique pour Guy Spitaels, qui était un ami. Aujourd’hui, j'use de cette expérience médiapolitique comme chroniqueur à RTL-TVI, Bel-RTL ou Marianne Belgique.
MARCEL SEL : J’ai commencé en dilettante sur une radio libre comme journaliste. Cette expérience m’a marqué. Après, j’ai fait de la publicité en tant que rédacteur publicitaire. J’ai continué à faire de la communication plus institutionnelle en écrivant pour diverses entreprises.
HENRION : Notre point commun, c’est l’écriture et l’information par l’écrit.
VOUS COMMENTEZ ENORMEMENT L’ACTUALITE, DANS QUEL BUT ? INFORMER OU METTRE VOTRE GRAIN DE SEL SUR L’ACTU ?
HENRION : Là, je pense qu’il y a une différence entre Marcel et moi. Marcel est avant tout un polémiste, alors que j’essaie surtout de partager les infos pertinentes qui circulent. La communication a fortement évolué. Souvenez-vous du temps où la création d’un site internet pour une entreprise était une info en soi. Les blogs et la blogosphère ont connu leur moment de gloire vers 2007. Depuis, il y a eu l’émergence des réseaux sociaux, ce qui a provoqué une certaine porosité entre les supports : blogs, Facebook, sites d’infos, Twitter, YouTube, Dailymotion, Flikker et plein d’autres réseaux ou supports de contenus. Mon outil préféré est de loin Twitter, puis Facebook où l’interactivité est très forte. Les blogs sont un peu en déshérence, sauf celui de Marcel qui continue sur sa ligne… Quelqu’un qui ouvre un blog aujourd’hui, je lui souhaite bonne chance pour avoir une audience d’influence.
JUSTEMENT, CE ROLE D’INFLUENCE… ON Y VIENT. MARCEL SEL, SUR VOTRE BLOG ET SUR TWITTER, VOUS ETES SOUVENT DONNEUR DE LEÇON.
SEL : Oui, bien sûr ! (rires) Mais pourquoi vous m’attaquez ?
Je me vois davantage comme un redresseur de torts, comme Zorro !
HENRION : Pour moi, Marcel est un polémiste. Ce qui est très différent de donneur de leçons. Il suscite et lance le débat.
Le monde de l’Internet est en train de faire basculer tous les rapports de notre société. Avec l’évolution des moyens de communication et l’échange des savoirs à la portée de tous, tous les intégrismes vont devenir des dinosaures.
SEL : Je ne le crois pas.
HENRION : Je le pense profondément. La prochaine génération sera métissée par le net dans les opinions et les cultures.
SEL : Les frontières entre les nations se racrapotant, j’ai plutôt le sentiment que les gens se regroupent en tant que laïques, catho-zombies (des non-pratiquants voire athées de culture catholique), musulmans de tel ou tel type ou autre identification…
HENRION : Les communautés virtuelles qui se forment pour défendre ou s’attaquer au transfert de Mme Martin à Malonne, pour défendre Luc Trullemans ou encore à propos de la Fondation Fabiola,… ce sont finalement des communautés très éphémères.
SEL : Je constate que mes chroniques sur l’islamophobie « éventuelle » sont les plus lues. On a clairement un vrai problème de société entre – je vais parler comme Destexhe – les blancs qui se font insulter dans la rue et les bruns qui subissent un délit de faciès. Un problème que personne n’a encore osé attaquer sérieusement au niveau politique. La société est totalement déboussolée…
HENRION : J’hésite souvent à poster un article sur l’islam, car je sais que cela va entraîner des centaines de commentaires à modérer.
SEL : Il y a partout une radicalisation des commentaires. Je passe plus de temps à modérer les commentaires qu’à rédiger des articles.
SEL : La modération est particulièrement compliquée. Parfois, je reste plusieurs minutes devant une phrase pour savoir si je dois le modérer ou pas…
CERTAINS INTERNAUTES SONT ORGANISES POUR POLLUER LES COMMENTAIRES ?
SEL : Des groupes, comme le Vlaams Belang, s’organisent pour occuper les forums des sites d’information. Mais à côté de cela, il y a des organisations spontanées de militants de causes particulières.
HENRION : Internet permet ainsi le retour d’une presse d’opinion.
HENRION : Mon but est d’informer. L’influence est relative, mais réelle. Mais l’influence est limitée à 15-20 personnes actives sur Twitter ou sur des blogs.

Aucun commentaire: