samedi 18 mai 2013

Reynders: "En Belgique, l’Olivier ne porte pas de fruit"

Mathieu Colleyn et Francis Van de Woestyne

La Libre


La Région de Bruxelles-Capitale a à nouveau focalisé l’attention cette semaine. Le chef de file bruxellois du MR, Didier Reynders, dévoile ses priorités et ses ambitions.

A LIRE JEAN QUATREMER, DU JOURNAL FRANÇAIS “LIBERATION”, BRUXELLES SERAIT SALE ET MOCHE. D’ACCORD ?

Je connais Jean Quatremer depuis des années. Il a le style d’un "bloggeur" et adore la provocation. Ici, il a forcé le trait. On pourrait faire ce genre d’exercice avec d’autres grandes villes. Photographier des endroits sales dans une ville, c’est facile. Mais il faut voir ce qui est réaliste dans la critique. Ce qui m’étonne, c’est qu’il adore à ce point vivre depuis trente ans dans une ville sale.

BEAUCOUP D’HOMMES ET DE FEMMES POLITIQUES BRUXELLOIS ONT CRIE AU SCANDALE…

Il ne faut quand même pas se mettre la tête dans le sable. Depuis que je suis président de la régionale du MR, j’organise tous les mois une réunion sur le thème : "Imaginons Bruxelles" dans dix ou vingt ans. Ce qui m’étonne, c’est que tout le monde fait un constat assez sombre. Tant à Bruxelles que dans la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Olivier ne porte pas de fruit. On aurait dû le savoir avant de les planter sous nos latitudes. En plus, la branche la plus verte du gouvernement wallon est en train de détruire l’engouement de la population pour l’économie verte. Cet amateurisme dans la gestion du photovoltaïque est hallucinant ! Il y a une unanimité : la majorité, en place depuis dix ans à Bruxelles, fait le même constat que l’opposition. Ils disent : "Excusez-nous, c’est une catastrophe."

PAR EXEMPLE ?

Le taux de chômage dépasse les 20 % à Bruxelles alors que la moyenne est de 8,1 % dans le pays. On dépasse les 30 % chez les jeunes et parfois les 50 % dans certaines communes. Le constat est alarmant. Face à ce constat dramatique, je pointe plusieurs priorités. Pour moi, la première d’entre elles, c’est la formation, la formation en langues, la formation professionnelle surtout. Oui, il y a énormément d’emplois à Bruxelles mais il y a peu de Bruxellois qui y ont accès par manque de formation.

PLAIDEZ-VOUS POUR UN ENSEIGNEMENT SPECIFIQUE BRUXELLOIS ?

Le problème n’est pas là. Je ne vois pas pourquoi des ministres francophones ne pourraient pas faire des choix qui tiennent compte des spécificités bruxelloises. Le problème c’est que beaucoup de Bruxellois ne savent même pas qui s’occupe de leur enseignement, Mme Simonet et M. Marcourt. Le problème est que depuis des années, la priorité a été mise sur un décret "Inscriptions" qui touche une toute petite partie des élèves.

OU SONT DONC LES PRIORITES EN MATIERE D’ENSEIGNEMENT ?

Dans une région comme Bruxelles, c’est un décret "Formation" qu’on aurait dû avoir. Mais il y a une condition à cela : qu’on crée des liens avec les entreprisesNotamment avec des chefs d’entreprises qui sont d’origine étrangère. Dans un certain nombre de secteurs, ces chefs d’entreprises ont, eux, la capacité d’aller à la rencontre de publics de première, deuxième ou troisième génération à qui ils peuvent proposer des stages et des formations en entreprises. J’ai parlé de cela avec certaines communautés étrangères. L’idée est bien accueillie.

 



COMMENTAUIRE DE DIVERCITY

ET L'INTERCULTURE mfi?

"Le taux de chômage dépasse les 20 % à Bruxelles alors que la moyenne est de 8,1 % dans le pays. On dépasse les 30 % chez les jeunes et parfois les 50 % dans certaines communes...
J’ai parlé de cela avec certaines communautés étrangères...
Le diagnostic est bon mais ce n'est pas un scoop, tous les Bruxellois sont au courant.

"Priorité à la formation, la formation en langues, la formation professionnelle surtout. Il y a énormément d’emplois à Bruxelles mais il y a peu de Bruxellois qui y ont accès par manque de formation."

Du Lapalisse en cape bleue azur. 

Bruxelles, c’est un décret "Formation" qu’on aurait dû avoir pour créer des liens avec les entreprises d’origine étrangère. Dans un certain nombre de secteurs, ces chefs d’entreprises ont, eux, la capacité d’aller à la rencontre de publics de première, deuxième ou troisième génération à qui ils peuvent proposer des stages et des formations en entreprises."

Certes ce n'est pas inexact mais diable que c'est maigre comme programme. Il en faudra encore beaucoup des tables rondes sur Bruxelles avant que ce Liégeois ne la comprenne et soit capable d'échafauder une vraie vision.

A en juger par le commentaire des forumeursManneke Reynders ne convainc pas. On a l'impression au contraire que le FDF de Maingain avec ses trois municipalistes de choc (MaingainGossouin et Clerfayt) et son discours libéral social de campagne va arracher pas mal de plumes bleues au scalp du sioux liégeois, citoyen ucclois. Pas un mot, évidemment sur l'interculturel. Of course horse!

Ca promet.

MG

 

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