dimanche 19 mai 2013

Reynders: "Les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes"


Mathieu Colleyn et Francis Van de Woestyne La Libre.

"JE SUIS FAVORABLE A CE QU’ON METTE DE L’ORDRE DANS LE FATRAS INSTITUTIONNEL PARTOUT."

Le chef de file bruxellois du MR, Didier Reynders, dévoile ses priorités et ses ambitions pour Bruxelles.

L’ENSEIGNEMENT, LA FORMATION, CE SONT LES PORTEFEUILLES QUE VOUS ALLEZ REVENDIQUER EN 2014?

Le MR va d’abord essayer d’être la première formation politique à Bruxelles aux prochaines élections. Pour deux raisons: pouvoir donner le ton et contribuer à l’équilibre du pays. J’ai beaucoup de respect pour les bourgmestres d’Anvers de Charleroi et de Mons mais il n’est pas absurde que de temps en temps les Bruxellois donnent leur avis. On a parfois l’impression qu’il y a dans ce pays deux grands courants politiques, un socialisme wallon assez archaïque et un nationalisme flamand assez dangereux pour l’avenir du pays. Il y a une troisième région où les Bruxellois ont envie de prendre des décisions eux-mêmes et avoir leur un mot à dire sur l’avenir plus large du pays. On a besoin de s’entendre avec ses voisins. La mobilité ce n’est pas uniquement les 19 communes, la formation ça doit aussi se faire avec des entreprises qui sont situées autour de la Région bruxelloise. Il y a des navetteurs qui viennent à Bruxelles: rien n’interdit que des Bruxellois aillent travailler dans les autres régions. Cela permet d’équilibrer les relations dans ce pays.

LA FLANDRE EXIGE DES REFORMES INTERNES A BRUXELLES, ESTIMANT QUE C’EST UN VERITABLE FATRAS INSTITUTIONNEL.

Je suis favorable à ce qu’on mette de l’ordre dans le fatras institutionnel partout. Mais je trouve assez culotté de voir des responsables politiques flamands demander sans arrêt que les francophones mettent de l’ordre alors que si l’on complexifie la structure institutionnelle belge, c’est bien à la demande de la Flandre. Je n’ai jamais demandé qu’on scinde BHV, mais il ne faut pass’étonner qu’après il soit compliqué de gérer la Justice et la police. On ne sait même pas où mettre le tribunal flamand! C’est vrai qu’il y a une concentration d’institutions à Bruxelles mais le nombre de mandataires n’y est pas plus dramatique qu’à Anvers. Si on veut simplifier, il y aura un débat sur les provinces. On a vu ces derniers jours la plus-value des provinces en Flandre. Heureusement qu’on avait un gouverneur pour informer la population! Sur Bruxelles, je veux bien admettre qu’il y a trop de parlementaires régionaux mais c’est parce qu’on a une minorité flamande. Ça doit être la seule région au monde où on peu devenir ministre avec le moins de voix que certains conseillers communaux. Peut-on remédier à cela? On peut en discuter mais alors il faut parler de tout y compris de ce genre de situation. Mais pour moi, ce n’est pas une priorité.

FINALEMENT, BRUXELLES, C’EST QUOI? UNE VILLE, UNE CAPITALE, UNE REGION? A L’ETRANGER, BRUXELLES SIGNIFIE LA “COMMISSION”.

Il y a les compétences régionales et au-delà, il y a le rôle de Bruxelles dans le pays. Les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes et voir comment collaborer avec les francophones sur l’enseignement et la langue, avec la Région wallonne et la Flandre sur l’économie et le bassin économique qui est plus large. Je constate que les ministres bruxellois quittent le gouvernement pour diriger leurs communes. C’est bien de s’intéresser aux communes et aux quartiers mais il faut aussi regarder vers l’extérieur. Je m’étonne du peu de présence de la Région bruxelloise sur la scène internationale. Cela m’a frappé, à la cérémonie de la Fête de l’Iris, cette grande fête de l’esprit: il n’y avait pas un invité d’une région ou d’un pays voisin. J’en reviens à l’article de “Libé”, s’il y avait une image de Bruxelles véhiculée par les Bruxellois eux-mêmes, ce papier serait tout de suite contredit dans la presse française. Je n’ai jamais vu le ministre-Président à l’étranger, il y a peut-être un règlement qui lui interdit.

 

QUELQUES RÉACTIONS

 

"En France toutes les régions financent Paris, il en est ainsi de toutes les grandes capitales-vitrines .

En Belgique toutes les régions volent Bruxelles et y mettent tout ce qui les dérangent : population pauvres, voitures tout en venant y prendre ce qui les arrange : travail, sur-représentation linguistique etc  et elles ont le culot de stigmatiser Bruxelles ou de dire qu'elle est mal gérée. Essayez de gérer quoique ce soit sans le budget nécessaire et vous verrez ... Ce sont de manoeuvrespolitiques pour mettre la main sur Bruxelles qui devient soudainement intéressante depuis 15 ans que les institutions européennes s'y incrustent."

"Tous les ex vrais bruxellois se sont lâchement tirés à Lasnes et dans les environs pour vivre dans des maisons 4 façades "micasa" avec toutes la même déco et la même Ranger rover devant la façade ..." 

"Petite région tournée sur elle même et sans grandes ambitions, voilà ce qui à caractérisé Bruxelles sous Piqué. L'aura international de cette ville est uniquement dû à la communauté européenne sur laquelle le citoyen crache allègrement mais pour le reste il n'est nullement besoin de faire un dessin pourpointé le résultat de sa mauvaise gouvernance.

La Région Bruxelloise mérite un Président avec une vraie vision. "

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA VRAIE QUESTION

C'est clair, Didier Reynders est candidat Ministre-Président. Et du côté socialiste? Tout le monde est persuadé-y compris Divercity du reste- que Laurette Onkelinx brigue la succession de Charles Picqué.

Mais à la réflexion, rien n'est moins sûr. En effet, hormis le fait qu'elle réside à Lasneen dehors des 19 communes, Laurette n'a jamais fait acte de candidature, ni ne s'est exprimée en tant que challenger. En revanche, Rudi Vervoort multiplie les interventions médiatiques et a fait une longue intervention inaugurale devant le Parlement bruxellois qui ne peut que s'interpréter comme la vision du PS sur Bruxelles pur les dix ans qui viennent. C'est visiblement lui, le candidat Ministre Président.

De l'interview de Reynders nous retiendrons, sur le fond, que "les Bruxellois doivent régler leurs problèmes eux-mêmes et voir comment collaborer avec les francophones sur l’enseignement et la langue, avec la Région wallonne et la Flandre sur l’économie et le bassin économique qui est plus large"

Voilà qui est capital! Reynders veut une double collaboration de Bruxelles et avec la Flandre et avec la Wallonie.  

Autre idée de force:

"Il y a une troisième région où les Bruxellois ont envie de prendre des décisions eux-mêmes et avoir leur un mot à dire sur l’avenir plus large du pays. La mobilité ce n’est pas uniquement les 19 communes, la formation ça doit aussi se faire avec des entreprises qui sont situées autour de la Région bruxelloise."

C'est une manière indirecte de plaider en faveur de la communauté urbaine métropolitaine. "On a besoin de s’entendre avec ses voisins."

Analyse froide, chirurgicale et politique de la situation bruxelloise: "Sur Bruxelles, je veux bien admettre qu’il y a trop de parlementaires régionaux mais c’est parce qu’on a une minorité flamande. Ça doit être la seule région au monde où on peu devenir ministre avec moins de voix que certains conseillers communaux."

Mais...pas un seul mot sur la convivance et le dialogue interculturel. C'est une manière de mettre hors jeu, en les ignorant la majorité des électeurs bruxellois, ceux qui viennent d'ailleurs et ont désormais droit de vote. Mais attention, les Bruxellois de fraîche date n'ont pas aussi largement le droit de voter qu'aux communales!  Dans l'hypothèse où le FDF devait se profiler comme un parti qui n'est pas indifférent aux Belges d'origine étrangère, il pourrait bien enlever des sièges au MR, son frère devenu ennemi.

MG 

 

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