mardi 7 mai 2013

Un consensus politique sur Bruxelles: l’enseignement doit être la priorité n°1

Véronique Lamquin et Corentin Di Prima

Le Soir et De Standaard rassemblaient ce soir à Bozar les ténors des dix grands partis politiques francophones et néerlandophones pour un Grand débat autour de Bruxelles. Compte-rendu d’échanges animés.

Quelles sont les urgences bruxelloises, en termes de démographie, de fracture économique, en terme institutionnel ? Pendant une semaine, du 4 au 8 mai, Le Soir mène l’enquête. Et invite les 10 partis à en débattre, ce lundi 6 mai.
Côté francophone, Didier Reynders (MR), Laurette Onkelinx (PS), Joëlle Milquet (CDH), Olivier Deleuze (Ecolo) et Didier Gosuin (FDF) sont présents. Côté néerlandophone, Alexander De Croo (Open VLD), Pascal Smet (SP.A), Wouter Beke (CD&V), Ben Weyts (N-VA) et Wouter Van Besien (Groen) ont répondu présent.
Les échanges furent co-animés par Béatrice Delvaux (éditorialiste en chef du Soir) et Bart Sturtewagen, du Standaard. Philippe Van Parijs (UCL) et Carl Devos (U-Gent), experts en la matière, clôturèrent le débat.

Voici les principaux échanges d’un débat qui a duré près de trois heures.
1. Bruxelles, priorités, atouts et handicaps
Wouter Beke (CD&V) ouvre le bal : sa priorité « l’équilibre institutionnel du pays, dans lequel Bruxelles a un rôle important à jouer. » Le président du CD&V insiste aussi sur le rôle européen de Bruxelles. Selon lui, « c’est maintenant aux Bruxellois d’assumer » les nouvelles compétences octroyées par la 6e réforme de l’Etat et le renfinancement de Bruxelles.
Olivier Deleuze (Ecolo) : priorité : « La grande richesse de Bruxelles doit profiter aux quartiers ». « Il n’y a rien de fatal dans le fait que Bruxelles soit riche et ses habitants pauvres ! », estime le président des verts francophones. Le modèle ? « Bordeaux Nantes, des villes durables. » Mais ce qui manque à Bruxelles, « c’est que les gens qui s’en occupent aiment la ville ». Charles Picqué était convaincant dans ce rôle, estime Deleuze. L’atout ? « Le nom « Bruxelles », connu dans le monde entier, parfois davantage plus que la Belgique. Cela attire des investisseurs, de la richesse. »
Didier Gosuin (FDF) : Priorités : le boom démographique et l’enseignement. « L’enjeu, c’est le boom démographique. Mais si on ne change pas fondamentalement la qualité de notre enseignement, ce sera un terrible échec ». Et de poursuivre : « Il faudra donc réorganiser la Communauté française, espérer qu’elle soit au service de Bruxelles et la Wallonie, et espérer que la Flandre fera de même ». Pour le député bruxellois, l’objectif est que chaque jeune Bruxellois sorte de l’école avec une qualification. Il estime aussi qu’il faut mettre la question du péage urbain sur la table. Il résume la situation de Bruxelles en une phrase : « Notre atout, le boom démographique ; notre faiblesse : ne pas voir les problèmes sociaux. » Son projet : « faire de Bruxelles cette grande métropole profondément humaine et innovante dans un réseau européen. »
Joëlle Milquet (CDH) : Son projet : « Faire de Bruxelles cette grande métropole profondément humaine et innovante dans un réseau européen. » Trois moyens pour y arriver, selon elle : « le dialogue entre les habitants, dans une société diversifiée ; la sécurisation de la vie ; l’amélioration du cadre de vie. » Mais Bruxelles souffre de deux handicaps majeurs, estime Joëlle Milquet : « Une compétence éclatée entre trop de niveaux de pouvoir » et « un sous-financement ». Son ambition : « Dès 2014, établir, entre fédéral, communautés, région, communes, un projet pour les 15 prochaines années (avec des objectifs précis : combien de crèches, de diplômés) ».
Laurette Onkelinx (PS) : Son projet « construire de la ville dans la ville : il faut construire des quartiers avec du logement, des équipements (crèches, écoles), de l’emploi, des espaces verts ». Pour répondre au chômage important en Région bruxelloise, « il faut investir dans la formation, et dans l’articulation entre la formation et l’emploi », estime-t-elle. Mais il faut aussi agir sur la mobilité : « quand on a 184 000 voitures qui rentrent dans Bxl chaque jour, c’est intenable, il faut investir dans le transport public, la mobilité douce ». Et d’appeler à un « pacte des Belges ». « Bxl doit compter sur elle-même mais pas seulement. Il faut un pacte des Belges », lance la vice-Première socialiste, parce que « tout le monde, dans le pays, a avantage que Bxl continue à produire de la richesse, personne n’a avantage à ce que la bombe éclate. Il faut marier les énergies ».
Didier Reynders (MR) : Priorité : « L’échec, à Bruxelles, c’est le manque d’investissement dans la formation. On a beaucoup entendu parler du décret inscriptions, très peu d’un plan pour la formation. » Le handicap ? « La mobilité ! En ce compris en matière d’emploi ou de formation. Quand il faut se déplacer à l’intérieur ou au pourtour de Bruxelles, c’est très difficile. Il faut développer le RER, en complémentarité avec les autres modes de transports. » Il pointe aussi un autre enjeu : « l’accueil de l’enfance, la petite enfance ». Mais insiste aussi sur le statut international de Bruxelles : « On devrait le vendre beaucoup plus à l’extérieur. Il y a un énorme travail à faire, par la Région, pour valoriser son action à l’étranger ».
Pascal Smet (SP.A) : Priorité : « Bruxelles a besoin d’un pouvoir fort, d’un bon enseignement ». Il plaide pour une Région-Ville, à la place des 19 communes, avec une seule zone de police. Il est aussi partisan de listes électorales bilingues. Et pour l’apprentissage des langues, notamment l’anglais. « Les enfants qui sont nés ailleurs n’ont pas de passé commun mais un futur commun. À Bruxelles, qui doit être le lien entre tous. Pour ça, il faut un processus d’intégration, du respect », estime le socialiste flamand.
Wouter Van Besien (Groen) : trois priorités, selon lui : « 1. pour la facture sociale : il faut des ponts entre les quartiers riches et défavorisés ; 2. l’enseignement ; 3. une Région urbaine forte, qui doit collaborer avec les autres Régions ».
Guy Vanhengel (Open VLD) : Priorité : le boom démographique. « Cela nécessite que l’on agisse au niveau de l’enseignement et de la qualité de la vie en ville », ce qui signifie, pour le deuxième point de « rendre le trafic plus fluide et la ville plus accessible ». Comme Pascal Smet (SP.A, lire ci-dessus), le libéral flamand insiste sur l’apprentissage des langues. « 700.000 postes de travail à Bruxelles. Et pourtant un taux de chômage élevé. Il faut investir dans les langues : anglais, français, néerlandais… ».
Ben Weyts (N-VA) : Priorité : « Gérer Bruxelles comme une vraie Région urbaine ». Et de lancer une série de questions : « Doit-on vraiment garder 6 zones de police ? », interroge-t-il. « Faut-il maintenir 1.000 élus à Bruxelles ? » » Quid de la solidarité entre communes riches et pauvres ». Le nationaliste flamand pointe du doigt Actiris : « On n’active pas les chômeurs à Bruxelles, il n’y a pas de sanction. Je suis déçu de voir qu’Actiris, après la réforme, va devoir gérer le contrôle des chômeurs, mais ne sera pas responsabilisée financièrement ».
Deux constantes :
1. la volonté des participants d’investir dans l’enseignement et la formation. Mais l’un de nos deux experts, Carl Devos (U-Gent) interroge : « J’ai entendu beaucoup de politiciens qui rêvent. Il y a une incroyable concentration de bonne volonté, d’amour pour Bruxelles. Comment se fait-il, dès lors, que les problèmes d’enseignement, de mobilité, de qualité de vie, sont toujours là ? »
2. la question du boom démographique. Pour notre autre expert, Philippe Van Parijs (UCL), « il n’y a pas de meilleur indicateur de la mauvaise santé d’une Région que la décroissance démographique. Depuis 2000, la population croît deux fois plus vite que dans le reste du pays. C’est un atout, parce que l’atout principal, c’est le capital humain ! La question est de savoir si tous les nouveaux habitants vont rester à Bruxelles, parce que c’est très sensible à la politique de logement, à celle de mobilité ». Et de mettre en garde : une population qui croît, « c’est un atout fantastique, mais ça ne l’est plus si 100.000 jeunes sont incapables de trouver un emploi ». Autre enjeu, selon le professeur de l’UCL : « le taalbarometer indique que la proportion de Bruxellois qui parlent le français à la maison est de 32 % ; pour le néerlandais, c’est 5 %. Donc un des grands défis de Bruxelles, c’est de faire communiquer les gens dans la ville ».
2. Bruxelles dans la Belgique
A la table : Wouter Beke, Laurette Onkelinx, Didier Reynders, Wouter Van Besien et Ben Weyts.
Que faire pour aider à résoudre les problèmes de Bruxelles ? « La scission de BHV a fait en sorte que la discussion sur les frontières est finie. C’est essentiel », estime Wouter Beke (CD&V). « Les besoins sont importants. Mais il y a le refinancement de Bruxelles, il est justifié. »
Question à Didier Reynders (MR) : « Etes-vous en faveur d’une relation accrue de Bruxelles avec la Flandre ? La Flandre en fait-elle assez pour Bruxelles ? ». Didier Reynders estime que « si Bruxelles n’existait pas, on serait probablement beaucoup plus loin dans la séparation du pays ». Quant aux relations avec les autres Régions, Didier Reynders entend que, si Bruxelles « doit travailler avec l’ensemble des partenaires », – « je n’ai pas l’intention de laisser s’arc-bouter sur le sud du pays en abandonnant le nord », dit-il – « la première chose à faire, c’est laisser Bruxelles prendre encore plus ses décisions seule ». « L’apprentissage linguistique est un enjeu majeur, les politiques devraient montrer l’exemple », dit-il également.
Il lance une pique en direction du PS : « il y a le refinancement, c’est très bien. Mais je propose de travailler en fonction de besoins. Or, j’ai une inquiétude sur la manière dont ça va se passer entre francophones. Je crains les replis sous-régionaux. » Laurette Onkelinx réplique : « Bruxelles n’est pas une Région mendiante ! On a reçu un refinancement. (…) Il faut travailler avec les autres Régions et niveaux de pouvoir. » Et de mentionner Charles Picqué, ministre-président bruxellois pendant près de 20 ans, qui sera remplacé ce mardi par Rudy Vervoort (PS également). « Ce qui l’a beaucoup touché et a en partie motivé sa décision, c’est l’épisode au cours duquel le gouvernement bruxellois, qui a débloqué des deniers pour les crèches et les écoles, a vu le gouvernement flamand introduire un recours ! ». Didier Gosuin estime que s’il y eu « une agression flamande » lors de cet épisode, les francophones ont mal géré la Communauté française. « Nous n’avons pas su gérer le boom démographique. Encore aujourd’hui, la Communauté française est incapable de financer des crèches ou des écoles », estime le FDF.
Quid de la communauté métropolitaine ? « Pour nous, c’est une alternative à l’élargissement de Bruxelles », dit Ben Weyts (N-VA). « c’est de la bonne volonté mais imposée, c’est contradictoire », estime-t-il. Le statut de Bruxelles est abordé. « M. Weyts, qu’allez-vous faire de Bruxelles, dans votre projet confédéral », lance Wouter Beke (CD&V). « Quoi que décide la N-VA sur le statut de Bruxelles, peu importe ; Bruxelles est et restera une Région à part entière », affirme pour sa part Laurette Onkelinx (PS). Didier Reynders (MR) estime que « cela a peu d’importance ce que dira la N-VA ; le débat c’est de savoir ce que les Bruxellois veulent pour leur Région. Et, au-delà, il faut un équilibre, des partenariats avec les autres niveaux de pouvoir. Tout le monde reconnaît qu’il y a un bassin économique plus large que la Région bruxelloise, il faut travailler là-dessus ».
Joëlle Milquet (CD&V) attaque Ben Weyts (N-VA), qu’elle accuse de faire retomber le débat au niveau du « bac à sable ». « Je trouve triste, M. Weyts, que vous ne soyez pas en capacité de sortir de vos revendications institutionnelles. C’est quoi la communauté métropolitaine ? C’est l’hinterland de richesse que Bruxelles donne au pays. La volonté était de ne pas enfermer Bruxelles dans un mur de Berlin, mais de la désenclaver, de faire en sorte qu’elle puisse collaborer avec la périphérie. Il faut un fédéralisme de coopération, pas de compétition. Venir dire encore et toujours que la communauté métropolitaine c’est un élargissement déguisé, je trouve ça profondément dommage », lance-t-elle.
Olivier Deleuze prend l’exemple de l’aéroport de Zaventem. « On sait qu’il n’a de Zaventem que le nom. On sait que les gens ne vont pas faire du business ou du tourisme à Zaventem. On voit donc l’intérêt de la communauté métropolitaine, c’est normal et rationnel. Monsieur Weyts, nous le ferons », lance le président d’Ecolo.
Le refinancement de Bruxelles est-il suffisant ? Laurette Onkelinx (PS) : « Je ne dirai jamais que le refinancement est suffisant. Avant les élections, nous avions réclamé, dans une itw au Soir, 500 millions. On a eu quasiment ça. N’allons pas maintenant demander des moyens supplémentaires ». Didier Reynders (MR) se montre plus prudent : « Pour le refinancement, attendons de voir comment les accords vont se traduire, nous attendons les simulations des Finances ». Pour lui, ce refinancement n’est pas suffisant : « il faut un soutien au-delà du refinancement, parce que Bruxelles assume une série de charges ».
Carl Devos (U-Gent) cette partie du débat en se demandant comment la Wallonie et la Flandre vont réagir à l’évolution institutionnelle du pays, au fait qu’il y a désormais un fédéralisme à trois, avec une Région bruxelloise qui pris de l’assurance.
3. Les défis internes à Bruxelles
Troisième partie du débat, avec Joëlle Milquet, Olivier Deleuze, Didier Gosuin, Pascal Smet et Didier Gosuin.
Faut-il fusionner les communes ? Y a t il d’autres simplifications à faire, dans la Région ? Joëlle Milquet (CDH) préfère éviter le débat. « Oui, dans la réforme de l’Etat, au niveau bruxellois, on a fait une série de simplifications, on a transféré une série de compétences à la Région. Il ne faut pas se lancer dans un grand débat ». Pascal Smet (SP.A) n’est pas d’accord avec la ministre de l’Intérieur : « Comment justifier qu’il y a ait autant de décideurs, d’un coin à l’autre de la Région, parfois d’un trottoir à l’autre, avec toutes ces communes ? », interroge-t-il. « Le problème à Bruxelles est que tout le monde est compétent, personne responsable. Pour s’occuper des sans-abris, il faut six ministres ! », affirme encore Pascal Smet, pour qui il faut « un seul décideur, comme un Janssens à Anvers, un Delanoé à Paris ».
Olivier Deleuze (Ecolo) ne manque pas d’humour sur le sujet : « Une fusion des communes ? Ah non, je viens d’arriver ! », rigole-t-il. Plus sérieusement, le bourgmestre de Watermael-Boitsfort estime que « ce débat n’est pas superflu. Mais maintenant que la sixième réforme est bouclée, que le juste financement est là, retour au terrain ! M. Gosuin (bourgmestre d’Auderghem) et moi (bourgmestre de Boitsfort) on va avoir un seul commissariat. On collabore ».
Faut-il simplifier Bxl ? « Oui », répond Guy Vanhengel (Open VLD), « pas par pas, on essaie. Mais faut-il maintenant aller chipoter aux frontières des communes ? Peut-être que oui, peut-être que non, mais est-ce vraiment essentiel ? Non ! »
Pour Didier Gosuin (FDF), l’idée selon laquelle Bruxelles est mal gérée est une antienne. « Quand on compare les chiffres de la police, la police bruxelloise coûte moins cher par habitant que dans les autres villes. Même chose pour le coût des communes. Donc, l’argument financier pour fusionner les communes, c’est faux. » Un problème d’efficacité, alors ? « Non ! Croyez-vous que si on fusionner les communes on va avoir le RER plus tôt, résoudre le problème du chômage, le problème de la Justice ? Si c’était oui, je me fais hara-kiri demain comme Bourgmestre. Alors oui il y a le vieux débat entre régionalistes et municipalistes ». S’il concède qu’une série de simplifications pourraient être apportées au « mille-feuilles institutionnel » construit ces dernières années, il avance une série de qualités de l’échelon communal bruxellois : « L’avantage des communes c’est que c’est aujourd’hui le seul niveau de pouvoir qui a toutes les compétences : justice, école… Vous savez, à Bruxelles, il n’y a pas de populisme, pas d’extrême droite, c’est peut-être aussi grâce aux communes ».
A-t-on un problème d’intégration à Bruxelles ? Pour Joëlle Milquet (CDH), « soit on opte pour le modèle anglo-saxon, avec des communautés repliées sur elles-même, ce n’est pas du tout le modèle qu’on veut promouvoir. Autre possibilité : l’assimilation complète, ce n’est pas le modèle que je défends. Moi je suis pour l’interculturalité, avec un dialogue, des rencontres ». Comment faire ? Elle pointe l’importance de la « qualification des jeunes », « de l’apprentissage des langues », « de l’accompagnement des jeunes et des parents ». Elle estime aussi qu’il faut « lutter contre le racisme et le radicalisme. Avec de la prévention et de la sécurité ».
Didier Gosuin « n’aime pas le mot intégration ». Il le répète : « la qualité de l’enseignement est le mal de Bruxelles ». « Ma proposition ? Mettons l’école obligatoire à 3 ans. Et quand on voit qu’il y a des difficultés, aidons les enfants, les parents ». Faut il régionaliser l’enseignement ? « ça n’arrivera jamais, la Flandre n’acceptera jamais », estime-t-il. Olivier Deleuze est d’accord avec lui : « l’enseignement et la formation c’est la base de tout. En matière d’intégration, nous devons être clairs sur le socle de valeurs communes, et ne pas transiger par rapport à ça ». « La diversité c’est une chance. J’ai ressenti de l’inconfort dans le débat sur les jeunes partis en Syrie. Evitons les amalgames. Bien sûr, soyons sans concession à l’égard du radicalisme. Mais attention aux amalgames », avertit le co-président d’Ecolo.
Amalgames que dénonce également Laurette Onkelinx (PS) : « Je regrette que, quand on parle des populations d’origine étrangère on ne parle que de problèmes. Evidemment qu’il y en a. » Mais, constate-t-elle, « chaque année, il y a 10.000 créations d’entreprises à Bruxelles. La moitié sont créées par des personnes d’origine étrangère. Il a donc des problèmes mais aussi des solutions ».
Philippe Van Parijs (UCL) tire les conclusions de cette dernière partie du débat. "Un, il y a un quasi consensus pour simplifier les institutions. En donnant plus de pouvoirs à la Région, soit au départ des communes, soit au départ des Communautés." "Tout le monde a souligné aussi que l'enseignement francophone, à Bruxelles, ne fait pas son boulot », relève-t-il. Selon lui, "s'il n'y a pas une mainmise plus importante de Bruxelles sur son enseignement, c'est absurde de vouloir responsabiliser Bruxelles". Et d’inviter à « chercher des exemples de simplification dans d'autres villes". Par ailleurs, Philippe Van Parijs dit voir poindre l’émergence d’une « forme nouvelle de patriotisme bruxellois ». Et de conclure : "Il est important de dire que, l'hinterland, Bruxelles ne se l'appropriera jamais. Bruxelles sera confinée à rester 0,5% de la surface du pays, au milieu d'une plus grande métropole. Et c'est pour ça que la Belgique restera unie. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE INITIATIVE HARDIE ET RONDEMENT MENEE

Ce fut un très grand moment et ceux qui l'on organisé de main de maître ont eu le nez fin et la main heureuse dans le choix des invités et des modérateurs. Ce fut comme la suite logique, la réponse politique aux Etats Généraux et le prélude à une élection régionale de tous les dangers. On ne pouvait rêver de meilleur casting et de meilleur timing. A chacun d'en retirer la substantifique moelle et les arguments pour orienter son vote, surtout pour affiner sa lecture de Bruxelles au moment où Charles Picqué, son pilote, descend du paquebot. Pour notre part nous retiendrons ces quelques phrases: "ce qui manque à Bruxelles, c’est que les gens qui s’en occupent aiment la ville ". L’atout ? « Le nom « Bruxelles », connu dans le monde entier, parfois davantage plus que la Belgique. Cela attire des investisseurs, de la richesse. »
Mais "si on ne change pas fondamentalement la qualité de notre enseignement, ce sera un terrible échec ". " Il faudra donc réorganiser la Communauté française, espérer qu’elle soit au service de Bruxelles et espérer que la Flandre fera de même" L’objectif est que chaque jeune Bruxellois sorte de l’école avec une qualification. Nonobstant le niet de la N-VA, il faudra " Faire de Bruxelles cette grande métropole profondément humaine et innovante dans un réseau européen. » notamment par « le dialogue entre les habitants, dans une société diversifiée ; la sécurisation de la vie ; l’amélioration du cadre de vie. "
Surtout il faudra "investir dans la formation, et dans l’articulation entre la formation et l’emploi "
" L’échec, à Bruxelles, c’est le manque d’investissement dans la formation."
"Il faut des ponts entre les quartiers riches et défavorisés ; 2. l’enseignement ; 3. une Région urbaine forte, qui doit collaborer avec les autres Régions ».
"Quid de la solidarité entre communes riches et pauvres ".
"Il y a une incroyable concentration de bonne volonté, d’amour pour Bruxelles. Comment se fait-il, dès lors, que les problèmes d’enseignement, de mobilité, de qualité de vie, sont toujours là ? »
Depuis 2000, la population croît deux fois plus vite que dans le reste du pays. "l’atout principal, c’est le capital humain ! C’est un atout fantastique, mais ça ne l’est plus si 100.000 jeunes sont incapables de trouver un emploi . La proportion de Bruxellois qui parlent le français à la maison est de 32 % ; pour le néerlandais, c’est 5 %. Donc un des grands défis de Bruxelles, c’est de faire communiquer les gens dans la ville ".
"Ne pas laisser s’arc-bouter sur le sud du pays en abandonnant le nord ",
La communauté métropolitaine ? « C’est une alternative à l’élargissement de Bruxelles », pour la N-VA certes, mais tout le monde reconnaît qu’il y a un bassin économique plus large que la Région.
"La communauté métropolitaine ? C’est l’hinterland de richesse que Bruxelles donne au pays. La volonté était de ne pas enfermer Bruxelles dans un mur de Berlin, mais de la désenclaver, de faire en sorte qu’elle puisse collaborer avec la périphérie. Il faut un fédéralisme de coopération, pas de compétition."
"Venir dire encore et toujours que la communauté métropolitaine c’est un élargissement déguisé, c'est profondément dommage. " Le mot est faible!
"L’intérêt de la communauté métropolitaine, c’est normal et rationnel. " "L'hinterland, Bruxelles ne se l'appropriera jamais. Bruxelles sera confinée à rester 0,5% de la surface du pays, au milieu d'une plus grande métropole. Et c'est pour ça que la Belgique restera unie. »
"Comment justifier qu’il y a ait autant de décideurs, d’un coin à l’autre de la Région, parfois d’un trottoir à l’autre, avec toutes ces communes ? », « Le problème à Bruxelles est que tout le monde est compétent, personne responsable." "il faut « un seul décideur, comme un Janssens à Anvers, un Delanoé à Paris ».
"A Bruxelles, il n’y a pas de populisme, pas d’extrême droite, c’est peut-être aussi grâce aux communes."
"Moi je suis pour l’interculturalité, avec un dialogue, des rencontres". DiverCity aussi! "Comment faire ?"
En matière d’intégration, nous devons être clairs sur le socle de valeurs communes, et ne pas transiger par rapport à ça ».
Il y a un quasi consensus pour simplifier les institutions.
"Tout le monde l'a souligné l'enseignement francophone, à Bruxelles, ne fait pas son boulot »
DiverCity est consterné par le fait que, hormis Joëlle Milquet, aucun des éminents politiques présents n'a souligné la nécessité d'organiser la dialogue interculturel. Si on devait négliger ce dialogue interculturel et interconvictionnel, les intégristes islamistes et les Trullemans radicalisés par les Modrikamen élèveront demain des barricades, transformant Bruxelles en un second Beyrouth.
Ne pas perdre de vue que" Les enfants qui sont nés ailleurs n’ont pas de passé commun mais un futur commun. À Bruxelles, qui doit être le lien entre tous.
Pour ça, il faut un processus d’intégration, du respect." "Bruxelles est foncièrement cosmopolite. Avec 75,6% de sa population directement issue de l’immigration, la capitale est trois fois plus métissée que la Wallonie, et cinq fois plus que la Flandre. Un métissage qui va encore s’accentuer, dans les dix années à venir."
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MG






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