dimanche 26 mai 2013

Un graffiti d’un touriste chinois à Louxor suscite la polémique


Ce sont sept caractères qui ont déclenché une belle polémique en Chine: "DīngJǐnhào dàocǐ yīyóu" (锦昊到此一游), "Ding Jinhao en visite ici". Les traces du passage d'un jeune touriste chinois de 14 ans dans un des monuments égyptiens les plus célèbres, à Louxor. Le graffiti a été écrit sur le corps du Dieu Amon à l'extérieur du sanctuaire d'Alexandre le Grand, qui est lui même à l'intérieur du temple d'Amenhotep III. "C'est presque comme un graffiti dans la salle du trône de la Cité interdite ou dans la chambre à coucher du roi à Versailles", dit Renaud de Spens, sinologue et égyptologue.

C'est le message d'un autre touriste chinois sur son compte de microblog, avec la photo du délit prise le 6 mai, qui a tout déclenché vendredi.

"En Egypte, un moment triste. La honte à ne plus savoir où se cacher. J'ai dit au guide égyptien: je suis désolé!".

Le guide lui a répondu: "C'est aussi la faute du guide qui aurait dû l'empêcher".

"Nous avons utilisé du papier pour tenter d'effacer cette honte, mais c'est difficile de nettoyer, on ne peut pas utiliser de l'eau, c'est un monument d'il y a 3 500 ans", a expliqué l'internaute, qui ne s'attendait pas à ce que son message puisse déclencher une telle tempête.



Le post a suscité plus de 15 000 commentaires et a été retweeté plus de 90 000 fois. Le sujet est devenu depuis l'un des plus commentés sur Sina Weibo, le principal site de microblogs en Chine, qui lui consacre une page spéciale. Beaucoup de commentaires insistent sur l'histoire millénaire du monument, relève Renaud de Spens.

" Le garçon a commis une erreur, mais la responsabilité principale vient des adultes. Qui a enseigné à ce garçon? Dans la plupart des lieux touristiques en Chine il y en a (des graffitis). A l'étranger, tout le monde sait que c'est une honte de faire ça, pourquoi ne le sait-on pas en Chine. C'est un problème auquel nous devons réfléchir. Le garçon peut être pardonné, les adultes doivent se réveiller", écrit @Xingxu-Think.

La plupart des touristes chinois en Chine même ont pris l'habitude de laisser les traces de leur passage, en particulier à la Grande Muraille.

"Cela m'a fait penser à ce que j'ai vu l'année dernière au moment de la Fête nationale du 1er octobre, cet homme a pris un caillou pour graver des caractères profondément sur la Grande Muraille", témoigne une internaute.

 Par François Bougon

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE MEPRIS

Le  mépris de la culture de l'autre participe du mépris de l'autre.

"Le garçon a commis une erreur, mais la responsabilité principale vient des adultes. Qui a enseigné à ce garçon?"

A l'évidence, le nationalisme s'enseigne en Chine bien plus que la dynamique interculturelle. Comme chez nous en somme.

Une fois de plus on mesurera la puissance et la rapidité foudroyante du lynchage sur les réseaux sociaux.

MG

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