mercredi 29 mai 2013

Vincent De Wolf: "Le positionnement de Reynders est anachronique"


Mathieu Colleyn

Ambiance au MR,Vincent De Wolf tente de recadrer Reynders.

Didier Reynders a secoué le monde libéral bruxellois en se disant prêt à revêtir l’habit du ministre-Président régional si les élections de 2014 le lui permettaient. Sans beaucoup d’égard pour Vincent De Wolf, pourtant désigné tête de liste MR pour les régionales. Celui-ci veut clarifier les choses.

DIDIER REYNDERS VOUS FAIT-IL DE L’OMBRE ? SUR LES RESEAUX SOCIAUX, ON VOUS APPELLE LE POULIDOR DU MR BRUXELLOIS.

J’ai lu ça. Ce n’est pas déplaisant, Poulidor était quelqu’un de très sympa et qui a tout de même été souvent deuxième du tour de France. Ce n’est pas une place déplaisante. Mais ce n’est pas l’ambition d’un homme qui compte. L’urgence c’est que le MR rentre dans le gouvernement bruxellois dans un an. Si on laisse l’Olivier détruire Bruxelles pendant cinq ans de plus, il n’en restera pas grand-chose. Il ne faut pas se tromper de timing. M. Reynders est quelqu’un que je connais bien, que j’aime bien, mais ce qui est important c’est de faire le programme. J’y travaille avec le groupe. Au moment où Didier Reynders a souhaité se présenter à la présidence de la régionale bruxelloise du MR, on s’est très vite mis d’accord avec Charles Michel. Lui mènerait la liste au fédéral moi la liste au régional.

FRANCHEMENT, VOUS N’ETES PAS LES MEILLEURS AMIS DU MONDE ?

Sincèrement, je n’ai jamais été dans ses proches, dans ses équipes, on ne s’est jamais vu dans le privé. La seule chose que je lui ai demandée dans ma carrière, c’était de devenir chef de groupe au Parlement bruxellois. C’était quand le FDF était encore avec nous. Il m’a dit que ma demande était normale mais qu’on ne pouvait pas éviter les FDF cette fois-là. Il m’a permis d’être le chef de file des libéraux au sein du groupe. C’est à lui que je le dois. Que maintenant je sois plus proche de Charles, c’est aussi vrai. C’est historique.

QUAND ON LUI POSE LA QUESTION DE LA MINISTRE-PRESIDENCE, IL NE VOUS CITE PAS VOLONTIERS COMME TETE DE LISTE.

Je l’ai entendu dire que j’étais tête de liste. Mais que son positionnement soit anachronique, c’est vrai. Si je me suis retiré de la présidence de la régionale c’était pour maintenir l’unité du parti. Par contre, je ne vais pas être tête de liste pour jouer aux billes. Donc me retirer de ce combat-là, c’est non ! Personne n’est plus légitime pour cette fonction que moi. Je le dis paisiblement.

QU’Y VOYEZ-VOUS ? UNE STRATEGIE PERSONNELLE DE LA PART DE DIDIER REYNDERS ?

Je ne suis pas en conflit avec lui et je ne le serai pas. Il a une stature importante mais s’il se positionne dans ce sens-là, c’est anachronique et c’est bizarre. Je dis simplement qu’il faut d’abord réussir les élections, ensuite rentrer dans un gouvernement. Et pour cela, il faut des amitiés, des contacts. Et une fois que tout cela est fait, c’est le président du parti qui décide.

LA LISTE REGIONALE, C’EST VOUS QUI LA FEREZ ?

Oui, l’accord entre Charles Michel et Didier Reynders est clair là-dessus.

DIDIER REYNDERS N’AURAIT DONC RIEN A DIRE DANS LA COMPOSITION DE LA LISTE REGIONALE ?

Absolument rien à dire sur la liste régionale. Ça n’empêche pas qu’on en parle. Celui qui décide, c’est moi, sous l’arbitrage du président.

EN TERMES D’IMAGE ET DE STRATEGIE, Y A-T-IL UNE ERREUR DANS LE CHEF DE M. REYNDERS, SELON VOUS ?

Du point de vue de la cohérence c’est bizarre de se présenter sur une liste fédérale et de dire ensuite qu’on brigue la ministre-Présidence. Ce n’est pas interdit, c’est vrai. Mais l’électeur voudra une clarification et cette clarification devra venir du président Charles Michel. Cela pourrait être utile. Les électeurs et les autres partis vont continuer à alimenter le débat en se demandant : "C’est quifinalement ?" Retirer ma candidature ou partir de l’idée que ce sera quelqu’un d’autre, c’est non.

RUDI VERVOORT EST OMNIPRESENT. LE CHANGEMENT DE STYLE EST PERCEPTIBLE AU GOUVERNEMENT BRUXELLOIS. QU’EN DITES-VOUS ?

On fait un événement du fait qu’on ne s’est jamais réuni avant. Pendant neuf ans, on avait jamais réuni les partenaires sociaux sur les problèmes majeurs que sont l’emploi et la formation. C’est bien de l’avoir fait mais cela aurait dû avoir lieu dès le début de la législature. C’est une opération de renflouement d’un navire qui coule. Ils sont en football panique pour redorer leur image car les partis du gouvernement vont mal. Ça bouge, oui, mais c’est la moindre des choses. Ils sont dans l’effet d’annonce.

SI LE MR AVAIT ETE AU GOUVERNEMENT, AURIEZ-VOUS PRIS L’OPTION DU PARKING C POUR LE STADE ?

La meilleure localisation était Schaerbeek-Formation. Le problème, c’est la dépollution qui prendrait beaucoup de temps mais le problème c’est aussi le temps que le gouvernement a mis pour décider. Peut-être que dans l’état actuel des choses, nous aurions pris cette décision. Mais nous ne l’aurions pas annoncée sans un accord de coopération avec la Flandre. Aujourd’hui, on a un stade national à Bruxelles, ce projet-ci est en Flandre. On s’est battu pour le refinancement, est-ce pour apporter un joyau à la Flandre ? Il faudra des compensations. Les nuisances seraient pour Bruxelles et les avantages pour la Flandre ? Non ! Le stade va servir pour des mégaconcerts qui rapporteront des taxes. Il faudra une répartition. Il faudra aussi un statut bilingue pour ce stade. Peut-être vont-ils y arriver mais ils l’annoncent sans que ce volet soit abordé.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE MARECHAL DE LOGIS  ET LE MARECHAL D'EMPIRE

On se souviendra peut être que Guy Spitaels à l'époque où il était président du PS s'autoproclama ministre Président de la région wallone et Daniel Ducarme fit de même à la région bruxelloise en défénestrant feu Jacques Simonet.

Voici que le bon petit soldat bruxellois se révolte contre le prince maréchal de Liège qui entend lui arracher le bâton des mains.

Les Bruxellois se marrent au balcon et Rudi Vervoort se tord de rire.

MG    

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