samedi 29 juin 2013

Un CEB de pacotille



En donnant à nos élèves leur attestation de réussite, nous sommes contraints de les abandonner en les propulsant là où ils ne seront pas à leur place.

Cette année 96 % des enfants de la Fédération Wallonie -Bruxelles ont obtenu leur CEB. Nous atteignons ainsi les sommets du nivellement par le bas. Ce qui nous fait dire que certains enfants le reçoivent plus qu’ils ne le réussissent. Nous, institutrices éprouvons de la colère et sentons la révolte monter en nous. C’est pourquoi nous lançons un réel cri d’alarme à tous ceux qui peuvent nous entendre et qui veulent bien nous écouter.
Nous nous sentons discrédités, non reconnus et humiliés. Tout au long de l’année, nous n’avons cessé de tirer nos élèves vers le plus haut, vers leurs propres sommets. Quand en juin on leur demande de compléter "3x5x…..=60", de qui se moque-t-on ? Qui humilie-t-on ? L’élève, l’instituteur ou les deux ? Quand tout au long de l’année, certains peinent, se laissent aller, refusent le travail, sont en échec grave, mais finalement réussissent le CEB avec 70 %, qui est discrédité ? L’instituteur qui aura tiré la sonnette d’alarme au fil de l’année, sera-t-il encore crédible en annonçant de pareils résultats ? Que dire de tous ces enfants qui reçoivent un message implicite : rien ne sert de travailler pendant l’année, la réussite est au bout du chemin malgré tout…
Nous devenons aussi menteurs, par obligation. Nous mentons aux parents, aux enfants et à nos collègues d’humanité. Quand nous leur disons qu’ils ont obtenu le CEB, nous leur signifions qu’ils sont aptes à entrer dans le secondaire et à poursuivre leur scolarité. Alors que nous savons que pour certains d’entre eux, c’est un leurre. Le niveau est loin d’être suffisant, leurs bases sont vacillantes. Très vite, la réalité du secondaire les rattrapera. Nous nous excusons par avance auprès de nos collègues du secondaire, un avenir bien difficile se profile à l’horizon…
École de la réussite… Décret inscription… Mixité sociale. Tels sont les slogans dont les responsables politiques nous abreuvent. Mais notre réalité quotidienne est aux antipodes de leurs (bonnes) intentions, de leurs discours. Nous travaillons dans une école à discrimination positive, ce fut pour nous trois un choix délibéré. Nous croyons que, pour ces enfants, l’école est un endroit privilégié où ils pourront expérimenter les valeurs qui nous motivent et que nous voulons leur transmettre : le sens de l’effort, le goût du dépassement de soi. Notre objectif principal est d’amener CHAQUE enfant au plus loin de SES propres possibilités.
Avec un niveau de CEB si médiocre, nous sommes obligés de renoncer à ces valeurs et de trahir notre éthique personnelle. En leur donnant leur attestation de réussite, nous sommes contraints de les abandonner en les propulsant là où ils ne seront pas à leur place. Malgré le fameux décret inscription. Car, à quoi bon vouloir la mixité sociale (artificielle) dans les écoles secondaires au prix de procédures lourdes et aux résultats inégalitaires, si nous leur envoyons des élèves qui ont réussi un CEB de pacotille. Ils ne vivront pas l’intégration, ils vivront cruellement la stigmatisation. Une stigmatisation structurellement et implicitement organisée. Quelle honte ! Vers quelle société nous dirigeons-nous ?
Alors, par honnêteté intellectuelle et par respect de l’autre, il serait bon d’élever le seuil de réussite du CEB. Pourquoi ne pas appliquer les mêmes normes que dans le supérieur ? La moitié partout et 60 % de moyenne. Ainsi, le CEB regagnerait ses galons et nous, élèves et instituteurs, retrouverions un peu de notre dignité. 96 % de réussite au CEB, mais quel superbe slogan pour les prochaines élections de 2014 ! Quand nous vous entendrons lors de la campagne, nous ne pourrons nous empêcher de rire ou de pleurer…

Caroline Hastrais, Catherine Jacolet et Béatrice Stiennon

Institutrices en 6ème année. Saint-Gilles.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BRAVO

vendredi 28 juin 2013

Philippe, le maître atout d'Elio Di Rupo

Thierry Fiorilli - Rédacteur en chef adjoint au Vif/L'Express


Or donc, il ne faut surtout pas qu’Albert II abdique. Pas maintenant. Pas avant les élections de 2014. Pas avant la formation du gouvernement qui en découlera.


© Belga

Pas tant que la N-VA peut s’arc-bouter de tout son poids sur les coins enfoncés dans le jointoyage des briques nationales pour faire s’écrouler tout ce qui reste de l’édifice belge. Pas tant que Delphine lui cherche des poux. Qu’il soit fatigué, qu’il ait envie d’autre chose, que sa fonction soit officiellement surtout protocolaire, que Benoît XVI ait (re)dessiné la voie en décidant de céder de son vivant le flambeau pontifical, que Beatrix ait laissé son trône à son fils en toute simplicité, peu importe : l’actuel roi des Belges doit rester en fonction. Coûte que coûte. 

Et Philippe ne lui succèder que le plus tard possible. Amen. 

On connaît la prière depuis des mois. Et, depuis des années, l’effroi qu’inspire la perspective de voir régner un jour le fils aîné d’Albert II. 

On pourrait pourtant considérer les choses sous un autre angle. En n’envisageant pas l’après-25 mai 2014. Mais l’avant. En ne se focalisant plus uniquement sur les services de secours à mobiliser une fois les scrutins fédéral, régionaux et européen joués, et la N-VA consacrée. Mais en estimant qu’on peut tenter d’endiguer le raz-de-marée des nationalistes flamands. En leur minant le terrain. En occultant leurs thèmes de campagne. En pariant sur le fait qu’il y a moyen de lui couper le son. D’empêcher qu’on leur déroule le tapis rouge. 

Comment ? En tablant sur une reprise économique, même timide, qui permettrait de desserrer l’étau de la rigueur. En spéculant sur d’autres comportements suicidaires des seconds couteaux du parti de Bart De Wever (ceux qui changent les noms français des friteries, ceux qui baissent leur pantalon devant les francophones, ceux qui décrédibilisent leur rôle et leur formation). Autant d’éléments favorables, mais sur lesquels Elio Di Rupo et tous ceux qui veulent abattre la N-VA n’ont aucune prise. 

En revanche, ils peuvent presser Albert II d’abdiquer. Et Philippe d’enfin sauter le pas. 

Dans ce scénario, l’actuel roi annoncerait dès son discours du 20 juillet sa décision de se retirer. (Et de reconnaître sa fille naturelle, tant qu’à faire, ce qui lui garantirait une fin de vie sans plus aucune pression.) Philippe monterait sur le trône à l’automne. Festivités nationales. Elans patriotiques. Joyeuses entrées à Bruxelles, Namur, Gand, Liège, Charleroi. Belle foire d’empoigne à Anvers, capitale de N-VAland. Reconstruction d’un large sentiment d’identité belge, d’appartenance au même pays. Accéléré et amplifié par la probable qualification des Diables rouges pour la Coupe du monde de football (elle serait décrochée cet automne, elle aussi). Accord au sein de la majorité fédérale sur les modifications du statut royal à faire voter sous la prochaine législature – tout ce qui rognera le risque d’influence, d’intervention, d’avertissement, de divisions communautaires du nouveau roi. 

Autant d’événements susceptibles d’ôter de la lumière et de l’écho aux patrouilles de De Wever. Autant d’occasions d’empêcher le favori de la compétition d’occuper toute la scène. Autant de possibilités d’augmenter les chances, après « la mère de toutes les élections », de reconduire la même tripartite au fédéral et de limiter la toute-puissance de la N-VA au gouvernement régional flamand. 

Autant d’arguments pour transformer Philippe en, sinon meilleur allié d’Elio DiRupo, au moins en maître atout. Davantage que son père, aujourd’hui, en tout cas. La vie est toujours pleine de rebondissements. Même dans les meilleures familles.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

FRANCHEMENT ORIGINAL


Voilà donc un scénario parfaitement original et inattendu.

Mais il s'agit d'un pari risqué.

L’Europe dégage 8 milliards pour lutter contre le chômage des jeunes


avec AFP

Les dirigeants européens se sont mis d’accord dans la nuit de jeudi à vendredi pour mobiliser environ huit milliards d’euros pour engager la lutte contre le chômage des jeunes.



Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen. Reuters


Sans surprise, les 27 ont accepté le déblocage accéléré des six milliards d’euros prévus dans le budget européen 2014-2020 pour lutter contre le chômage des jeunes. Cette « Initiative pour la jeunesse » concerne les régions les plus frappées par le chômage des jeunes, soit 13 pays.

Ils utiliseront cette enveloppe principalement en 2014 et en 2015, a indiqué le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, lors d’une conférence de presse concluant cette première journée de sommet. Les principaux bénéficiaires devraient être l’Espagne, la Grèce, l’Italie et la France la première année, a précisé un diplomate européen.

Mais les Européens ont été plus loin que prévu, en décidant de puiser également dans des fonds inutilisés, ficelant ainsi un plan un peu plus ambitieux que prévu.

26 MILLIONS DE CHOMEURS EN EUROPE, DONT 5,6 MILLIONS DE MOINS DE 25 ANS

Grâce à la flexibilité décidée dans la gestion du budget 2014-2020, la somme destinée à aider les jeunes «  sera bien plus importante que six milliards d’euros. Elle devrait au moins s’élever à huit milliards d’euros, selon les projections  », a affirmé M. Van Rompuy.

« Il a été décidé que toutes les marges de manoeuvre supplémentaires qui pourront être dégagées à partir de 2015-2016 (dans le budget européen) seront affectées prioritairement à la lutte contre le chômage des jeunes », a pour sa part expliqué le président français, François Hollande.

Cette somme va notamment servir à traduire en actes la « Garantie pour la jeunesse », qui prévoit de proposer une formation ou un emploi dans les quatre mois après la fin de ses études ou la perte de son emploi à un jeune.

Plus de 26 millions de personnes sont au chômage en Europe, dont 5,6 millions de moins de 25 ans. La situation est alarmante dans certains pays comme la Grèce et l’Espagne, où plus d’un jeune sur deux est sans emploi. En Belgique, les derniers chiffres d’Eurostat montrent que 22,4% des personnes de moins de 25 ans n’ont pas de travail.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CEST BEAUCOUP TROP PEU, BEAUCOUP TROP TARD

Quand comprendra-t-on que c'est notre avenir qui se joue ici et celui de nos enfants? Il serait temps que l'Union Européenne  mobilise toutes ses ressourcesabsolument toutes, pour faire face à ce défi qui obère l'avenir du vieux continent. C'est le taux faramineux de chômage sous la République de Weimar qui a mis Hitler au pouvoir en Allemagne dans les années trente.  C'est le New Deal ambitieux de Roosevelt  qui a épargné ce désastre aux Etats Unis après la crise de 29.

Van Rompuy devrait jouer sa carrière là-dessus! Et que Cameron sorte du club et retourne à son insularité. Give him his money back and kick him out!

L'Europe implose par manque d'audace et excès de pusillanimité.

MG

 

 

 

 

CEB : "Il y a des instructions politiques"


BOCART STÉPHANIE La Libre Bekgique


Françoise Bertieaux défend le CEB, mais "il faut augmenter le niveau".

Nonante-six pour cent ! Cette année, le taux de réussite des élèves de 6e primaire à l’épreuve du CEB (Certificat d’études de base) s’affiche comme l’un des meilleurs depuis 2007. Des résultats qui n’ont pas manqué de susciter de nombreux commentaires.

Pour Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au parlement de la Communauté française, se pose"une double question". Primo, "est-ce un CEB-vérité ? De ce que j’entends et lis, la réponse est de plus en plus "non"". Secundo, "cela a-t-il un sens de mettre le seuil de réussite du CEB à 50 % quand on voit le taux d’échecs en 1re année secondaire et les résultats du CE1D en fin de 2e secondaire ? C’est envoyer délibérément des enfants au casse-pipe".

Alors que d’aucuns plaident pour la suppression du CEB et l’évaluation du tronc commun en fin de 2esecondaire avec le CE1D, Mme Bertieaux défend le maintien du CEB. "Plutôt que de vouloir endormir l’affaire en voulant faire progressivement disparaître le CEB pour ne plus avoir que l’évaluation du CE1D, estime-t-elle, il faut se poser la question sur l’aspect vérité du CEB et sur le niveau de celui-ci".

Pour ce faire, il faut, selon elle, un CEB qui évalue les socles de compétences qui doivent être acquis en fin de 6e primaire et qui soit aussi imaginé en concertation avec des enseignants du secondaire. De même, "il faudrait augmenter le seuil de réussite à au moins 60 %, mais à 70 % en français et en maths".

Au-delà, un taux de réussite de 96 % au CEB laisse à la députée l’impression que "des instructions politiques sont données pour que le plus grand nombre d’enfants réussissent et ainsi montrer que tout va bien dans l’enseignement alors que toutes les études nous disent le contraire. On ment ! Un an avant les élections, on est parvenu à augmenter le taux de réussite à 96 %, mais non !, on a descendu le niveau d’exigence, c’est tout".

D’ici quelques jours, ce sont les résultats du CE1D, obligatoire depuis cette année, qui seront livrés. Or, l’an dernier, le taux de réussite dépassait à peine la barre des 50 %… "On ne peut pas mentir éternellement, reprend l’élue MR. A un moment donné, il y a des révélateurs. Mais je crains que par après il y ait une pression pour baisser le niveau du CE1D. Or, à force de mentir de plus en plus loin dans le parcours des jeunes, on voit qu’ils sont de plus en plus nombreux à se casser la figure : en 1re année du supérieur, le taux d’échecs est de 60 % !"

Outil d’évaluation, le CEB doit permettre aux élèves de "faire le bilan de leurs compétences lors de la transition entre le niveau primaire et le secondaire (souvent dans un autre établissement), assure encore Mme BertieauxEt, partant, il faut inscrire le projet pédagogique au cœur de l’inscription en 1re année secondaire, et non la distance entre l’école secondaire, le domicile et l’école primaire", fustige-t-elle. Dans sa ligne de mire : le décret Inscription.

"Chaque année, de plus en plus d’enfants sont en souffrance, rappelle-t-elle. Avec le boom démographique à Bruxelles, cela va faire de plus en plus mal. Nous avons vu les limites du système. Le MR plaide pour la suppression du décret Inscription et s’oppose à l’instauration de tout autre décret de ce type en maternelle ou primaire". Pour elle, "un enfant qui a 50 % au CEB doit pouvoir choisir une école qui offre davantage de remédiation tandis que celui qui réussit avec 95 % devrait pouvoir choisir une école ayant une option "maths fortes", par exemple".

Enfin qui dit fin d’année scolaire, dit "jours blancs"… ou "cauchemar des parents", commente MmeBertieaux. Pour éviter que les jeunes ne soient livrés à eux-mêmes, le MR a, dans une proposition de décret, imaginé que pendant les jours blancs soient organisées au sein des écoles, avec présence obligatoire, des activités qui ne peuvent avoir lieu pendant l’année scolaire faute de temps. Exemples ? Préparation au permis de conduire, éducation à la vie affective et sexuelle, cours de secourisme,… Mais cette proposition n’a pas encore été débattue au Parlement.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCIY

ON NE NOUS DIT PAS TOUT

Pourquoi ce score soviétique de 96,3%? Qui cherche-t-on à impressionner? Quel électorat vise-t-on par cette opération médiatique? La réaction musclée du MR est salutaire. Elle exprime en peu de mots le point de vue de tout observateur critique.

Et pourquoi ne nous dit-on pas combien d'enfants le réussissent non pas sur les rotules avec 50% mais avec 70, 80, voire 95%?

Nous vivons dans une étrange société qui prône l'excellence en sport, en foot par exemple, en musique notamment avec le Reine Elisabeth, mais qui prône le"middelmatisme" voire la médiocrité sur le plan intellectuel.  La vérité c'est que l'école en Communauté française prépare le désastre social de demain. Qui prêche la médiocrité, accélère notre déclin!

MG

 

 

 

 

"Roi potiche", voie royale sans issue

Pierre Havaux

Source: Le Vif


La Belgique restera une monarchie non protocolaire… ou ne sera plus. Problème : à force de s’abriter derrière Albert II pour se sortir du pétrin, les politiques mettent le roi en danger. Et ses derniers leviers d’influence en péril.


© ImageGlobe

Un Roi a-t-il encore un avenir sous nos latitudes, et pour peu que la réponse soit positive, quelle raison d’exister faut-il encore lui donner ?

Remodeler la monarchie vaut-il vraiment la peine de s’exciter ? Après tout, prétend-on, le Roi a déjà largement perdu la main. La fédéralisation en mode continu du royaume ne lui laisse plus, pour tout périmètre d’activité, que le niveau fédéral, point de rencontre sensible entre Flamands et francophones. Et encore : à la stricte condition que le souverain s’y manifeste en marchant sur des œufs, pour ne fâcher personne.

Or, « les affaires » s’enchaînant, on prône de plus en plus souvent, de plus en plus fort, la monarchie protocolaire pour la Belgique.

Même si, dans les faits, un roi potiche, on s’en éloigne ! « Depuis la formation des gouvernements Leterme et Di Rupo, en 2007 puis 2010, le monde politique place le Roi dans une situation intenable. Confrontés à l’impasse, les hommes politiques commencent à improviser, ils incitent la Cour à en faire autant. Ce qui expose le souverain à la critique et le met en danger. La fonction royale risque de se retrouver ainsi politisée », s’inquiète l’historien et spécialiste de la monarchie, Mark Van den Wijngaert.

C’est une bien mauvaise pièce que l’on fait ainsi jouer à Albert II, retenu pour le rôle du casse-cou de service. Danger, prévient aussi l’historien Vincent Dujardin (UCL) : « Au fil de son règne, Albert II agit davantage « à la Baudouin », sous la contrainte du monde politique. Les réticences affichées, y compris au sein du gouvernement fédéral, à l’égard d’une possible abdication du Roi, accrédite faussement l’image d’un homme providentiel dont on ne saurait se passer. Cette façon de surestimer le statut de la fonction royale n’est pas saine. »

Encore faut-il que le Roi nouvelle formule garde un zeste d’étoffe, sa part invisible d’influence. « Qu’il soit autre chose que l’automate ou la poupée gonflable que certains en Flandre rêvent de placer sur le trône », assène Olivier Maingain, président du FDF. Sinon, à quoi bon ? « Un roi pot de fleur, sourd, aveugle et muet : non merci. Autant alors supprimer une monarchie qui coûterait cher pour ne rien faire. Et je ne dis pas cela pour sauver la monarchie, mais pour faire fonctionner l’Etat », abonde le sénateur CDH Francis Delpérée.

Le constitutionnaliste Marc Uyttendaele (ULB), lui, s’est bien lâché, dans une récente carte blanche : « Les fossoyeurs de la monarchie sont francophones. En refusant le débat réclamé par les nationalistes flamands sur les pouvoirs du Roi, ils commettent une erreur historique.» Celle de louper l’occasion de donner un nouveau départ à une monarchie en quête de souffle.

Pierre Havaux

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TANT QUE NOUS AURONS UN ROI...

"Tant que l'Europe ne sera pas politiquement adulte, nous aurons besoin de la Royauté (non potiche) et non d'un président flamand pour que les Belges continuent d'exister."

Difficile de ne pas être d'accord avec ce commentaire lucide!

Entièrement d'accord également avec l'internaute qui écrit:

"Trop souvent ces dernières décennies, le monde politique, agissant de plus en plus avec la prochaine élection en ligne de mire au lieu du bien commun, n'a plus le courage d'assumer d'actes forts, et se cache frileusement derrière la fonction royale. Un peu de courage que diable ! N'y a-t-il donc plus d'hommes libres dans ce pays ? Libre de dire, libre de faire, libre de bousculer un peu ce monde politique de plus en plus coincé dans ses contradictions. Di Rupposemble le type même de personnage: un socialiste chef d'un gouvernement de droite ânonnant des lieux communs figés dans un sourire perpétuel .... triste ou risible ?"

Nous vivons dans une démocratie bloquée où chacun retient son souffle avant les élections de 2014.

Il est dangereux d'instrumentaliser Albert II comme l'ont fait sans scrupule Dehaene, Verhofstadt et Di Rupo.

Dans une monarchie constitutionnelle, la royauté est moins une personne couronnée qu'une fonction royale.

L'affaire de la fille naturelle de AlbertII risque de le forcer à la démission et de laisser le champ libre à Philippe.

Le cas de figure anglais frise la caricature: la reine est totalement sanctifiée au détriment de Charles dont la personnalité est infiniment plus séduisante et dans l'air du temps.

MG 

mercredi 26 juin 2013

Notre si grande difficulté à gérer l'échec

William, 13 ans, s’est suicidé mardi soir, dans son jardin, à Nandrin, après avoir appris qu’il avait raté sa première secondaire.



© ThinkStock


A ce stade, on ne sait pratiquement rien de lui. Seulement qu’il avait réussi son CEB, l’an dernier, après un parcours scolaire plutôt difficile. Des couches de mal-être installées peut-être déjà en lui, de sa « santé » morale, de son entourage, de ses conditions de vie, on ne sait rien. Donc, depuis notre position, avec les éléments en notre possession, on ne peut être en aucun cas catégorique. Mais un enfant qui se donne la mort officiellement à cause d’un échec à l’école, c’est consternant. 

Parce qu’être recalé ne vaut pas ça, évidemment. Pas davantage qu’un chagrin amoureux, un conflit avec les parents, une exclusion d’un groupe. 

On sait que l’adolescence est une période délicate, durant laquelle les âmes et les pensées sont exacerbées, en mutation, vulnérables. On sait aussi que la réussite scolaire est le défi majeur, l’objectif essentiel auxquels on est confronté, à ces âges-là. On sait donc qu’il y a une pression évidente, familiale et/ou sociale, autour de cet enjeu. 

Et on voit, ici de façon tragique, qu’elle peut pousser certains à des réactions extrêmes. 

Le geste de William rappelle la difficulté que nous avons, tous, à gérer l’échec. Celui des autres, de nos proches, comme le nôtre. L’échec scolaire, l’échec professionnel, l’échec social, l’échec affectif. En la matière, il est périlleux, prétentieux et déplacé de donner des leçons unes et universelles. Dans le cas précis de l’échec à l’école, qu’on soit ado ou universitaire, on peut en revanche suggérer de ne pas considérer qu’il équivaut à prouver le peu de valeur de celui qui en est victime. L’enseignement doit, par essencerappelait hier Bart DeWever, « chercher l’excellence des élèves ». Il doit viser 100 % de réussites, en plaçant des critères qualitatifs qui poussent vers le haut. Mais à côté, on doit préparer à l’échec, puisqu’inévitablement, à un moment ou l’autre du cursus, cet échec survient. 

Les parents, les enseignants, l’entourage de celui qui échoue, doivent donc parvenir à ce comportement qui consiste à ne pas minimiser l’échec, à le considérer comme insignifiant, anecdotique, mais à ne pas non plus ensurdimensionner l’ampleur et la signification. On peut échouer sans être incompétent. On peut perdre des manches, à différentes époques de son parcours, sans rater sa vie pour autant. On peut traverser ses années scolaires comme un calvaire et faire preuve d’excellence une fois ce parcours bouclé, parallèlement à ce parcours aussi d’ailleurs. 

Le culte de la performance, l’obligation de résultat et la course à la productivité qui régissent nos existences englobent désormais jusqu’à celles des enfants. De plus en plus tôt. Au point de nous réduire à deux catégories possibles : les bons éléments et les mauvais. Les bons sont glorifiés. Les mauvais sont sanctionnés. Et singularisés. Laissés pour compte. 

Et la course à la réussite toujours plus effrénée. Sans plus la moindre faculté de gérer la défaite. 

Celle qui, comme les erreurs, comme les échecs, devrait pourtant faire naître les futures victoires. Si on la prend en compte, pour en tirer les enseignements, rectifier le tir, changer de méthodes, accepter d’autres rythmes tout en gardant le même objectif : trouver sa place, la plus ensoleillée possible. En paix avec soi.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TRAGIQUE ET INUTILE


Lamentable histoire que celle de ce pauvre gamin qui s'est senti complètement abandonné par son entourage.

A quoi bon jeter la pierre à qui que ce soit si ce n'est au système qui génère ce genre de drame.

Cela ne devrait pas arriver de même que les accidents de car dans les tunnels alpins ou les départs insensés vers la Syrie. Et pourtant, les medias n'arrêtent pas de nous culpabiliser avec ce type d'infos qui toutes nous interpellent.

MG

 

 

mardi 25 juin 2013

Plus d'un adulte belge sur 4 n'a pas de diplôme du secondaire supérieur


BELGA 


La Belgique est par contre un bon élève en ce qui concerne le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur, universitaire ou non. 

Sur la population belge âgée de 25 à 64 ans en 2011, 28% des individus avaient comme degré d'enseignement le plus élevé un diplôme inférieur à celui de la fin du secondaire, révèle entre autres le rapport 2013 "Regards sur l'éducation" de l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE), dévoilé mardi. 

 

Avec ses 28% d'adultes n'ayant pas terminé leurs secondaires, la Belgique fait moins bien que la moyenne des pays de l'OCDE (25%). 

 

Ce taux très élevé est surtout dû à la tranche la plus âgée du groupe étudié. En effet, seuls 56% des 55-64 ans belges ont obtenu un diplôme de fin de secondaire ou plus. Ce taux monte à 82% dans la tranche des 25-34 ans actuels. En comparaison, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Pologne et la Suède dépassent tout de même les 90% sur cette même tranche d'âge, la plus jeune... Sans parler de la Corée du Sud, qui surpasse tous les autres Etats pour culminer à 98%.

 

La Belgique apparaît très contrastée dans ses résultats, car elle est par contre un bon élève en ce qui concerne le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur, universitaire ou non (35% des 25-64 ans en 2011). C'est le groupe intermédiaire, composé de ceux qui ont juste un diplôme de secondaire supérieur, avec éventuellement une formation professionnalisante relativement courte en supplément, qui est bien moins développé en Belgique qu'ailleurs.

 

En-dehors des chiffres nationaux, l'OCDE a pu observer de grandes tendances générales, qu'elle relie parfois à la crise économique. Ainsi, le taux de chômage des travailleurs peu qualifiés a progressé de manière bien plus importante que celui des individus hautement qualifiés. La crise a également accru les écarts de revenus entre ces deux catégories, et entraîné une hausse du nombre de jeunes qui choisissent de poursuivre leurs études, affirme le rapport.

"Regards sur l'éducation" 2013 analyse et compare les statistiques des 34 pays membres de l'OCDE, ainsi que de l'Afrique du Sud, de l'Arabie saoudite, de l'Argentine, du Brésil, de la Chine, de l'Inde, de l'Indonésie et de la Fédération de Russie. Les chiffres les plus récents pris en compte pour cette étude datent de 2011. 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

PLUS D'UN ADULTE BELGE SUR 4 SANS DIPLOME DU SECONDAIRE


C'est tout simplement ahurissant.

Puisqu'il s'agit d'une moyenne nationale, il y a quelque raison de penser que les chiffres sont encore moins bons à Bruxelles.  

Les politiques se résignent et acceptent sans sourciller ce bilan catastrophique…Et le bon peuple d'entériner ce fait accompli.

Sans enseignement performant, il n'y a pas d'avenir! Faut-il s'y résigner?

Y a-t-il  au sein de la Région Bruxelles capitale  une seul homme ou une seul femme politique qui va faire de ce problème son cheval de bataille? Pendant des décennies, les libéraux et les socialistes ont été les défenseurs acharnés de l'enseignement officiel.

Tout se passe comme si plus personne ne s'en souciait désormais.

Les états d'âme de la fille naturelle de AlbertII, son éventuelle abdication,  les fondations de Fabiola, les tribulations de Laurent en terre d'Israël, le sort du stade de foot dont Rudi Vervoort a fait son combat nous importent franchement peu à côté de cette priorité absolue qui doit être celle de l'enseignement.

MG

 

96,3% des élèves ont réussi le CEB. Un examen trop facile?


BELGA ET RÉDACTION EN LIGNE 



 

BELGIQUE "Les ministres aiment les bonnes nouvelles qui masquent le désastre de notre enseignement francophone..."

Les élèves de sixième primaire qui ont présenté l'épreuve du Certificat d'études de base (CEB) cette année ont été 96,3% à le réussir, soit le résultat le plus élevé ces cinq dernières années, selon des chiffres diffusés mardi par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui juge ces résultats "très satisfaisants". Ceux-ci portent uniquement sur les réussites de l'épreuve certificative et non sur le nombre de CEB délivrés. Sur les 48.859 élèves de sixième primaire qui ont passé le CEB, 47.046 l'ont fait avec succès.

Pour réussir l'épreuve, les élèves devaient obtenir au minimum 50% des points en français, mathématiques et en éveil (histoire-géographie et sciences). Pour l'épreuve de français, ces élèves ont obtenu une moyenne de 78,67%, contre 80,93% en mathématiques et 78,39% en éveil. L'élève qui réussit l'épreuve obtient automatiquement le CEB et fréquentera dès septembre prochain la première année commune de l'enseignement secondaire.

En cas d'échec ou d'absence justifiée à l'épreuve, les élèves peuvent obtenir le CEB sur la base des résultats des deux dernières années scolaires. C'est l'école qui prend alors cette décision. Les parents d'un élève auquel l'octroi du CEB a été refusé peuvent introduire un recours contre ce refus. En 2012, le taux de réussite du CEB avait été de 92,1%. 

"UN TEST TROP FACILE!"

Alain Destexhe se demande s'il convient de se réjouir de 96% de réussite: "Ce test n'a de sens que s'il donne une indication du potentiel de l'élève dans le secondaire. Or les élèves qui obtiennent moins de 70% ont 50% de chances d'échouer au test de fin de premier degré du secondaire (CE1D).  Rien n'est prévu pour conseiller, orienter, aider ceux qui ont entre 50 et 70%. La moyenne du test en français est de 78% (80%  en maths). Un très grand nombre d'enfants sont donc concernés." Sa conclusion, cinglante: "Les ministres aiment les bonnes nouvelles qui masquent le désastre de notre enseignement francophone..."

Par conséquent, le député MR souhaite impérativement changer le test du CEB afin qu'il soit "plus exigeant". Il veut aussi avertir ceux qui ont obtenu moins de 70%, qu'ils risquent un échec. Pour éviter cela, il leur conseille fortement de réviser le français et les maths pendant les vacances scolaires.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

CEB AU RABAIS=AVENIR AU RABAIS


C'est une vraie question qui demande une vraie réponse.

Dire que 96,3% des élèves obtiennent leur CEB c'est affirmer que l'enseignement primaire est excellent. Or nous savons qu'il ne l'est absolument pas vu le taux d'échec en secondaire et le nombre élevé de décrochages scolaires. Fausser le thermomètre est aussi intelligent que le casser pour faire tomber la fièvre.

Destexhe a raison et on n'est pas obligé de l'aimer pour partager son avis. Mais qu'on y réfléchisse un peu, c'est l'avenir de notre civilisation qui se joue ici. CEB au rabais=avenir au rabais.

Sans enseignement de qualité pour tous, il ne saurait y avoir de société organisée.

 MG

 

 

N-VA is als reality-tv: je denkt dat het echt is en toch houden ze de nuchtere waarheid verborgen


OPINIE − DM

DM COLUMN Fikry El Azzouzi is auteur van onder meer 'Het Schapenfeest'.



N-VA heeft gezorgd voor de destructie van het Vlaams Belang. Al lijkt delightversie bij momenten ongezonder dan de originele.

De laatste keer dat ik in Marokko rondhing, zei mijn oom dat ik te Vlaams geworden ben. Hij fronste, begon met zijn vingers te knippen en zei: "Je lijkt een beetje op die Vlaming. Die met zijn strikje. Je bent even Vlaams als DiRupo geworden."

Ik had geen zin om hem te corrigeren, maar vroeg me af wat N-VA hiervan zou vinden. Een compliment? Dat mijn oom Vlaanderen in plaats van België zei. Of de ultieme belediging? Elio Di Rupo als premier van Vlaanderen.

Misschien had ik vroeger een verkeerd beeld van N-VA. Mijn innerlijke monoloog vertelde me dat de partij bestond uit oude mannetjes die graag aan hun eigen flatus ruiken. Mijn innerlijke monoloog verbeterde me meteen: "Je mag niet te veel op de man spelen. Bovendien lopen daar ook vrouwen rond." Soms kan ik de stemmen in mijn hoofd beter onderdrukken.

Ook al zul je me niet geloven, ik gun N-VA het succes. Ze heeft gezorgd voor de destructie van het Vlaams Belang, ook al blijkt de lightversie soms ongezonder te zijn dan de originele.

Toch lijkt het andersom niet te werken. Lopen ze naast hun schoenen en zijn ze daarom zo snel op de teentjes getrapt?

Ik geef het toe, ik kijk graag naar N-VA. Het is alsof ik reality-tv kijk. Je denkt dat het echt is, en toch houden ze de nuchtere waarheid verborgen. Na slaapverwekkend onderzoek kan ik het hele partijprogramma in een woord samenvatten. Afschaffing. Nieuw-Vlaamse Alliantie klopt niet. Nieuw-VlaamseAfschaffing is de werkelijke naam.

Ik wil niet overdrijven, maar werkelijk alles staat in teken van afschaffing. Alleen vind ik dat ze daar meer voor moeten uitkomen. Je bent afschaffer of je bent het niet.

Laten we beginnen met de afschaffing van België. Ook al ontbreekt hen de moed om te zeggen wat ze werkelijk van plan zijn met het land.

Afschaffing van de Rode Duivels. Daar hebben ze niet de ballen voor, om dat openlijk te zeggen.

De afschaffing van het koningshuis. Wat een puik idee is.

Kunnen ze geen manier vinden om de grijze, natte ochtenden af te schaffen? Bemoeienissen van de overheid? Afschaffing, behalve voor de kleine man.

Afschaffing van Syriëstrijders uit het bevolkingsregister. Afschaffing van belastingen. De staat zal zichzelf wel redden. Afschaffing van cultuur. Hoezo, heeft Vlaanderen cultuur? O jee, dat was weer op de man.

Afschaffing van de sociale sector. Het begon met sociale restaurants en als de tijd rijp is, volgen OCMW en middenveld. Afschaffen die handel. De transfers afschaffen. Welke transfers? Afschaffing van allochtoon. Verdomme, iemand is jullie voor.

Afschaffing van verdacht voedsel. De coquilles, entrecôtes, de crème brûlée.

''t Stad is van iedereen' afgeschaft. Beerschot afgeschaft. Zulte Waregem en KV Oostende, goed geprobeerd.

Snackbars, koffiehuizen en patsers op bakfietsen gaan er ook aan. Zo gaat dat in tijden van afschaffing.

Voor ik mijn columns afschaf, wil ik iets voorstellen. Even nadenken. Gefrons, vingerknippen. Afschaffing van de regionale gijzeling. Zodat ik al dan niet op Di Rupo kan stemmen.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

AFSCHAFFEN : SUPPRIMER


Certes cet article est excessif mais il pointe un point essentiel: la volonté de la N-VA (que l'auteur appelle la Nieuwe Vlaamse Afschaffing) de supprimer un très grand nombre de choses.

Selon lui, et on ne saurait lui donner tort entièrement tort, le programme de la N-VA se résume à un mot: AFSCHAFFEN-SUPPRIMER.

Supprimer quoi?

On commencera par supprimer la Belgique en supprimant les diables rouges et la monarchie


Supprimer ensuite, en les rayant des registres de la population, les combattants syriens. Supprimer les impôts, supprimer la culture (Anvers vient de diminuer les budgets culturels). Afschaffing van de sociale sector(Het begon met sociale restaurants en als de tijd rijp is). De transfers afschaffen. Welke transfers? Afschaffing van allochtoon. Afschaffing van verdacht voedsel(nourriture suspecte). De coquillesentrecôtes, de crème brûlée.


''t Stad is van iedereen' afgeschaft. Beerschot afgeschaft. Zulte Waregem en KV Oostende, goed geprobeerd.

Supression des Snackbars, des "koffiehuizen" . Zo gaat dat in tijden van afschaffing.


Autrement dit, Bart De Wever reprend à son compte l'héritage de Maggy Thatcher et de Ronald Reagan. En un mot: "suppression du secteur public" et cure d'amaigrissement radicale de l'Etat.

Le régime draconien que s'est imposé l'homme fort d'Anvers est une métaphore de celui qu'il entend proposer aux Flamands et à tous les Belges.  "België ontstrikken" :débarrasser la Belgique de l'homme au noeud papillon était le slogan de sa dernière campagne. Il persiste et signe!

A bon entendeur, salut.

MG



 

" La France actuelle ressemble à celle des années 30 "

Vincent Genot


The New York Times n’est pas tendre avec la France. Dans un éditorial, le quotidien américain explique que la France de 2013 ressemble à celle des années 30. La situation politique actuelle aurait un air de "déjà vu"

" Les parallèles historiques sont toujours risqués, mais il est quand même inquiétant d'entendre les échos de la troisième République dans la France d’aujourd'hui. Au sein de l'Europe, la France semble avoir perdu sa place de partenaire égalitaire avec l’Allemagne. C’est une évolution inquiétante puisque depuis plus d'un demi-siècle c’est l'entente franco-allemande qui a servi de principal pilier à la stabilité européenne. "

Et le New York Times de se remémorer les faiblesses de la troisième République et son «incapacité à s'adapter à la dépression économique et au réarmement allemand. » Deux caractéristiques qui ont montré « la faiblesse d'une classe politique portant des œillères et n'ayant que ses intérêts en vue ». Pour le quotidien américain, ce manque de vison politique a créé un vide qui a été comblé dans les années 1930 par les extrémistes de droite et de gauche. 

Et de conclure que le monde politique français subit aujourd'hui une grande pression. Raison pour laquelle il devient urgent pour la classe dirigeante de faire preuve de plus de courage et de détermination. Faute de quoi, la promesse d'un avenir meilleur ne restera qu’une promesse pour la France.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA PEUR DU CHANGEMENT

Depuis ma plus tendre enfance, j'entends parler de la montée des périls. Cette fois cela devient franchement inquiétant. La gauche patauge, la droite française est en déperdition. Marine attend son heure, un peu comme Bart chez nous. Di Rupo veut taxer les grosses villas. Voilà qui va faire les choux gras de son cher ennemi Bart De Wever.

La démocratie, me demandait l'autre jour un ami, contiendrait-elle les germes de sa propre destruction ?

Le fond de l'air est brun. On le sait, on le sent et on s'enfouit la tête dans le sable. Nos jeunes universitaires diplômés sont de plus en plus nombreux à quitter la vieille Europe pour des horizons plus cléments.

"France’s real problems lie at home. And the principal one of these is fear of change. It is not a new fear. Previous governments backed off after proposed social and economic reforms brought massive street protests. President FrançoisHollande, whose Socialist government took office 13 months ago, created his own headache by promising change without pain — or rather pain for the rich, but not for the massive public sector that is the principal obstacle to change."

"François Hollande leur a promis le changement sans la douleur. Et ils ont subi la douleur, sans voir la couleur du changement."

Elio di Rupo ne procède pas autrement: la Wallonie baisse l'échine, Bruxelles se résigne mais la Flandre se rebiffe.

"The result so far has been a renewed recession."

"In a country accustomed to strong presidential rule, the heart of the problem lies in the perceived weakness of Hollande and the disarray within his government.(...). The mood of the country is more often determined by how the president projects his power and personality. And if the hyperactive Sarkozymanaged to put off many French by being all too present, Hollande is viewed at best as an office manager struggling with an uncooperative staff.

Put differently, the political void is being filled by anger and frustration."

En un mot comme en mille: le vide politique est envahi par la colère et la frustration des Français. Le fond de l'air est brunâtre.

MG  d'après ALAN RIDING NYT

 

 

Roger-Viollet

 

lundi 24 juin 2013

Elio Di Rupo : l'homme qui esquive tout

Thierry Fiorilli - Rédacteur en chef adjoint au Vif/L'Express


On peut donc être Premier ministre de deux démocraties opposées, qui font plutôt chambre à part et ne répugnent pas à se jeter la vaisselle sale à la tête, et passer entre les gouttes, même au plus fort des déluges. On peut. Elio Di Rupo le prouve depuis bientôt dix-neuf mois.  

Malgré la crise économique, donc aussi sociale, malgré l’étau dans lequel l’Europe maintient le pays, malgré une majorité gouvernementale qui mêle l’eau et le feu, malgré une opposition (la N-VA) toujours plus acérée et imposante, malgré un rythme de travail qui ne tolère aucun relâchement et malgré un agenda mondain démentiel, le Montois reste frais comme un gardon, tout sourire, s’administrant des bulletins de premier de classe, prêchant la bonne parole et apparaissant, somme toute, au comble du ravissement d’occuper les fonctions suprêmes. 

Pour autant, ce n’est pas un crime de lèse-majesté que de poser une question, toute simple : au vu des circonstances qui ont présidé à la formation de cet exécutif, propulsant Di Rupo à sa tête, et face au bilan de son équipe (impressionnant, en termes quantitatifs mais hétéroclite, compte tenu des objectifs divergents des six formations qui la composent), à quoi sert exactement ce Premier ministre ? La réforme institutionnelle en cours a été décidée avant que le gouvernement ne démarre effectivement. Les dossiers épineux sont renvoyés aux calendes grecques, aux partenaires sociaux ou à la seule responsabilité du ministre de tutelle, qui semble dès lors agir à sa guise bien plus qu’au nom d’une vision de société partagée par l’ensemble des partis au pouvoir. Les réformes médiatiques (libération conditionnelle, impôts sur les dotations royales, renforcement de la sécurité dans les transports publics...) n’ont été que des mesures prises à la va-vite, souvent sans concertation avec les autorités concernées et répondant à ce qu’on appelle pudiquement « l’émotion populaire ».

De quoi considérer que presque n’importe qui pourrait conduire l’attelage actuel. 

C’est qu’Elio Di Rupo, sous son allure d’éternel dandy épanoui, ne jouit de pratiquement aucune liberté. Il est prisonnier du contexte institutionnel, qui a amputé sa législature de 541 jours, le contraint à boucler une sixième réforme de l’Etat et le pousse à donner à ses partenaires flamands de la majorité tous les outils pour espérer pouvoir affronter sans trop de dommages l’armada de la N-VA. Il est prisonnier du contexte européen, qui l’enferre dans une succession d’économies à réaliser, de dépenses à diminuer, d’acquis sociaux à fragiliser, au point de se brouiller avec le tout-puissant syndicat-frère, la FGTB. Il est prisonnier du calendrier, qui pointe un scrutin fédéral et régional en mai de l’année prochaine, donc qui raidit toutes les positions parce que personne ne veut prendre de risques, si proche de cette échéance électorale capitale. Et il est prisonnier de sa propre image, celle de l’enfant immigré venu de nulle part, aux chances de réussites proches de zéro, orphelin de père et homosexuel, mais qui, tout seul, a gravi toutes les marches, jusqu’au plus haut étage qu’il pouvait sans doute rêver atteindre. Une sorte d’icône, qu’il n’entend pas écorner et qui le fait flirter avec la caricature : plutôt botter en touche que s’exposer à la défaite. 

Pour sa campagne menant à la triple élection de l’an prochain, le PS aura beau miser sur saint Elio, sur l’homme qui a sauvé le pays tout en le réformant profondément, il n’en tirera peut-être pas les bénéfices escomptés. Puisque le prisonnier le plus souriant de Belgique sert surtout et de plus en plus de punching-ball collectif. 

Di Rupo, lui, sait comment ne pas prendre les coups les plus douloureux. En se plaçant hors-radar, au-dessus de la mêlée, en deuxième ligne. Pour n’apparaître que lorsque le succès est garanti. En bon roi de l’esquive.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SAINT ELIO PRIEZ POUR LA SURVIE DE LA BELGIQUE

De toute évidence, homo diruponus laissera une trace forte dans l'histoire de ce pays. Son plan de carrière est un sans faute et sa saga personnelle une sorte de mythe fondateur pour le XXIème siècle: l'orphelin d'immigré devenu Premier.

A l'évidenceil n'a ni plus ni moins de pouvoir en termes relatifs que son "ami" François Holllande mais à la différence avec son homologue français, il maîtrise la com comme personne. Il fait rire en Flandre mais n'en a cure; il règne en souverain sur la Belgique francophone. Le roi, c'est lui (roi de l'esquive selon Fiorilli) . Albert II le sait mieux que personne. Ils sont les deux faces de l'Euro belge.

MG