mardi 11 juin 2013

Amsterdam, ville modèle


Le Soir


Durable. Voilà le qualificatif qu’Amsterdam affectionne par-dessus tout. Celui qu’elle souhaite toujours mieux attribuer à ses principaux champs d’actions : mode de vie, travail, mobilité, espaces publics… Durable, mais aussi rentable, de façon à devenir, comme elle l’ambitionne, la première « Smart City »d’Europe.
En endossant ce statut de ville intelligente en 2009, la cité batave entendait surtout honorer son Amsterdam Climate Program et mener à bien les trois grandes missions qui s’y dessinent : réduire, d’ici à 2025, ses émissions de CO2 de 40 % par rapport à 1999, soit le double de l’objectif fixé par l’Union Européenne ; satisfaire, avant 2025, 20 % de ses besoins énergétiques grâce à des énergies renouvelables; et parvenir, à l’horizon 2015, à la neutralité carbone. Quatre ans plus tard, la voilà rebaptisée Amsmarterdam. Le lancement du programme Amsterdam Smart City (ASC), vaste projet collaboratif et plateforme ouverte où s’associent entreprises, centres de recherche, pouvoirs publics et Amstellodamois
pour expérimenter de manière collaborative les technologies intelligentes, l’a en effet transformée en véritable incubateur de projets estampillés smart. Et ce, dans quatre domaines prioritaires : la vie quotidienne, le travail, la mobilité et l’espace public. La ville cherche, essaie, tâtonne. Par étapes, favorisant leur montée en puissance, de façon à atteindre progressivement ses objectifs : installation d’un premier réseau électrique intelligent, placement de compteurs intelligents, système de collecte durable au coeur d’Utrechtsestraat, la célèbre rue commerçante, arrêts de tramway conçus pour produire et non plus seulement consommer de l’énergie, soutien au développement des véhicules électriques, promotion des smart buildings pour augmenter l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires et résidentiels, généralisation de l’éclairage économique… Autant d’initiatives qui ont modifié la morphologie de la cité. Elle innove aussi et sert de modèle : ses « smart work centers », ou centres de travail intelligents, se déploient aujourd’hui progressivement ailleurs dans le monde.

LES PREMIERS RESULTATS SONT ENCORE MEDIOCRES.
En 2012, ils n’ont satisfait qu’à 0,5 % de ses objectifs de réduction des émissions de CO2. Pour autant, ASC, qui n’est pas un porteur de projets en soi mais un accélérateur d’initiatives et un levier d’appel aux fonds privés, présente une démarche de gouvernance intéressante pour donner le jour à des projets portés par des groupes d’acteurs :  entreprises, organismes publics, services municipaux, etc. Et c’est bien dans cette direction-là qu’Amsterdam, comme toutes les autres villes du futur, devra se tourner  demain : les innovations à venir ne pourront se contenter de n’être le fruit que de la technologie.
Elles devront aussi être l’affaire de stratégies, de processus et de personnes.
F.J.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BRUSSELS SMART CITY

Imaginez un instant ce qui se passerait si un homme ou une femme politique ambitieux (se) partait en campagne avec un tel programme...

Et pourtant, ce devrait être la première ambition de toute grande métropole. Certes, mais non sans se fixer un second objectif:  Cosmopolitan City.

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