vendredi 28 juin 2013

CEB : "Il y a des instructions politiques"


BOCART STÉPHANIE La Libre Bekgique


Françoise Bertieaux défend le CEB, mais "il faut augmenter le niveau".

Nonante-six pour cent ! Cette année, le taux de réussite des élèves de 6e primaire à l’épreuve du CEB (Certificat d’études de base) s’affiche comme l’un des meilleurs depuis 2007. Des résultats qui n’ont pas manqué de susciter de nombreux commentaires.

Pour Françoise Bertieaux, chef de groupe MR au parlement de la Communauté française, se pose"une double question". Primo, "est-ce un CEB-vérité ? De ce que j’entends et lis, la réponse est de plus en plus "non"". Secundo, "cela a-t-il un sens de mettre le seuil de réussite du CEB à 50 % quand on voit le taux d’échecs en 1re année secondaire et les résultats du CE1D en fin de 2e secondaire ? C’est envoyer délibérément des enfants au casse-pipe".

Alors que d’aucuns plaident pour la suppression du CEB et l’évaluation du tronc commun en fin de 2esecondaire avec le CE1D, Mme Bertieaux défend le maintien du CEB. "Plutôt que de vouloir endormir l’affaire en voulant faire progressivement disparaître le CEB pour ne plus avoir que l’évaluation du CE1D, estime-t-elle, il faut se poser la question sur l’aspect vérité du CEB et sur le niveau de celui-ci".

Pour ce faire, il faut, selon elle, un CEB qui évalue les socles de compétences qui doivent être acquis en fin de 6e primaire et qui soit aussi imaginé en concertation avec des enseignants du secondaire. De même, "il faudrait augmenter le seuil de réussite à au moins 60 %, mais à 70 % en français et en maths".

Au-delà, un taux de réussite de 96 % au CEB laisse à la députée l’impression que "des instructions politiques sont données pour que le plus grand nombre d’enfants réussissent et ainsi montrer que tout va bien dans l’enseignement alors que toutes les études nous disent le contraire. On ment ! Un an avant les élections, on est parvenu à augmenter le taux de réussite à 96 %, mais non !, on a descendu le niveau d’exigence, c’est tout".

D’ici quelques jours, ce sont les résultats du CE1D, obligatoire depuis cette année, qui seront livrés. Or, l’an dernier, le taux de réussite dépassait à peine la barre des 50 %… "On ne peut pas mentir éternellement, reprend l’élue MR. A un moment donné, il y a des révélateurs. Mais je crains que par après il y ait une pression pour baisser le niveau du CE1D. Or, à force de mentir de plus en plus loin dans le parcours des jeunes, on voit qu’ils sont de plus en plus nombreux à se casser la figure : en 1re année du supérieur, le taux d’échecs est de 60 % !"

Outil d’évaluation, le CEB doit permettre aux élèves de "faire le bilan de leurs compétences lors de la transition entre le niveau primaire et le secondaire (souvent dans un autre établissement), assure encore Mme BertieauxEt, partant, il faut inscrire le projet pédagogique au cœur de l’inscription en 1re année secondaire, et non la distance entre l’école secondaire, le domicile et l’école primaire", fustige-t-elle. Dans sa ligne de mire : le décret Inscription.

"Chaque année, de plus en plus d’enfants sont en souffrance, rappelle-t-elle. Avec le boom démographique à Bruxelles, cela va faire de plus en plus mal. Nous avons vu les limites du système. Le MR plaide pour la suppression du décret Inscription et s’oppose à l’instauration de tout autre décret de ce type en maternelle ou primaire". Pour elle, "un enfant qui a 50 % au CEB doit pouvoir choisir une école qui offre davantage de remédiation tandis que celui qui réussit avec 95 % devrait pouvoir choisir une école ayant une option "maths fortes", par exemple".

Enfin qui dit fin d’année scolaire, dit "jours blancs"… ou "cauchemar des parents", commente MmeBertieaux. Pour éviter que les jeunes ne soient livrés à eux-mêmes, le MR a, dans une proposition de décret, imaginé que pendant les jours blancs soient organisées au sein des écoles, avec présence obligatoire, des activités qui ne peuvent avoir lieu pendant l’année scolaire faute de temps. Exemples ? Préparation au permis de conduire, éducation à la vie affective et sexuelle, cours de secourisme,… Mais cette proposition n’a pas encore été débattue au Parlement.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCIY

ON NE NOUS DIT PAS TOUT

Pourquoi ce score soviétique de 96,3%? Qui cherche-t-on à impressionner? Quel électorat vise-t-on par cette opération médiatique? La réaction musclée du MR est salutaire. Elle exprime en peu de mots le point de vue de tout observateur critique.

Et pourquoi ne nous dit-on pas combien d'enfants le réussissent non pas sur les rotules avec 50% mais avec 70, 80, voire 95%?

Nous vivons dans une étrange société qui prône l'excellence en sport, en foot par exemple, en musique notamment avec le Reine Elisabeth, mais qui prône le"middelmatisme" voire la médiocrité sur le plan intellectuel.  La vérité c'est que l'école en Communauté française prépare le désastre social de demain. Qui prêche la médiocrité, accélère notre déclin!

MG

 

 

 

 

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