jeudi 13 juin 2013

Edward Snowden, l’espion qui a l’étoffe des héros


Olivier Perrin, Le Temps 

Les Etats-Unis s’interrogent sur le nom à donner à celui qui a rendu publics les deux programmes secrets de collecte de données privées: un dénonciateur héroïque, qui défend les libertés individuelles? Le débat fait rage.



George Orwell. La photo du film de Michael Radford ci-dessus, vous vous souvenez? Eh bien, un nouvel avatar est né. Et il a trouvé son whistleblower, comme on dit dans le milieu. Qui a agi «à ses risques et périls». C’est en tout cas ce qu’estime USA Today dans l’éditorial traduit par Courrier international à propos des conséquences que pourrait encourir Edward Snowden, qui a été identifié par le Guardian comme le lanceur d’alerte contre l’Agence nationale de la sécurité américaine(NSA). Il fait la une de l’actualité depuis vingt-quatre heures.

Le quotidien populaire américain en profite donc pour donner sa «définition du héros: quelqu’un qui, lorsqu’il a le choix entre une bonne action qui va lui coûter très cher et une mauvaise action dont il va tirer de grands avantages personnels, choisit la première solution. […] A l’aune de la pureté des intentions – et dans le cas où ses dires seraient confirmés –, Snowden pourrait fort bien avoir l’étoffe d’un héros.» Car il semble effectivement «n’avoir rien à gagner personnellement dans cette affaire, et beaucoup à perdre. Il aura sacrifié une belle carrière et 200000 dollars de revenus annuels, sa famille et sa petite amie.»

UNE VOIE SEMEE D’EMBUCHES

C’est bien connu, la voie vers l’héroïsme est néanmoins très souvent semée d’embûches. Surtout quand on part en guerre contre des agissements orwelliensqui nuisent à l’Etat de droit!

L’Islande, qui représente un exemple en la matière, a d’ailleurs«indiqué lundi que toute personne souhaitant obtenir l’asile politique, comme a dit l’envisager Edward Snowden «devait d’abord venir sur son territoire. La directrice de l’administration chargée des demandes d’asile, Kristin Volundardottir, a indiqué au quotidien Morgunblaðið que le pays n’avait reçu aucune demande.»

 

La presse américaine se demande elle-même «s’il est un héros ou un traître. La pression est très forte», explique France Info«Et il est désormais introuvable.» En plus. «D’après un sondage pour le Washington Post56% des Américains interrogés sont favorables au programme de l’Agence nationale du renseignement (NSA) quitte à empiéter sur la vie privée.» Sur le site internet de la Maison-Blanche, 25000 Américains réclament le «pardon» pour l’ancien agent de renseignement.

LA COQUELUCHE DES INTERNAUTES

Mais «il voulait être un lanceur d’alerte, pas une star médiatique», explique le blog Big Browser du MondeIl«est pourtant devenu en quelques heures la coqueluche des internautes. […] Sur Facebook, des dizaines de pages de soutien se sont créées, avec au mieux quelques milliers de membres. Des militants ont lancé sur le réseau social un appel au rassemblement à New York pour le soutenir – le premier d’une longue série, à en croire le site The SparrowProject

 

Et sur Twitter? Les supporters se sont rassemblés sous lehashtag #IStandWithEdwardSnowden«Lui ont ainsi rendu hommage, poursuit Le Monde, le fondateur de MegaUpload et Mega Kim Dotcom ou le compte officiel des Anonymous Le réseau WikiLeaks, lui, pionnier duwhistleblowing«a réagi plus amèrement, en demandant à Snowden de divulguer des informations sur l’ensemble des pays surveillés».

 

HERO? TRAITOR?

Depuis qu’il a délibérément révélé son identité, les Etats-Unis s’interrogent sur le nom qu’il faut lui donner, indiquent Les Echos«S’agit-il d’un dénonciateur héroïque, qui défend les libertés individuelles? D’une source utile qui nourrit le débat sur le champ des instruments à la disposition du gouvernement pour prévenir les attaques terroristes? D’un traître à la nation qui menace des programmes cruciaux pour la sécurité de ses concitoyens?»

Le débat fait rage outre-Atlantique, et partout ailleurs. Un décompte effectué par le site Buzzfeed montre que les tweets contenant «Edward Snowdenhero» étaient trente fois plus nombreux que ceux qui le qualifiaient de traître (traitor). Et un sondage en ligne proposé par le Business Insider fait apparaître le même diagnostic.

 

UN PARANOÏAQUE?

Alors que les médias détaillent le parcours et les motivations de ce jeune Américain de 29 ans passionné d’informatique, la correspondante de Libération à Washington n’est pas tendre avec lui: selon elle, l’ex-agent«voitson crédit entamé par sa fuite à Hongkong». Elle le considère comme «sûr de sa cause et paranoïaque, défenseur des libertés privées mais réfugié en Chine, voix douce et visage tendu, trahi par les mouvements nerveux de ses lèvres». Et trouve que«l’auteur des fracassantes révélations […] est apparu comme un jeune homme pétri de contradictions» lors de ses entretiens avec les journalistes.

Reste qu’au-delà du cas personnel, l’immense scandale de ces écoutes aux Etats-Unis, selon le quotidien néerlandais DeVolkskrant, qu’a lu et traduit Eurotopics, est que «les Etats-Unis n’ont sollicité l’accord de personne quant à leur procédure. Par ailleurs, il semblerait qu’ils se soient arrogé un droit d’accès aux données privées de millions de citoyens, même si ceux-ci ne sont pas soupçonnés de terrorisme. Cela attirera des ennuis à Obama, et ce n’est que justice. Il a beaucoup de comptes à rendre.»

 

AU-DELA DU TOLERABLE

«Avec son programme de surveillance clandestine Prism, […] la NSA a largement dépassé les limites du tolérable en s’immisçant dans la vie privée des citoyens du monde entier», déplore le quotidien barcelonais El Periódico deCatalunya«Non seulement le Big Brother annoncé par Orwell existe déjà, mais à l’ère de l’information, il dispose même d’instruments de plus en plus perfectionnés. Il est de surcroît soutenu par la politique d’un Etat démocratique.»

Le scandale menace même «les négociations sur un accord de libre-échange entre les Etats-Unis et l’UE», titre le Financial Times dans son commentaire, dont on peut lire des extraits sur le site Presseurop«Le quotidien économique affirme que ce scandale pourrait aggraver les divergences […] concernant la protection des données, un sujet qui fait partie des négociations censées commencer le mois prochain pour parvenir à un accord commercial entre Washington et Bruxelles.»

 

COMME EN CHINE…

L’Observer, lui, va jusqu’à tisser un parallèle avec la Chine, dont le président, Xi Jinping, était ce week-end en visite aux Etats-Unis: «Cette série de révélations devait être saluée pour la lumière qu’elle apporte sur les changements survenus en Occident et sur la nature des pouvoirs secrets exercés par des gouvernements démocratiques. S’il y a des témoignages à publier sur la valeur de l’espionnage, les vies sauvées, écoutons-les, mais le fait est que les dirigeants ne sont manifestement pas plus gênés sur ce point» en Occident qu’ils ne le sont en Chine.

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

BIG BROTHER IS WATCHING US

ou LE REGNE DE LE SERCUROCRATIE

 

Attention, il faut absolument lire cet article qui jette un éclairage nouveau et très actuel sur 1984 de Orwell, ce célèbre bouquin que beaucoup d'ados sont en train de lire en ce moment pour préparer leur oral d'anglais.

Soudain, il nous devient clair que nous vivions, à notre insu, dans un monde très proche de celui décrit dans Orwell dans son atroce roman qui prend soudain une terrible actualité et un gros coup de jeune.

On pensait tous que la bataille pour le droit à la vie privée était gagnéPas du tout!

'Nobody is listening to your phone calls,' affirmait Obama pas plus tard que vendredi dernier.

Si personne ne contrôle vos appels, c'est que l'Etat vous considère comme sans danger.

Grâce à nos cartes bancaires et de crédit, l'autorité peut savoir exactement à qui nous versons des fonds et qui nous en verse.

On peut également déterminer, sans trop de mal où vous vous trouvez et quels furent vos déplacements.

Nous vivons dans l'illusion d'une protection de notre vie privée.

Nous sommes entrés, à l'insu de notre plein gré dans une société du contrôle absolu de nos faits et gestes.

Le "War on Terror", la riposte aux attaques terroristes  du 11 septembre 2001 a initié le règne de la securocratie (The Guardian)

Et c'est au prix de la fin du règne de la liberté.
Plutôt la sécurité que la liberté!

Qui n'a rien à cacher n'a aucune raison d'avoir peur. C'est ce qu'zffirme le gouvernement américain.

Amerikaanse regering.

Ne sommes-nous pas en train de créer une société dans laquelle Big Brother contrôle chacune de nos paroles et de nos affirmations, chacun de nos actes et de nos faits et gestes, pire: qui soit capable de sonder nos pensées en suivant à la trace tout ce que nous recherchons sur internet?

 

Peter Sloterdijk nous avait mis en garde lors de l'attaque des Twin Towers de 2001, sur quelles seraient les répercussions de cet attentat sur nos vies privées et notre liberté à tous.

 

A subir sans relâche le discours sur les dangers du terrorisme, à force d'entendre les medias gonfler cette menace, les pouvoirs publics se sont arrogé légalement un contrôle renforcé de nos vies privées de citoyen.

Daniel Ellsberg (82 ans), qui organisa en 1971 une fuite des 'Pentagon Papers' , révélant les mensonges du pouvoir sur les réalités de la guerre du Vietnam,  vient d'écrire que les services secrets de son pays avaient transformé les Etats unis en  'United Stasi of America'.


Grâce à des donneurs d'alarme tel que Snowdens qui nous ont mettent les yeux en face des trous, il sera peut être possible de préserver par la transparence une vraie société libre  démocratique.

 MG


In de 19de eeuw was de nieuwe trend een seculiere staat. Gevolgd door socialisme, gevolgd door de vrouwenbeweging enz .... Maar politici zien niet dat de laatste trend de vraag naar transparantie is (Wikileaks toonde dat goed aan).

 

Oorzaken in de VS oa: Het totale gebrek aan (manque de ) objectiviteit van demedia.

Het grootkapitaal wil de almacht in de maatschappij.

Het onderwijs is beneden alle peil (niveau; en dessous de tout).

 

In een democratie moeten we er vertrouwen in hebben dat onze verkozenen (les "choisis", les élus, les députés) die zaak in het oog houden. Dat is het verschil met autocratische landen als China, Noord-Korea of Iran.

 

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