mercredi 19 juin 2013

L’obligation du risque minimal


Béatrice Delvaux

Au-delà de tous les règlements existants et de toutes les dispositions édictées, incident après incident, la règle à appliquer en ce qui concerne la famille royale, doit être la prise de risque minimale – et si possible zéro. C’est pourquoi on devrait d’emblée estimer que certains déplacements ou activités doivent plus que d’autres, être évités ou reportés, ne fût-ce que pour éviter ce à quoi on assiste aujourd’hui : la justification du voyage du prince Laurent suscite autant de questions que de réponses. En clair, il aurait fallu éviter que le Prince ne se rende en Israël, vu le caractère rapidement polémique, et en tout cas extrêmement sensible de toute implication que ce soit avec l’un ou l’autre des acteurs locaux, fût-elle minime et circonstanciée. Le statut du pays visité, le questionnement sur les motivations exactes de cette invitation – le Prince lui-même les connaît-il vu le risque permanent d’instrumentalisation ? – auraient dû amener le ministre des Affaires étrangères à lui dire de passer son tour.

Les soubresauts monarchiques sont un luxe que notre pays, confronté à des enjeux existentiels, ne peut se permettre. Or depuis des mois, entre l’argent de Fabiola, l’abdication d’Albert, l’ADN de Delphine et, maintenant le voyage israélien de Laurent, le Premier ministre et son gouvernement leur consacrent un temps et une énergie démesurés. C’est pourquoi le principe de précaution et la recherche de l’interférence minimale devraient guider toute décision concernant la famille royale.

Il faut être juste. Le prince a suivi la procédure mise au point par Yves Leterme, après de précédents dérapages. Laurent a cette fois l’autorisation du ministre des Affaires étrangères à deux conditions, qu’il a, à notre connaissance, respectées. Et le KKL, qui l’a invité en Israël, est une fondation qui s’occupe d’environnement, avec une activité qui se situe marginalement dans les Territoires palestiniens occupés. Mais ne fallait-il pas éviter à l’avocat du Prince de se justifier d’avoir été invité par une « organisation qui en 111 ans, a dû connaître des hauts et des bas (sic) » ? Et cette activité « marginale » n’est-elle pas suffisante pour faire craindre une controverse politique inutile ? On nous dira que le KKL comme le Prince ont tout fait pour que ce voyage à titre privé ne soit pas connu. Mais n’y a-t-il pas dans cette nécessité de taire la présence de Laurent, un indice de plus qu’il aurait mieux valu éviter ?

 

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LE ROI, LA LOI, LA LIBERTE

 

Jamais, à l'exception de Baudouin le roi prêtre, nos souverains ne furent gens de grande vertu. Le plus dévergondé et le plus honni de nos rois fut responsable des embellissements grandioses de la capitale et d'un formidable boom économique. Et on voudrait aujourd'hui en faire des parangons de vertu à la sauce hollandaise ou suédoise.  C'est grotesque. La famille royale au style de vie bon enfant est dans le collimateur de la N-VA qui lui reproche son mauvais néerlandais et la considère comme un obstacle majeur à la partition de la Belgique. Les medias "qui veulent vendre du papier" (Reynders) emboitent le pas, benoitement. It is as simple as that.

Di Rupo sait pertinemment que Albert II est son principal joker pour redevenir premier ministre fédéral en 2014 et maintenir unie la Belgique avec tous les avantages que cette "invincible unité" procurent à la Wallonie en déclin. Petit garçon il a appris  que celle ci "aura pour devise immortelle (?):le roi, la loi la liberté."

Ce n'est pas le moindre paradoxe que ce pays surréaliste doive sa survie à l'alliance inattendue d'un souverain catholique conservateur et redoutable "lady killer" avec un premier ministre dont il ne partage ni les idées, ni les orientations politiques, sociales et sexuelles. Oh, oh Belgique, ooh mère chérie, à toi nos coeurs, à toi nos bras.

MG

 

 

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