lundi 17 juin 2013

Une autre stratégie pour contrer la N-VA


Véronique Lamquin
Le Soir

Tout faire pour que les partis flamands de la majorité fédérale regagnent des plumes, d’ici le scrutin de 2014… C’est la ligne de conduite qu’a imposée, dès son premier conseil des ministres, Elio Di Rupo. C’était le 7 décembre 2011.

Depuis lors, l’écart, dans les sondages, entre la N-VA et le deuxième parti n’a jamais été inférieur à 17 points, le parti de Bart De Wever rafle systématiquement au moins le double d’intentions de vote par rapport au second.

Alors bien sûr, ce ne sont que des sondages, et, surtout, il reste un peu plus de onze mois d’ici au scrutin de 2014. N’empêche, jusqu’ici, rien n’indique une inversion de tendance… Or, faut-il le rappeler, lors du scrutin de juin 2010, les nationalistes flamands n’avaient récolté « que » 28,4 % des voix. Si, le 25 mai 2014, la N-VA devait récolter 35 % des voix, comme l’indique notre Baromètre, elle raflerait 37 sièges à la Chambre, dix de plus qu’aujourd’hui, davantage que les trois partis traditionnels flamands réunis. Voilà qui rendrait Bart De Wever, sinon mathématiquement du moins politiquement, incontournable.

Or, le programme confédéral de la N-VA s’annonce encore moins compatible avec celui des autres formations politiques que ce n’était le cas en 2010. C’est dire si la situation s’annonce difficile au niveau fédéral. À moins d’un sursaut des autres formations flamandes. Lequel ne viendra sans doute pas de leur action au sein du gouvernement

Di Rupo. Il reste, d’ici à la campagne, six mois utiles, qui seront quasi exclusivement consacrés à l’assainissement budgétaire, donc aux mesures impopulaires. Impossible, dans une coalition à six partis, de sortir de l’accord de gouvernement pour lancer des initiatives nouvelles…

Dans ce contexte, les partis traditionnels ne devront leur salut qu’à leur capacité à proposer à l’électeur, en 2014, un projet novateur et audacieux, qui réponde sans tabous aux défis du pays et de la société. Un vrai défi !

 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"ANVERS C'EST LA PROVINCE, BRUXELLES C'EST NEW YORK"

Le grand vainqueur toutes catégories du sondage du Soir est le désenchantement général.

Le malaise individuel et collectif est profond.

La vie devient difficile pour beaucoup et le monde politique semble devenu incapable de trouver des solutions, d'imaginer une vision d'avenir pour Bruxelles, pour la Wallonie, pour le royaume pour l'Europe. Bref, pour le vivre ensemble.

Nonobstant cent différences, le climat n'est pas meilleur en France, ni en Allemagne et on ne parle pas du sud de l'Europe.


En Belgique tout semble tourner autour de la "deweveromania"

En somme De Wever n'aurait que deux ennemis : le roi et les diables rouges! C'est Van der Kelen qui l'affirme, lui qui voit émerger une sorte de fatigue à son égard dans les médias.  BDW est persuadé "qu'il doit s'occuper et de la Flandre et de la Belgique. C'est trop pour un seul homme". Un homme qui a beaucoup changé depuis qu'il a perdu 60 kilos et a pris les commandes d'Anvers où les problèmes s'accumulent. Il s'est aigri, a perdu son humour légendaire et a pas mal gaffé.

"Je crois qu'il va plafonner à 30 %. Pas assez pour le big bang"

"s'il y a une chance de mettre la N-VA hors jeu, Beke (président de la CD&V) la saisira."

Il est en train de devenir un monsieur "non" qui exaspère ses partenaires gouvernementaux au sein d'une majorité paralysée par la crise profonde résultant de la chaotique réforme de l'enseignement.



Luc Van der Kelen, puissant éditorialiste du Laatste Nieuws, qui part à la retraite, trouve De Wever parfaitement imbuvable: "il ne fait plus rire, il fatigue."

Van der Kelen semble persuadé que le Belgique survivra. Même si tous les sondages de ce jour lui donnent tort, nous avons tendance à être d'accord avec lui.  Surtout quand il écrit: 

"Ce qui m'excite dans ce pays c'est la rencontre de deux cultures. Anvers c'est la province, Bruxelles c'est New York.

Se refermer sur soi ne se produira plus jamais dans la capitale. Et les francophones y seront une minorité.

On va devoir faire quelque chose de ce melting-pot: c'est la mission de la prochaine génération."

Voilà qui résume tout.

La prochaine génération est sur les bancs de l'école où les choses ne se passent pas toujours bien. Et attention, quelques-uns de ses représentants s'en vont faire la guerre en Syrie du côté des djihaddistes. Danger! 

Pour notre part, tout peut changer d'ici 2014.

Il n'est pas impossible que Di Rupo II succède à Di Rupo I, qu'un grand format prenne la direction du gouvernement bruxellois et que la Flandre renonce enfin à ses démons.

Soyons optimistes. Tout peut changer d'ici un an.

MG  

 

 

 

 

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