dimanche 14 juillet 2013

Déchantez ! La Belgique est loin d’être sauvée


Pascal Lorent le Soir
Personne n’amadouera la N-VA avec une réforme maintenant une structure fédérale signifiante. Le combat pour préserver une certaine idée de la Belgique se situe désormais en Flandre. La bataille se gagnera dans la tête des électeurs flamands.

La sixième réforme de l’Etat, bouclée voici quelques jours, consacre ce fameux basculement du «centre de gravité» de la Belgique : dès 2015, Communauté et Région flamandes géreront un budget supérieur à celui du fédéral. Pieter De Crem l’a bien compris, lui qui parle de « plus beau 11 juillet depuis 1302 » (date de la bataille des Eperons d’or).

Même la N-VA semble mettre une sourdine à ses velléités confédéralistes : membre du gouvernement régional de Kris Peeters, elle apportera son concours à la mise en œuvre de la réforme de l’Etat. Qui plus est, lors de son discours officiel, ce jeudi, le président du Parlement flamand, Jan Peumans (N-VA), a évité toute attaque frontale contre la monarchie, suggérant simplement à Philippe/Filip de régner en « roi moderne ». Et Bart De Wever lui-même ne réclame plus désormais une 7e réforme institutionnelle, conscient qu’il est de l’isolement de son parti dans le paysage politique.

Mais ne vous y fiez pas : ce n’est pas une sourdine, c’est un silencieux ! Et le canon situé juste derrière reste armé. Car la N-VA veut désormais ouvrir à révision l’article 35 de la Constitution. Traduisez : définir ce que francophones et Flamands veulent encore gérer en commun au niveau fédéral et transférer le solde aux entités fédérées. Ce n’est pas neuf. Cela démontre juste que les nationalistes flamands ne désarment pas, entonnant leur couplet de l’anti-système : nous, seuls contre tous.

On peut comprendre que le fruit des travaux budgétaires fédéraux ne la réjouisse pas : la N-VA est confédéraliste. Que la succession au trône la laisse de marbre : elle est républicaine. Mais la 6e réforme de l’Etat consacre la montée en puissance des entités fédérées et réduit la prégnance belgicaine. Or Bart deWever n’y voit qu’une opération d’assainissement budgétaire réalisée sur le dos de la Flandre.

En vérité, personne n’amadouera la N-VA avec une réforme maintenant une structure fédérale signifiante. Le combat pour préserver une certaine idée de la Belgique se situe désormais en Flandre, dans la représentation du réel. La bataille se gagnera dans la tête des électeurs flamands. Il faut à présent les convaincre que leur région dispose d’une large maîtrise de son destin. Et qu’elle ne doit plus chercher dans l’épouvantail francophone collectiviste, le bouc émissaire de ses insatisfactions. Il reste un an aux partis traditionnels du Nord pour réformer l’esprit d‘un électeur sur trois.



COMMENTAIRE DE DIVERCITY

LA BELGIQUE PAS ENCORE EVAPOREE;

 Un internaute commente:

"Tant qu'il y aura des flamingants nationalistes (doctrine du siècle passé et revancharde), la Belgique ne sera pas sauvée . Si les Flamands voulaient juste voter à droite ou s'opposer au socialisme marxiste du PS, ils voteraient pour un parti libéral flamand de centre (oVLD) et non pas pour l'extrême-droite (NVA/VB). Prétendre le contraire est malhonnête et inutile..."

C'est sans compter avec les gaffes qu'accumule le maire d'Anvers, gestionnaire peu inspiré de la métropole flamande, et surtout celles de ses partisans néophytes qui multiplient les bévues. Le bouclage de la VIème réforme de l'Etat belge, la veille de la fête nationaliste flamande est un exploit qui sera suivi par le triple 21 juillet qui s'annonce: fête nationale mais aussi jubilé d'Albert et serment constitutionnel du septième roi des Belges ,

183 ans jour pour jour après celui de Léopold le premier du nom.

Et n'oublions surtout pas la bonne tenue des diables rouges.

Non la Belgique n'est pas encore "évaporée"

MG

Aucun commentaire: