jeudi 18 juillet 2013

Des frais scolaires transparents à la rentrée


BELGA La libre



Les parents sont à l'initiative de cette nouveauté.

Dès la rentrée scolaire de septembre prochain, les écoles secondaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles devront envoyer aux parents un détail de tous les frais qui leur sont réclamés pour les photocopies, les activités de classe, etc. de leur(s) enfant(s). Cette nouveauté, qui était une demande des parents, figure dans un décret de dispositions diverses adopté mercredi soir par le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Cette nouvelle règle, qui vise à mieux justifier et clarifier ces dépenses scolaires, sera d'application dans les écoles primaires également dès la rentrée de 2015.

En pratique, les écoles devront fournir un décompte périodique aux parents (au maximum tous les mois, mais tous les quatre mois au moins). Celui-ci devra détailler les montants réclamés, leurs objets et le caractère obligatoire ou non de ces dépenses.

La Ligue des familles a qualifié mercredi la mesure d'"avancée", tout en estimant que le texte n'allait pas assez loin. La Ligue aurait aimé que le décret impose le recours exclusif à un compte bancaire pour ces paiements afin d'"éviter les éventuelles pertes d'argent de l'enfant ou de l'enseignant, limiter les stigmatisations et renforcer l'enseignant dans un rôle pédagogique".

Le décret, pour lequel l'opposition MR ainsi que le FDF se sont abstenus, introduit d'autres nouveautés, notamment la possibilité pour les écoles d'organiser des périodes de cours de 45 minutes et de les coupler en période de 90 minutes.

Il revoit également le statut des directeurs d'établissements et modifie le Test d'enseignement secondaire supérieur (TESS) organisé en fin de 6e secondaire. Celui-ci devient une épreuve certificative. Aujourd'hui centré sur le français, il verra en outre son champ d'application étendu à d'autres matières.

Ce décret de dispositions diverses était le dernier texte législatif introduit par la ministre de l'Enseignement Marie-Dominique Simonet (cdH), contrainte à la démission début juillet en raison d'un cancer. Plusieurs députés, majorité comme opposition, ont d'ailleurs rendu hommage à son travail mercredi.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

TRANSPARENCE

Les "frais administratifs", système inventé par le libre catholique qui agit de la sorte en véritable "enseignement privé", permettent au chef d'établissement d'avoir "une poire pour la soif" en vue de procéder à des dépenses non budgetées et hors subsides de fonctionnement (campagne de publicité pour l'école,  achats de matériel en urgence et hors budget: exemple acheter un lot de chaises ou de bancs démarqués, des ordis soldés ou de seconde main). L'enseignement officiel y a recours également depuis une quarantaine d'année pour résister à la concurrence du libre. De fait cela contredit le concept tabou de la gratuité de l'enseignement. Beaucoup d'écoles, pour éviter les "caisses noires" gèrent ces comptes via des asbl crées spécialement à cet effet et destinées, le cas échéant, à organiser du parascolaire, des garderies supplémentaires, des fancy fair etc. afin d'assurer aux élèves  un supplément de confort.

Si on compare les frais administratifs (ils comprennent des frais de photocopies, d'achat de journaux de classes aux couleurs de l'école, de carte d'étudiant etc.) de diverses écoles on constate de vraies disparités qui, à l'évidence, induisent des discriminations sociales. C'est cela que ce décret vise à combattre.  On pourrait dire la même chose des voyages scolaires onéreux organisés ainsi que des classes des neiges par la plupart des écoles.

Il faut déplorer qu'il le fait en introduisant une lourdeur administrative insupportable et ce précisément au moment où la même Communauté française réduit drastiquement les subsides de fonctionnement alloués à l'école officielle, au bénéfice du libre.  De là à imaginer qu'il s'agit d'un coup monté, il n'y a qu'un pas que nous n'hésitons pas à franchir.

Le pacte scolaire n'est-il pas une manière de poursuivre la guerre scolaire par d'autres moyens?

Décret inscriptions, décret frais scolaires  et autres circulaires alourdissent toujours plus les obligations administratives des établissements.

Les chefs d'établissement et leurs secrétariats croulent sous la paperasse et les obligations décrétales à telle enseigne que plus personne ne veut assumer ce rôle relativement mal payé par rapport aux charges et surtout aux responsabilités écrasantes.

L'olivier veut tout contrôler et ne laisser aux établissements  qu'une très faible marge de manoeuvre.

L'olivier a un malin plaisir à bureaucratiser toujours plus ses écoles, à les contrôler pour réduire au maximum leur marge de manoeuvre. Erreur! Au contraire, il faudrait lui donner de plus en plus d'autonomie, y compris d'autonomie de gestion. Mais cela c'est une logique libérale qui se heurte à la logique socialiste du contrôle bureaucratique tatillon et de la mise sous tutelle de l'enseignement.

Pour ma part, la position de l'olivier est claire: casser les reins aux écoles élitaires qui s'assignent la mission de préparer leurs élèves à la réussite universitaire et attirent pour ce faire des élèves de la classe moyenne plutôt que le tout venant.

La stratégie de l'olivier aboutit évidemment à Bruxelles à un échec massif à l'université: 90% d'échecs en première année de médecine à l'ULB en juin. Tout se tient.

L'olivier veut niveler socialement en introduisant artificiellement et arbitrairement la mixité sociale et par son nouveau décret à combattre les inégalités sociales.

La gratuité de l'enseignement est un tabou sacré, comme la vache en Inde. Ce n'est pas un moteur, c'est un frein!

Au moment où l'informatique et les technologies de pointe sont à la portée des élèves qui jonglent avec, en réduisant les subsides de fonctionnement et en brisant les frais administratifs on condamne les enseignants à enseigner avec la craie et le tableau noir à des élèves qui apprennent sur le Ipad ou leur PC. Chacun en tirera ses conclusions.

Il y a,bien sûr, une autre voie. Elle consiste à augmenter au contraire les subventions de fonctionnement des établissements. Comment financer cela? Avec la manne de subventions que la Communauté française déverse sur tout un maillage d' ASBL satellites et clientélistes pour assurer son assise électorale.  Mais cela aussi c'est une vache sacrée à laquelle on ne saurait toucher.

MG

 

 

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