samedi 13 juillet 2013

Joëlle Milquet sur le sexisme: «Les mentalités doivent changer»


Le Soir

Sarah Freres (st.)

La loi « genre », qui régit la lutte contre la discrimination entre hommes et femmes, a été modifiée, à l’initiative de Joëlle Milquet et Annemie Turtelboom. Elle inclut désormais le sexisme comme incrimination punissable au civil et au pénal. Le projet de loi était présenté au conseil des ministres vendredi matin.


Joëlle Milquet (CDH), ministre de l’Intérieur et de l’Égalité des Chances, et Annemie Turtelboom (VLD), ministre de la Justice, ont modifié deux grands volets de la loi « genre », qui régit la lutte contre la discrimination entre hommes et femmes, Le projet de loi a été adopté en première lecture par le conseil des ministres vendredi matin. Suite à cette adaptation de la loi, le sexisme fera bientôt partie de la loi « genre ». Cette forme de discrimination sera dès lors punie au pénal et au civil. Il faut encore que le projet soit accepté par le Parlement.

L’été dernier, l’étudiante néerlandophone Sophie Peteers avait suscité la polémique avec un reportage-choc, baptisé « Femme de la rue », réalisé dans le quartier Anneessens à Bruxelles. Dans cette vidéo, le trajet de la jeune femme se transformait rapidement en chemin de croix, avec insultes et remarques désagréables à la clé. Joëlle Milquet en avait profité pour relancer le débat sur la lutte contre le sexisme. La vice-Première ministre s’était engagée, urbi et orbi, à stopper le fléau qu’est le sexisme mais surtout à préparer un projet de loi pour le sanctionner tant au pénal qu’au civil.

Un an après le reportage-choc de Sophie Peteers, le concept de sexisme fait son entrée dans le Code pénal et est introduit comme incrimination spécifique dans la loi « genre ». Joëlle Milquet nous l’explique.

QUE CONCERNENT LES DEUX VOLETS QUE MODIFIE VOTRE PROJET DE LOI ?

«  Dans la loi de 2007, l’intention de nuire et l’incitation à la discrimination étaient punies. Mais pas le fait de commettre un acte discriminatoire. De plus, le pénal comprenait le racisme et la discrimination mais pas le sexisme. Ces paradoxes n’ont plus lieu d’être aujourd’hui ! Au pénal, on a amélioré, ou plutôt précisé, la notion de sexisme. On a réussi à trouver une définition du sexisme de manière à ce qu’il soit indépendant des injures, du harcèlement ou de la discrimination. Le sexisme existe donc en tant que tel. Au niveau civil, le harcèlement était puni mais seulement dans le cadre du travail ou économique. On a donc étendu la portée juridique de la loi pour qu’elle englobe également le harcèlement sur la voie publique  ».

A-T-IL ETE COMPLIQUE DE DEFINIR JURIDIQUEMENT LE SEXISME ?

«  Oui. On ne peut pas faire n’importe quoi avec les mots ! Il fallait que la définition ne soit pas trop légère au niveau pénal. Mais il fallait aussi l’insérer dans la législation civile actuelle  ».

AVEZ-VOUS RENCONTRE DES PROBLEMES AU NIVEAU POLITIQUE POUR FAIRE PASSER LE PROJET ?

«  Pas du tout. Il n’y a pas eu d’objection en intercabinet. Le plus dur a été de trouver les bons termes, les bons créneaux pour convaincre la justice. Mais nous étions bien préparés et notre discours n’était pas excessif. C’est une belle réussite  ».

PENSEZ-VOUS QUE CELA SERA PRATICABLE DANS LA VIE DE TOUS LES JOURS ?

«  Oui. Il faut combattre cela comme on combat le racisme ! Il ne faut pas tolérer le sexisme. C’est aussi pour cela qu’on a facilité la charge de la preuve. Maintenant, c’est la personne qui a tenu les propos discriminatoires qui doit prouver qu’elle n’en a pas tenu. De plus, on a créé une cellule diversité police pour sensibiliser la population et la police à ce problème. Pour coordonner le tout, on a aussi désigné un magistrat par arrondissement. Pour que la loi soit connue et que cela se répande, il faut évidemment qu’elle passe par de la sensibilisation et de l’information. Mais pour la loi soit vraiment efficace, il faut bouger à tous les niveaux. Il faut que la justice et la police aient les capacités nécessaires en personnel. Et surtout, les mentalités doivent changer  !!

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

BROUILLONNE MAIS BRETEUSE


Une internaute commente: "Tout à fait d'accord de lutter contre le sexisme. Est-ce une loi qui y parviendra ? La prévention devrait commencer très tôt et passer par l'éducation. Misanthropie = hostilité à l'égard des hommes càd des êtres humains ; misogynie = hostilité à l'égard des femmes qui peut d'ailleurs être le fait de femmes ; misandrie = hostilité à l'égard des hommes càd de sexe masculin, la chose étant assez rare pour que le mot soit inconnu de la plupart des hommes et des femmes. Quant à ceux que le sexisme fait rire, ils ignorent ce que représente le fait de ne jamais se sentir vraiment en sécurité nulle part, de se savoir à la merci de n'importe quel imbécile qui se croit permis d'agresser par un mot, un regard, un geste, un attouchement insupportable."



"En un sens, avec l'Islam qui va de plus en plus envahir la Belgique (comme l'Islam est quand même très machiste) c'est peut-être vrai qu'il faut mettre quelque chose pour préserver nos valeurs d'égalité entre homme et femme, mais.....je ne sais pas si cette loi sera applicable, surtout cette histoire de preuve."


Le plus intéressant sera de voir s'il y a une majorité pour cela. Il ne semble pas que cette proposition, hautement sympathique du reste, soit inscrite au programme gouvernemental de cette législature. De toute évidence il s'agirait du complément nécessaire à la loi Moureaux contre le racisme et la xénophobie. Electoralement Joëlle Milquet marque à nouveau un point. Il est clair qu'en cas de reconduction de l'olivier en Wallonie, la marocain de l'éducation lui reviendra d'office!

A défaut, il se pourrait qu'elle se maintienne au ministère de l'intérieur dans un  gouvernement Di Rupo II, lequel se dessine de plus en plus nettement à l'horizon sauf raz de marée N-VA.

 

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