mercredi 24 juillet 2013

Le Pentagone, en 33 (divins) tours


GUY BERNARD 




BRUXELLES Qui, mieux que Roel Jacobs, eut pu décortiquer si scrupuleusement le Pentagone? Une bible de 400 pages fouillées...

LaDernère Heure.

Cent fois, l’on vous a servi du Roel Jacobs. Et pour cause ! Conteur insatiable de sa cité chérie, le sympathique historien barbu avait, en son temps, nourri nos colonnes de son regard amoureux mais joyeusement critique sur son sujet phare. Bonheur supérieur ! L’extraordinaire vulgarisateur partage son enthousiasme et trois décennies de guidages en un opus, à peine sorti mais déjà référence sans concurrence...

Chaque entame de juillet, l’homme déboule à l’Ommegang, qu’il connaît mieux que sa poche; en travaille le récit auquel l’une ou l’autre vedette prêtera son timbre. Parce que l’été, décidément, lui sourit, à notre infatigable baroudeur du cœur du pays. Ses 400 pages sorties en juin compilent 33 visites ludico-instructives de ce Pentagone. Trente-trois visites, auréolées de clins d’œil, de franc-parler, d’humour. Et d’une foultitudes de documents.

C’était couru d’avance, avec semblable perfectionniste. Bien qu’ayant longtemps hésité à emboîter le pas d’illustres prédécesseurs ("Le défi n’était pas mince", confesse-t-il en préambule), l’auteur n’a pas plus lésiné sur son job propre, que sur les tableaux (l’habitat social, un parcours BD, les Saint-Michel catholiques et moins catholiques, des lauréats de concours de façades, etc.), les chronologies (construction de Saint-Gudule, Notre Dame ou la Petite Boucherie de la place de Bavière), les croquis ou, cela va sans écrire, les illustrations.

Scientifiquement rigoureux quoique décalé de par la nature même du récitant, l’ouvrage brasse délibérément large. Entraîne ses lecteurs à travers époques et sites - Roel Jacobs illustre tant la haute école Francisco Ferrer, que le portail Saint-Roch de la rue Rempart des moines ou la sublime galerie Bortier.

Un fourre-tout que Bruxelles-Pentagone ? On en est à mille lieues. Parce qu’au final, sa frénésie, le bonhomme la réprimande, la structure même. Mais en offrant à ses pages, comme à ceux qui les prendront en pleine poitrine, l’exact relief de la vie, d’hier et d’aujourd’hui, d’une petite superficie, inversement proportionnelle à ce que Roel Jacobs en extrait.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

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