dimanche 21 juillet 2013

Le Roi vote Elio (Ier): un discours très politique


Béatrice Delvaux
Le Soir

LE DERNIER DISCOURS D’ALBERT II EST EXTREMEMENT POLITIQUE. LE ROI FAIT TOUT CE QU’IL PEUT DEJA POUR BETONNER LA FAMEUSE ECHEANCE ELECTORALE, EN DOPANT, CELEBRANT, VALORISANT, ENCOURAGEANT CES HOMMES ET FEMMES DE BONNE VOLONTE QUI VONT ENCORE DEVOIR ŒUVRER A GOUVERNER CE PAYS. 






Albert II ne sera pas là en 2014, pour soutenir les partis traditionnels qui se sont battus et qu’il a accompagnés, voire « protégés », en 2010-2011 dans le maintien d’une Belgique unie et la poursuite d’une gestion faite de compromis au service du vivre ensemble. Mais dans son dernier discours, il fait tout ce qu’il peut déjà pour bétonner la fameuse échéance électorale, en dopant, célébrant, valorisant, encourageant ces hommes et femmes de bonne volonté qui vont encore devoir œuvrer à gouverner ce pays.

Il n’y a pas de provocation ouverte dans son texte, mais elle est subliminale, à chaque ligne, pour tout nationaliste de la N-VA qui l’entendra. Quand le Roi évoque de « très nombreux » hommes politiques – pas tous donc, suivez mon regard - qui ont montré du «dévouement », « le sens du compromis constructif », lorsqu’il cite ses rencontres avec des « responsables politiques qui ont le sens de l’intérêt général dans des circonstances difficiles », quand il vante le «pluralisme qui constitue une richesse démocratique précieuse », ce n’est pas le visage de Bart De Wever qui apparaît spontanément dans notre imaginaire, mais celui d’Elio Di Rupo. Tous ceux qui, au gouvernement, travaillent à faire tourner la boutique Belgique sont évidemment visés, mais le fait que le visage d’Elio Di Rupo apparaisse carrément deux fois en gros plan à l’écran pour illustrer le discours (choix du Palais, donc), a de quoi faire sursauter. Voilà en tout cas qui va faire jaser et pester dans les autres familles politiques. Quasi dequoi mettre en porte à faux, la RTBF qui interdit le placement de produit…

Albert II vote Elio – il sera très difficile après avoir « vu » le discours de dire le contraire - , et bien évidemment aussi Elio Ier, plébiscitant ce gouvernement qui donne un « souffle nouveau » à la Belgique. Voici qui va achever de fâcher la seule opposition réelle à toutes ces réformes, qui trouve que dans « la coalition, rien n’est bon », au contraire du Roi qui salue ses réalisations dans le détail (budget 2013-14, statut unique employé –ouvrier, l’approvisionnement en électricité et la réforme de l’Etat).

De quoi pour la N-VA jouer les vierges outragées, estimant comme à Noël dernier, que le Roi montre par l’allusion qu’il a choisi son camp ? Il n’y a en soi rien dans ce discours de surprenant ou de neuf. Albert II se met dans la droite ligne des convictions exprimées depuis 20 ans, avec au top de ses priorités, la cohésion de la Belgique, vitale dit-il « pour la qualité du vivre ensemble et la préservation du bien être ». Mais soyons objectif : ce discours est extrêmement politique. Après celui du 21 juillet 2011, c’est même peut-être le plus politique, via la mise en évidence des convictions, le tri des hommes politiques selon qu’ils sont valeureux ou non, l’affichage de préférences, même européennes. S’il ne portait pas des valeurs que nous partageons sur l’unité belge, la vertu du pluralisme, du compromis, la nécessité du projet européen mais moins budgétaire, la protection des plus faibles, nous serions plus sévères sur cetteneutralité politique qui n’est ici pas respectée. D’autant que nous ne sommes aujourd’hui ni en crise grave, ni en déchirement de longue durée.

Trop engagé, le discours? Albert II joue sur du velours: qui va lui faire des reproches pour sa dernière intervention publique et quand bien même, quelle conséquence ? Il s’en va et a trouvé plus important de laisser son testament pour sa Belgique. Cela en dit beaucoup sur ce Roi simple, mais qui au fil des années, est devenu un farouche militant de convictions claires sur l’avenir belge et sur le type de société qu’il chérit. Un Roi, arrivé sur le trône avec l’image d’un dilettante, amateur des plaisirs de la vie, mais qui sort de règne, impressionnant de gravité personnelle et du sens de ses responsabilités.

Qu’en fera Philippe ? Tous ceux qui plaident pour une monarchie protocolaire veilleront à ce qu’il s’engage le moins possible, sortant du « moralisme » de son père. Mais ce sont le caractère du personnage et l’évolution des événements politiques qui vont en décider. Cela sera extrêmement intéressant à suivre, notamment dans le face à face entre le nouveau Roi et la N-VA en 2014. Le rôle de « superviseur » royal dévolu au Premier ministre risque, lui, de prendre un coup au passage : certains peuvent sans doute estimer qu’il y a risque d’abus de «position de position privilégiée » dans le chef du Premier ministre, via son accès exclusif au Roi.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

"LA  NEUTRALITE POLITIQUE N’EST PAS RESPECTEE."

Le passage du flambeau se déroula, non sans émotion, dans une parfaite rigueur protocolaire et constitutionnelle. Sauf que d'un point de vue strict, par son hommage appuyé à Elio Di Rupo, Albert II est sorti de son rôle de roi"au-dessus de la mêlée".

Certes par son serment constitutionnel le roi des Belges jure fidélité aux lois (les nouvelles lois) du peuple belge et se porte garant de la cohésion nationale et de l'intégrité du territoire ce qui impose des devoirs. Toutefois pour qui, comme Béatrice, essaye de lire entre les lignes, cette très impressionnante et très nationale journée de la passation des pouvoirs est un immense pied de nez à la N-VA qui a eu l'intelligence de se manifester par une présence réduite et de très symboliques applaudissements. Bart premier, roi des Flandres, ne quitta pas ce jour-là la métropole anversoise, où il devra, bon an mal an, accueillir la "joueuse entrée" du nouveau couple royal.  Ce sera le grand test de ce début de règne, dont les élections de l'an prochain seront une épreuve de survie pour la monarchie et la cohésion nationale. Nous avons tous entendu le mot "diversité" dans les divers discours protocolaires, la diversité comme "atout", cette diversité qui plus que l'union fait désormais la force de ce royaume.

Elio premier, à la mine jubilatoire, a incontestablement marqué des points en ce 21 juillet pas comme les autres. Il faut bien voir que sa mise en scène à la Visconti de l'événement était parfaite, avec un Valmy Flahaut, autre excellence socialisteexcellant dans son rôle d'organisateur et de  maître des cérémonies. Même le constitutionnaliste  Marc Uytendaele a mis une sourdine dans ses commentaires compassés au micro.  "Voici qui va achever de fâcher la seule opposition réelle à toutes les réformes." C'est que les socialistes sont devenus étonnamment monarchistes: le maintien des transferts le plus longtemps possible valent bien un hommage au trône! On l'a tous compris : seule une reconduction de la même coalition sous Di Rupo II peut faire barrage à un coup de force de Bart De Wever après le scrutin de mai 2014. "Le roi vote Elio!"

Difficile de prendre en défaut l'extrême lucidité de Béatrice Delvaux. La lecture des éditoriaux flamands nous dira, dès demain, si notre lecture de cette surprenante journée est la bonne.

Tout le monde aura remarqué, au demeurant, le regard grave et l'apparente maturité de la fille aînée de Philippe et de Mathilde, âgée de onze ans seulement, notre prochaine reine.

MG


N-VA: 'FILIP BRACHT PASSE-PARTOUT-SPEECH'

door jvt | Bron: Belga


 

Jan Jambon (archieffoto) Foto: BELGA


N-VA-Kamerfractievoorzitter Jan Jambon is allerminst verrast dat de nieuwe koning in zijn speech het belang van de deelstaten vermeldde. 'Het was een passe-partout-speech die je op een moment zoals dit kunt verwachten', reageerde hij op Radio 1.

Oppositiepartij N-VA is een partij met een republikeinse overuiging. Daarom wil ze het koningshuis in eerste instantie grondig hervormen met enkel nog een ceremoniële rol voor de koning.

Jan Jambon was dan ook niet onder de indruk van de eerste speech van de nieuwe koning. Hij vindt het niet meer dan normaal dat de koning ook de deelstaten spreekt. 'Als hij zweert de grondwet te zullen naleven, dan is het een evidentie dat hij dat zegt.'

Dat Filip zei dat de Belgen het nog een tijdje moeilijk gaan hebben door de crisis terwijl hij net een cheque van 11,5 miljoen euro heeft geïnd, roept een wrang gevoel op, zegt Jambon ook.

Tijdens de plechtigheid waren niet alle N-VA-parlementsleden aanwezig. De aanwezig N-VA'ers deden niet mee met het applaus. Ook Jambon niet.  'Een applaus houdt een ondersteuning in. Dat heb ik niet...Je moet consequent blijven', klinkt het.

 

 

 

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