dimanche 18 août 2013

Au Caire, les Frères musulmans attisent la violence

Le Monde



Aux premières paroles de l'imam, peu après midi, ce vendredi 16 août, un murmure parcourut les milliers de fidèles massés autour de la mosquée Al-Fath, près de la gare centrale, place Ramsès. "C'est Salah, Salah Sultan", disaient-ils. Ce vendredi, baptisé "vendredi de la colère" par les islamistes, le prêcheur habituel de cette grande mosquée du Caire avait en effet été remplacé par un éminent Frère musulman. Un homme connu pour ses prêches incendiaires, interdit en avril d'entrer en France où il devait prononcer une conférence et qui fut vice-ministre des affaires islamiques jusqu'à la déposition par l'armée du président Mohamed Morsi le 3 juillet ; un homme qui, depuis quarante-cinq jours, a harangué la foule au camp de RabiyaAl-Adawiya et dont tout le monde sait qu'il y a vécu jusqu'au bout l'assaut sanglant des forces de sécurité, mercredi 14 août.

C'était un signe, la promesse que serait vengée la tuerie de l'avant-veille. Les marchands ont aussitôt fermé boutique. Le dernier rideau métallique à tomber fut celui du vendeur de masques à gaz, juste en face de la mosquée, en raison d'un afflux de clients.

Le prêche, très long, emprunta pourtant des voies détournées, des métaphores historiques et coraniques. Il fut question de ce pharaon qui a coupé les bras et les pieds de ses magiciens quand ils ont voulu se rallier au prophète Moïse qui venait d'accomplir un miracle. Il fut question, aussi, d'Abraha, négus du Yémen inféodé aux chrétiens abyssins, qui voulut envahir La Mecque...(extraits)

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

 Relisons ensemble ce paragraphe: "Le prêcheur habituel de cette grande mosquée du Caire avait en effet été remplacé par un éminent Frère musulman. Un homme connu pour ses prêches incendiaires, interdit en avril d'entrer en France où il devait prononcer une conférence et qui fut vice-ministre des affaires islamiques jusqu'à la déposition par l'armée du président Mohamed Morsi le 3 juillet ; un homme qui, depuis quarante-cinq jours, a harangué la foule au camp de Rabiya Al-Adawiya et dont tout le monde sait qu'il y a vécu jusqu'au bout l'assaut sanglant des forces de sécurité, mercredi 14 août"

C'est dire, pour ceux qui ne l'auraient toujours pas compris, que les mosquées de là bas et d'ici accueillent occasionnellement des prédicateurs haineux qui prêchent la violence et l'insurrection.

Comment ne pas être affligé par le silence des musulmans dits modérés qui ne s'insurgent pas contre de tels procédés?

C'est dire combien la frontière entre islam coranique et l'islamisme politique est fragile et allègrement franchie par les éléments les plus radicaux parmi les  frères musulmans.

MG  

 

 

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