vendredi 9 août 2013

BUDGET DE L'ENSEIGNEMENT : LA CGSP DENONCE UNE "ATTAQUE CONTRE L'ECOLE OFFICIELLE"


BELGA 



 Pour la CGSP, cette mesure jette une ombre sur l'arrivée de la nouvelle ministre de l'Enseignement obligatoire, Marie-Martine Schyns (cdH),.

La CGSP Enseignement a dénoncé jeudi "l'attaque contre l'école officielle", après l'annonce de probables réductions budgétaires dans les écoles de la Communauté française. Le syndicat socialiste annonce dans la foulée qu'il invitera ses affiliés à se mobiliser à la rentrée scolaire. 

La CGSP s'insurge contre la volonté prêtée au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de raboter les budgets destinés aux écoles du réseau officiel afin de permettre aux écoles du libre et de l'officiel subventionné (provinces et communes) d'atteindre -sans frais- le seuil de 75% du financement accordé au réseau de l'enseignement organisé par la Fédération, conformément à l'accord de la Saint-Boniface conclu en 2001.

"Par un tour de passe-passe dont il a le secret, le ministre (ndlr: du Budget de la Fédération André Antoine vient de transformer une mesure devant amener un meilleur subventionnement des écoles en un nivellement par le bas", fulmine le président de la CGSP Enseignement, Pascal Chardome pour qui le gouvernement renie de la sorte sa promesse passée d'épargner l'école.

Le coup est d'autant plus rude pour l'enseignement officiel que celui-ci, à l'inverse du libre ou de l'officiel subventionné, ne peut bénéficier d'aucun financement extérieur, souligne le syndicat.

"Rappelons que les moyens de fonctionnement dévolus à ce réseau et amputés par la mesure servent à chauffer et à entretenir les écoles, mais aussi à payer le personnel ouvrier, de cuisine et d'entretien. C'est donc ce dernier qui risque de payer l'addition", selon la CGSP pour qui cette mesure jette une ombre sur l'arrivée de la nouvelle ministre de l'Enseignement obligatoire, Marie-MartieSchyns (cdH), désignée mercredi.

"A peine installée, elle aura de très mauvaises nouvelles à annoncer aux personnels de ses écoles. Bien triste manière d'entrer en fonction!", conclut la CGSP.

PRENDRE L'EXERCICE BUDGETAIRE "PLUS AU SERIEUX"

Le syndicat libéral CGSLB a appelé jeudi les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles à prendre l'exercice budgétaire "plus au sérieux", après l'adoption d'un second ajustement pour 2013 et le renvoi d'un accord final sur le budget 2014 à la rentrée. "Les gouvernements jouent là un jeu extrêmement dangereux. Reporter un tel processus à un moment encore plus proche des élections de 2014 ne nous semble pas raisonnable", a commenté jeudi le syndicat dans un communiqué.

Celui-ci pointe dans la foulée les nouvelles contraintes budgétaires liées au transfert de compétences prévu par la sixième réforme de l'Etat. "Le risque que les vrais choix budgétaires et le dossier réforme de l'état soient de facto reportés à la prochaine législature se précise et ce n'est pas bon pour nos entités fédérées de perdre du temps", ajoute la CGSLB.

Parmi les mesures budgétaires déjà annoncées, le syndicat libéral s'inquiète de la révision des droits d'enregistrement "qui va toucher de plein fouet les jeunes qui tentent d'acquérir leur logement et ont pour l'instant bien des difficultés à obtenir du crédit", selon lui.

Il fustige aussi les économies envisagées dans l'enseignement. "Nous savons tous qu'il s'agit là d'un enjeu capital pour l'avenir", rappelle la CGSLB qui redoute des licenciements dans ce secteur.

Enfin, le syndicat bleu déplore la décision de ne plus remplacer tous les fonctionnaires en partance alors qu'"aucune analyse n'est réalisée sur une rationalisation des structures multiples en Région wallonne".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

GUERRE SCOLAIRE?

Faut-il dénoncer en ceci un foyer de tension, une source de conflits susceptibles de rallumer une guerre scolaire? Le risque est réel, on aurait grand tort de se le dissimuler. Il n'est pas normal que l'enseignement officiel continue à être piloté par la ministre alors qu'en Flandre ce n'est plus le cas depuis longtemps. En l'occurrence, la ministre est issue du parti qui défend le plus ardemment les intérêts du libre catholique. On n'imagine pas de situation plus paradoxale et malsaineLe pacte scolaire à mis fin en 1959 a une guerre de cent ans qui aujourd'hui se poursuit par d'autres moyens.  La trêve de cinquante ans a permis au libre confessionnel de gagner de solides parts du marché scolaire où règne une concurrence effrénée au détriment de l'enseignement officiel qui hérite de l'obligation d'inscrire les élèves les plus défavorisés socialement et culturellement, les autres étant attirés par le Libre, de moins en moins confessionnel au demeurant, mais de plus en plus investi par les filles et les fils des privilégiés.  Je n'oublierai pas de sitôt le numéro de claquettes que me fit une grand mère laïcarde, épouse de préfet retraité de l'officiel, vantant les mérites de la nouvelle école des ses petits-enfants: Sint-Jan-Berghmans...Sic transit...

L'enseignement de Communauté française étouffe sous la tutelle politique et syndicale qui le rend rigide et inefficace. Il serait bon de lui donner plus d'autonomie comme le font les Finlandais, et c'est sans doute en cela que réside leur succès devenu mythique.

 

MG

 

 

 

 

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