samedi 24 août 2013

"La Communauté française devrait financer les bâtiments du réseau libre à hauteur de 60 %"

LA LIBRE BELGIQUE

La Communauté française injecte 85 euros par élève et par an pour financer les bâtiments scolaires du réseau libre.

Face à l’urgence du défi démographique en région bruxelloise, quelles sont les réponses à apporter ? Le Secrétariat général de l’enseignement catholique (Segec) a réalisé une simulation à partir des projections démographiques du Bureau du plan."D’ici 2030, le nombre d’élèves à scolariser dans l’enseignement obligatoire augmenterait de 30 % à Bruxelles et d’environ 15 % en Wallonie", indique le directeur général du Segec, Etienne Michel. "Qui va créer les écoles nécessaires et avec quels moyens ?, se demande-t-il. Les communes ? La Communauté française ? Des associations libres ? Personne ne voit clair sur ce sujet, chacun ayant ses contraintes propres."

Principale raison ? "Il y a un sous-investissement structurel dans les bâtiments scolaires, affirme M. Michel. En Belgique, la part du budget de l’Enseignement consacrée aux investissements dans les bâtiments scolaires est de 2,8 %, contre 8,2 % en moyenne dans les pays de l’OCDE."

Ce sous-investissement public est "encore plus criant" dans l’enseignement libre. "Nous avons calculé ce que la Communauté française en tant qu’autorité publique injecte par élève et par an pour les bâtiments scolaires dans les différents réseaux", rapporte Etienne Michel. Ainsi, ce sont 348 euros/élève/an qui sont investis dans le réseau de la Communauté française, 128 euros dans les écoles organisées par les communes et les provinces, et 85 euros dans les écoles de l’enseignement libre. "Pour les écoles libres, il est donc impossible de construire ou de louer les surfaces nécessaires avec ce type de financement", estime-t-il.

Pour appuyer ce constat, M. Michel s’est prêté à un petit exercice de calcul. "Je me suis dit : ‘Si on devait louer les surfaces nécessaires pour scolariser des élèves, de quel budget aurait-on besoin ?’, explique-t-il.J’ai pris une hypothèse simple : pour chaque élève, on a besoin d’environ 7 m2. Et le coût de l’immobilier résidentiel à la location à Bruxelles est en moyenne de 10 euros/m2/mois". Résultat ? "Si on voulait louer des bâtiments, on devrait y consacrer 840 euros/élève/an, à mettre en regard avec les 85 euros/élève que la Communauté française injecte tous les ans pour le financement des bâtiments du libre." Etienne Michel termine son calcul : "La Communauté française assurerait ainsi 10 % du coût de location, ce qui est beaucoup trop peu pour contribuer à relever le défi démographique."

Dans la pratique, l’intervention publique pour les constructions scolaires dans l’enseignement libre "se limite en fait à la prise en charge d’une partie des intérêts d’emprunts contractés par les pouvoirs organisateurs (PO), reprend le directeur général du Segec, tandis que le capital doit être financé par le PO lui-même, ce qui limite fortement la capacité de l’enseignement libre de construire de nouvelles écoles."Pour mieux comprendre : la Communauté française finance, logiquement, 100 % des bâtiments de son propre réseau; 60 % du capital pour le réseau des communes et provinces (qui empruntent à un taux garanti de 1,25 % le solde de 40 %); et 0 % du capital pour le réseau libre (qui emprunte le tout à un taux garanti de 1,25 %).

Quelle devrait être alors l’intervention publique dans le réseau libre pour qu’il puisse financer correctement la création de places d’écoles ? "Il est normal que la Communauté française paie 100 % de ses bâtiments, juge Etienne Michel, mais il serait logique que tous les PO qu’elle subventionne bénéficient du même type d’intervention. C’est le choix qu’ont fait les Flamands : les écoles libres ont le même traitement que les communes et les provinces, c’est-à-dire 60 % en cash et le solde sous forme d’une subvention d’intérêt. Nous pensons que c’est un bon modèle."

Enfin, le directeur général du Segec déplore les "restrictions financières imposées aux PO depuis 2010". Il pointe trois postes. Primo, les subventions de fonctionnement, où les restrictions globales atteignent 24 millions d’euros : 10 millions d’euros dus à la décision récente du gouvernement de ne pas appliquer la dernière tranche des accords de la St-Boniface et 14 millions dus à une désindexation partielle des subventions imposée en 2012 et 2013. Secundo, le programme prioritaire de travaux (PPT) a été "amputé" d’1,3 million. Tertio, les conseillers en prévention. "La Communauté française s’est engagée à les financer par un décret , mais il n’est jamais entré en vigueur", regrette M. Michel. Ce qui représente une contraction de 6,8 millions.

"En tout, cela représente un montant total de 32 millions d’économies structurelles à charge des PO, résume-t-il, ce qui rend les PO encore plus prudents dans leur décision d’investissements car ces restrictions affectent leur capacité à rembourser des emprunts." St. Bo.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

UNE NOUVELLE GUERRE SCOLAIRE AURA-T-ELLE LIEU?

La paix scolaire n'est rien d'autre que le pacte scolaire, autrement.

Visiblement, les hostilités reprennent entre l'enseignement catholique et l'Etat en l'occurrence la Communauté française.

Il y a près de trente ans l'APRBr (Association des profs issus de l'ULB) organisait un mini colloque sur le thème "communautarisation de l'enseignement, sauvetage ou naufrage de l'école publique?" Il se pourrait bien que l'explosion démographique provoque le naufrage pur et simple de l'enseignement en Communauté française et en particulier à Bruxelles. En effet le pouvoir subsidiant, à savoir la Communauté française, est d'ores et déjà exsangue et on ne voit pas comment il fera face à ses obligations financières dans la décennie qui vient.

Mais il existe peut être une solution, laquelle ne nécessiterait pas la construction de bâtiments nouveaux: "l’enseignement à distance" qui, selon la Libre Belgique, "bascule sur internet".

Selon Stéphane Bocart, "l’enseignement à distance enregistre entre 11 500 et 14 000 nouvelles inscriptions par an.  Cela veut dire en bon français que chaque année il fait disparaître, à chaque rentrée scolaire, 14.000 places dans les écoles, l'équivalent d'une trentaine de bâtiments soit 300 bâtiments en dix ans et 600 en vingt ans. Cela donne le tournis. Mais n'est-ce pas la solution au problème?

Voyons cela d'un peu plus près.

Actuellement, la plupart des cours sont encore envoyés par courrier. L’objectif est de passer graduellement à l’apprentissage en ligne d’ici 2016 à 2017. L’EAD se met, de fait, peu à peu à l’E-learning (apprentissage en ligne). 

Entre courrier classique et courriel il n'y a qu'une syllabe de différence. L'enseignement par correspondance s'informatise graduellement.

Il y a actuellement parmi ses utilisateurs de jeunes mineurs en délicatesse avec l'enseignement, des détenus, des personnes handicapées mais il ya de plus en plus de parents qui optent pour cette solution pour scolariser légalement leurs rejetons.

"Nous allons aller vers de l’e-learning, cela ne fait aucun doute," affirme M.Stolz responsable de EAD. Il envisage un enseignement à distance modernisé à l’horizon 2016-2017.(...) Au niveau politique il a été décidé de passer à l’e-learning complet, tout en sachant qu’il faudra moduler avec la version papier en fonction de certains publics, il faudra, à raison de 30 cours modernisés par an, quatre années pour avoir modernisé l’outil. C’est notre objectif." 

Il s'agit donc bien d'une volonté "politique".  Bradford S. Bell et Jessica E.Federman dans leur article sur “E-learning in Post-secondary Education”, paru dans l'édition de printemps 2013 de la revue "Future of Children", mentionnent qu'en automne 2010, 31 pourcent des étudiants du secondaire (college) auxEtats-Unis suivait déjà au moins 1 cours online...

Un internaute pousse le bouchon très loin: "Quitte à vivre dans une société ou ne compte plus que l'individualisme et la compétition autant de mettre fin à l'obligation scolaire et permettre à tout à chacun de se former uniquement sur internet." Un autre, plus réac que réac monte encore d'un cran "Au moins nos petites têtes blondes ne seront plus endoctrinées par l'idéologie gauchiste de la plupart des profs".

Avec ce système, chaque élève peut du moins théoriquement "apprendre à son rythme, à domicile ou à l’étranger". Ceci exige certes de l'intelligence mais surtout du caractère, une grande autonomie et une auto-discipline exceptionnelle.

Le caractère, cela se forme par exemple par le sport pendant les moments de loisir (on nous dit que ce système libère beaucoup de temps), la pratique d'un instrument de musique et par le scoutisme.

 


On nous met en garde: "Ce n’est pas facile d’arriver tout seul au bout de la formation".

Ces cours à distance ne sont pas certifiés, mais ils sont censés préparer aux jurys dits centraux de l’enseignement secondaire"

Ils sont suivis par un grand nombre d'élèves dont les parents travaillent à l'étranger ou s'en vont voyager un ou deux ans à travers le monde, par exemple en voilier. Rien de tel pour former le caractère!

En principel’enseignement à distance créé il y a près de 50 ans par la Loi sur la correspondance du 5 mars 1965, s’adresse à tous, quels que soient l’âge et le niveau scolaire et social de l'élève inscrit.

Pourquoi ne pas élargir cette forme nouvelle d'enseignement à nos élèves du troisième degré du secondaire (de 16 à 18 ans ou plus) et aux étudiants du supérieur. Qu'on m'explique l'avantage de suivre un cours ex cathedra à plusieurs centaines par rapport à le suivre à domicile sur son PC en consultant internet chaque fois qu'on a une difficulté...

L'E learning n'est rien d'autre que la poursuite des finalités de la scolarité obligatoire et de l'enseignement classique par d'autres moyens. L'école pourrait de fait continuer à fonctionner dans sa conception traditionnelle pour tous les élèves en difficulté pour des raisons cognitives, affectives ou simplement sociales.

Certes ce système, comme le système classique  du reste, présente de sérieux inconvénients sur lequel nous reviendrons dans le prochain commentaire.

Les élèves les plus performants pourraient poursuivre la course en tête quitte à franchir les épreuves en moins de temps qu'actuellement tout en consacrant le temps libéré à la lecture, au sport, à la musique, à se cultiver à apprendre des langues, bref au développement de soi.

MG

 

ENSEIGNEMENT A DISTANCE: LES MODALITES

 

Le principe ? Chaque apprenant peut s’inscrire, moyennant 37,50 euros, à n’importe quel moment de l’année et choisir le programme qui l’intéresse. Français, mathématiques, langues modernes et anciennes, sciences, géographie, histoire,…, l’EAD propose près de 200 cours différents. "Les personnes intéressées peuvent soit s’inscrire en ligne soit entrer en contact avec un conseiller en orientation qui va estimer leur niveau par rapport aux cours proposés", indique François-Gérard Stolz, directeur général adjoint au Service général de l’Enseignement de Promotion sociale, de l’Enseignement secondaire artistique à horaire réduit et de l’Enseignement à distance. "Puis est envoyé un premier cours. Si nécessaire, le niveau est adapté".

Chaque élève peut ainsi apprendre où et quand il le souhaite, à son rythme et selon ses disponibilités, tout en bénéficiant de l’encadrement d’un correcteur. En tout, 400 correcteurs (enseignants, journalistes,…) collaborent à l’enseignement à distance.

Concrètement, chaque cours est divisé en plusieurs séries. Chaque série comprend une matière à étudier, des exercices d’auto-contrôle (destinés à vérifier l’assimilation de la matière) ainsi qu’un devoir à rédiger et à renvoyer à l’EAD pour correction. Le premier devoir encodé, les séries suivantes de cours sont envoyées selon un rythme convenu lors de l’inscription. L’apprenant reçoit son devoir corrigé le mois suivant. S’il a des questions ou désire des explications complémentaires, il peut communiquer par mail avec son correcteur. Pour certains modules, l’EAD a prévu une plateforme où peuvent se dérouler des "chats" (conversations en ligne) entre le correcteur et l’élève. Des supports supplémentaires tels que forums, disquettes et CD sont également disponibles, notamment pour les cours de langues.

A noter, l’enseignement à distance n’est pas certifiant (contrairement à l’enseignement de promotion sociale), mais délivre une attestation de suivi de cours à la fin de la formation. Une chose est de suivre une telle formation, autre chose est de la faire valoriser via un diplôme décerné par le jury central.

Si l’EAD offre beaucoup de souplesse en terme d’horaire, "ce n’est pas facile d’arriver tout seul au bout de la formation", souligne Laurence Dohogne, coordinatrice pédagogique et chargée de mission à l’EAD."Puisque les apprenants ont eu des difficultés à la base, on a pris le pli de les laisser avancer à leur rythme. S’ils s’inscrivent à la préparation à un jury, nous faisons des relances, demandons au tuteur de les suivre. Mais s’ils décident d’arrêter un moment donné, pour des raisons de vie, peut-être vont-ils recommencer plus tard ou pas".

Sur les 30 000 nouvelles formations demandées chaque année, environ la moitié des apprenants ne débutent pas le processus de formation alors qu’ils sont inscrits. "L’EAD demande une discipline", commente M. Stolz. "Il faut se motiver pour se préserver une ou deux heures le soir ou en journée pour travailler, ce qui augmente la difficulté. Nous sommes d’ailleurs en réflexion avec le cabinet de l’Enseignement sur l’accompagnement et le tutorat de nos apprenants." Stéphanie Bocart (La Libre; extraits)


 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUELS SONT LES DEFAUTS DE CE SYSTEME?

"L’apprenant reçoit son devoir corrigé le mois suivant." C'est beaucoup trop long comme délai, même si la plupart du temps, le prof classique ne remet les interros corrigées que plusieurs semaines après coup.

Toutefois, "s’il a des questions ou désire des explications complémentaires, l'élève peut faire des exercices d’auto-contrôle (destinés à vérifier l’assimilation de la matière) communiquer par mail avec son correcteur. Pour certains modules, l’EAD a prévu une plateforme où peuvent se dérouler des "chats" (conversations en ligne) entre le correcteur et l’élève. Des supports supplémentaires tels que forums, disquettes et CD sont également disponibles, notamment pour les cours de langues."

On pourrait imaginer des séminaires soit de remédiation pour les plus faibles, soit de renforcement pour les plus doués avec des profs en chair et en os, que l'élève pourrait rencontrer dans un établissement scolaire en brique, un peu comme celui qui aujourd'hui va suivre un cours particulier.

On notera toutefois que l’enseignement à distance n’est pas certifiant (contrairement à l’enseignement de promotion sociale), mais délivre une attestation de suivi de cours à la fin de la formation. Ce n'est pas si mal et permet d'éviter une évaluation par trop subjective.

Une chose est de suivre une telle formation, autre chose est de la faire valoriser via un diplôme décerné par le jury central.

Le jury central c'est un peu comme le bac français que certains rêvent d'instaurer chez nous.

Autre objection: si l’EAD offre beaucoup de souplesse en termes d’horaire, "ce n’est pas facile d’arriver tout seul au bout de la formation", souligne Laurence Dohogne, coordinatrice pédagogique et chargée de mission à l’EAD. "Puisque les apprenants ont eu des difficultés à la base, on a pris le pli de les laisser avancer à leur rythme. S’ils s’inscrivent à la préparation à un jury, nous faisons des relances, demandons au tuteur de les suivre. Mais s’ils décident d’arrêter un moment donné, pour des raisons de vie, peut-être vont-ils recommencer plus tard ou pas".

Le système des tuteurs s'inspire de l'enseignement privé anglais où ils existent depuis toujours, de même qu'à la Open Univercity (comme dans l'excellent film Educating Rita, un remake du Pygmalion de Shaw).

Sur les 30 000 nouvelles formations demandées chaque année, environ la moitié des apprenants ne débutent pas le processus de formation alors qu’ils sont inscrits. "L’EAD demande une discipline

De fait mais tout élève inscrit dans le supérieur est obligé, du jour au lendemain de faire preuve d'une totale autodiscipline après avoir été biberonné et materné jusqu'à 18 ans par son collège ou athénée.

En somme, il s'agit de former le caractère des apprenants. Et les cours d'éducation physique, on en fait quoi? quid  du parascolaire plus ou moins obligatoire?

On pourrait fort bien le maintenir dans sa forme actuelle ou mieux, le réorganiser complètement en vue d'en faire une vraie école du caractère et du vivre ensemble. Certes,ceci demande de la part des pouvoirs organisateurs un énorme effort de créativité.

 

Un internaute objecte: "croire qu'un ado, même grand, va pouvoir assimiler seul une matière (seul, je veux dire sans aide spécifique "humaine"), ce n'est pas du tout réaliste. Outre l’exigence d’information, deux obligations pèsent sur les personnes responsables du mineur en âge d’obligation scolaire inscrit à l’enseignement à domicile au sens strict.
- soumettre le mineur au contrôle du niveau des études (assuré par le Service général de l’Inspection);
- inscrire le mineur aux épreuves certificatives (CEB, CE1D, TESS).
Bref, c'est loin d'être une sinécure, par exemple pour les parents.

A problème administratif pratique, solution administrative pragmatique.

En tout état de cause, "à l'heure où se multiplient les possibilités du numérique,commente un autre internaute, rassembler les gens devant un tableau noir devient désuet. Les universités proposent déjà quantité de cours sur internet. Seule l'inertie du monde scolaire freine cet inéluctable progrès."

Et un autre de s'étonner "S'il suffit d'une heure ou deux par jour pour arriver à faire ce que nos enseignant passent toute la journée (sans compter les devoirs) à faire, cela me laisse penser que notre enseignement n'est pas extraordinaire...Soit l'article ne dit pas tout, soit notre société a un petit souci".

La conclusion est tirée par un internaute pragmatique; "Vu le boom démographique, l'exiguïté et la vétusté des bâtiments scolaires et l'engorgement des routes, la formation à domicile doit absolument se développer, à l'instar du télétravail."

On est assez d'accord avec cela!

MG


 

 

 

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