mercredi 7 août 2013

Des Algériens mangent en public en plein ramadan, une première

Le Vif


Plus de 500 Algériens ont mangé et bu en public en plein ramadan samedi dans la ville "rebelle" de Tizi Ouzou, dans une première action collective du genre pour marquer leur liberté de choix face à "l'islamisation" du pays.


© AFP

"Il y a un climat de terreur qui règne contre ceux qui ne jeûnent pas" durant le mois de jeûne sacré musulman du ramadan, dénonce à l'AFP l'un d'eux, Ali, la quarantaine, un technicien de cette ville kabyle située à 100 km d'Alger.

Tahar Bessalah, un entrepreneur en climatisation kabyle venu d'Alger, acquiesce. "Il faut que la religion reste du domaine du privé", dit-il en s'affirmant "musulman de tradition mais pas jeûneur".

LES POLITIQUES D'ARABISATION REJETEES

Parmi les participants à cette action, figurent des citoyens sans affiliation et des militants politiques, surtout berbères, qui n'hésitent pas à afficher le drapeau berbère. Un étudiant de 18 ans, Lounès, va encore plus loin en arborant une pancarte sur laquelle est écrit: "Je ne suis pas arabe. Je ne suis pas obligé d'être musulman".

La ville de Tizi Ouzou a été le théâtre de troubles parfois sanglants liés aux revendications culturelles et identitaires des Kabyles qui ont très mal vécu les politiques d'arabisation imposées par le gouvernement depuis l'indépendance.

"L'ATTACHEMENT ANCESTRAL A LA LIBERTE DE CONSCIENCE" 

Face à un public essentiellement jeune et masculin, armé de bouteilles d'eau, de jus, de pain, de cigarettes et même de bières pour l'un d'eux, le président du Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït Chebib, a revendiqué "l'attachement ancestral" des Kabyles "à la liberté de conscience".

"Nous voulons dénoncer l'inquisition des autorités", "l'instrumentalisation de la religion", lance-t-il, applaudi par les manifestants postés devant la préfecture sur le principal axe routier de cette ville de quelque 150.000 habitants, sans le moindre contrôle apparent de forces de sécurité. Et d'annoncer que des manifestations similaires sont prévues ce jour à Bejaïa, ville portuaire kabyle, et même en France et au Canada, où vivent d'importantes communautés kabyles.

"ISLAMISATION RAMPANTE" DE L'ALGERIE

Pendant le ramadan durant lequel les musulmans s'abstiennent de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles du lever jusqu'au coucher du soleil, les restaurants sont ouverts seulement dans les hôtels de luxe, et les autorités tout autant que les religieux incitent la population à respecter le jeûne, l'un des cinq piliers de l'islam. Jusque dans les années 1980, dans les villes au moins, les restaurants étaient ouverts et ne jeûnaient que ceux qui le voulaient. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY.                                                                                                                      


Un internaute commente:  "Enfin des musulmans "modérés" qui se montrent. Souhaitons qu'ils fassent des émules chez nous où ils ne courent pas le même risque qu'en Algérie. Ne pas boire de toute la journée quand elle dure aussi longtemps sous nos latitudes est une aberration du point de vue médical." C'est évidemment un point de vue rationaliste d'Européen sécularisé. Le réflexe interculturel consisterait à respecter ceux qui observent le ramadan tout en essayant de les comprendre et de leur expliquer que ce n'est pas fameux pour la santé. Il faut savoir relativiser son propre point de vue: le déconstruire et le reconstruire à la lumière de l'"autre". Pourvu, bien sûr, que la réciproque soit vraie.

MG

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est une bonne chose que chacun puisse faire ce qu'il veut sans être jugé.
Je n'accepte pas que quelqu'un me dise que le Ramadan est mauvais pour la santé (=jugement sans fondement). Le Ramadan en été est un challenge pour les croyants, tout est dans le mental.