mardi 27 août 2013

Espionnage : nouvelles révélations


MARCEL LINDEN, CORRESPONDANT À BONN 




“Der Spiegel” révèle plus de détails sur l’espionnage américain.

Pour la troisième fois, le “Spiegel” publie des documents inédits de l’ex-agent américain Edward Snowden sur les agissements du service secret américain NSA : non seulement son espionnage des activités de l’Union européenne (UE) a été beaucoup plus intense qu’on ne le pensait, mais encore a-t-il eu accès à des conférences vidéo de l’Onu et espionné l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), basée à Vienne.

L’hebdomadaire de Hambourg avait déjà révélé que la NSA avait placé des puces électroniques dans les missions de l’UE à Washington et auprès de l’Onu à New York. On apprend maintenant qu’elle aurait aussi copié des disques durs dans la mission de New York et capté le réseau électronique interne de la mission de Washington.

Lorsque la mission de l’UE a emménagé en septembre 2012 dans ses nouveaux bureaux, au 26e étage de la “Third Avenue” à New York, la NSA disposait déjà des plans des locaux. L’opération avait pour nom de code “Apalachee”, du nom d’un peuple d’Indiens soumis par les Espagnols au XVIe siècle en Floride. Belle façon de décrire le rapport de force USA-UE !

Il semble toutefois que la mission de New York échappe désormais aux écoutes américaines : en effet, ces dernières semaines, on y a renouvelé les systèmes de sécurité et les services de l’UE vérifieraient en ce moment l’étanchéité des systèmes. Le nom de code de l’opération contre la mission UE à Washington est “Magothy”, une rivière du Maryland.

ET A BRUXELLES ?

Le “Spiegel” pose la question de savoir si la NSA a aussi infiltré les systèmes de communication interne de Bruxelles. En tout cas, observe-t-il, quand en 2005 C.Boyden Gray, nommé ambassadeur américain auprès des institutions européennes, a visité sur invitation de la NSA son siège de Fort Meade, celle-ci lui a livré des informations concises sur la Commission. Selon des documents de la NSA, Gray aurait déclaré, enchanté : “Je ne me doutais pas que j’obtiendrais des informations aussi détaillées. C’est fantastique : vous, de la NSA, serez mes nouveaux meilleurs amis”.

Toujours selon le “Spiegel”, la NSA aurait aussi réussi à casser le code lui permettant d’accéder aux vidéoconférences des Nations unies. “Le flux de données nous fournit les vidéoconférences télé phoni ques internes de l’Onu (youhou !)”, auraient triomphé les collaborateurs de la NSA : en l’espace de trois semaines, le nombre de messages décodés serait monté de 12 à 458 unités.

CONTRE LES CHEFS DE GOUVERNEMENT

Cette opération faisait partie du programme d’espionnage classique “Blarney”, lancé dans les années 70. Ses points forts seraient les hautes sphères diplomatiques, la lutte anti-terroriste, les gouvernements étrangers et l’économie. “Blarney” fournirait 11 000 informations par an.

Un autre programme d’espionnage, “Rempart-T”, existe depuis 1991 : il observe exclusivement les chefs de gouvernement et leurs proches collaborateurs. Les informations qu’il collecte sont destinées au Président américain et à ses conseillers de la sécurité nationale.

Autre point fort du travail de la NSA : dans 80 ambassades et consulats US à l’étranger, des équipes collectent des données à l’insu des gouvernements locaux. Pour éviter des incidents diplomatiques, est-il dit, la NSA s’efforce de cacher ces faits aux autorités du pays-hôte.

STATUT DIPLOMATIQUE

Les équipes locales de la NSA ont souvent le statut de diplomates et leurs bureaux d’écoutes sont installés sous le toit des immeubles diplomatiques. On sait qu’elles opèrent au consulat de Francfort, métropole bancaire, et à l’ambassade de Vienne, ville qui héberge l’AIEA et l’Opep. “Rempart-T” vise 20 pays, dont la Russie, la Chine et des pays d’Europe de l’Est.

Manifestation contre le programme “Prism” de la NSA à “Check Point Charly”, à Berlin, en juin dernier. “Yes we scan” (Oui, nous copions), jeu de mots sur le slogan d’Obama “Yeswe can” (Oui, nous pouvons).

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

YES WE SCAN

OBAMA IS WATCHING YOU

C'est, de fait plus terrifiant encore que tout ce que nous pouvions redouter.

On connaît cette blague qui circule depuis des années. On a décidé de relier ensemble les plus puissants ordis de la planète.

Le jour de la mise à exécution des programmes très complexes à mettre en oeuvre pour la chose, le président des Etats Unis  est invité à poser la première question au nouveau système superpuissant.

Timidement il demande: "Does God really exist?"

Et le système de répondre de sa voix électronique: "Now yes!" 

 

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