dimanche 18 août 2013

La photo qui émeut: ils se baignent alors que la ville est en feu


L. WATTECAMPS (ST.) La Libre Belgique


Des vacanciers à la plage en Egypte avec des colonnes de fumée en arrière plan, la photo choque le monde entier. Postée sur le réseau social Twitter, l'image a vite fait le tour du web. La plage, hautement fréquentée par des vacanciers majoritairement égyptiens, d'après le HuffingtonPost, laisse place à un nuage de fumée qui recouvre la ville.

EGYPTE: LES ISLAMISTES EVACUES DE LA MOSQUEE

Depuis vendredi soir, décrétée journée "de la colère" par les pro-Morsi, de nombreux manifestants s'étaient réfugiés dans la mosquée. Plus d'un millier s'y trouvaient toujours quand la police est intervenue, selon les Frères musulmans, l'influente confrérie de l'ex-chef de l'État.


La police a évacué samedi tous les islamistes retranchés dans une mosquée du Caire au cours d'une nouvelle opération violente avec des échanges de tirs nourris au quatrième jour de heurts ayant fait plus de 750 morts en Egypte.

L'état d'urgence et un couvre-feu nocturne restent en vigueur dans le pays, devenu un véritable champ de bataille depuis la dispersion dans le sang mercredi au Caire des campements des partisans du président islamiste Mohamed Morsidestitué par l'armée le 3 juillet.

Malgré l'appel des pro-Morsi à des rassemblements quotidiens pour dénoncer le "coup d'Etat" contre le premier président démocratiquement élu du pays, aucune manifestation n'a été signalée dans le pays dans la journée.

Devant la mosquée Al-Fath dans le centre du Caire, un journaliste de l'AFP a vu samedi des policiers faire sortir de force sept ou huit hommes et tirer pour disperser une foule de résidents en colère, massés à l'extérieur, qui a tabassés les hommes à coups de bâtons et de barres de fer en les accusant d'être des "terroristes".

Selon l'agence officielle Mena à la mi-journée, des tireurs ont ouvert le feu sur eux depuis le minaret de la mosquée, située dans le centre de la capitale.

Les policiers et les militaires ont immédiatement répliqué, selon le journaliste de l'AFP avant de tirer des grenades lacrymogènes et de prendre d'assaut la mosquée. En fin d'après-midi, des sources de sécurité ont affirmé que la police avait évacué la mosquée.

Depuis vendredi soir, décrétée journée "de la colère" par les pro-Morsi, de nombreux manifestants s'étaient réfugiés dans la mosquée. Plus d'un millier s'y trouvaient toujours quand la police est intervenue, selon les Frères musulmans, l'influente confrérie de l'ex-chef de l'État.

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JUSTICE DE RUE

Ces dernières 24 heures 173 personnes ont été tuées, en particulier abords de cette mosquée, lors de heurts entre manifestants et forces de l'ordre désormais autorisées à tirer sur les manifestants hostiles.

L'Égypte avait connu mercredi la journée la plus sanglante depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011, avec 578 morts, la plupart des pro-Morsi tués lors de l'opération sanglante contre leurs campements au Caire.

Samedi, la presse continuait de se déchaîner contre les Frères, et la télévision d'Etat a affiché en permanence un bandeau assurant, en anglais: "l'Egypte combat le terrorisme".

Dans un pays où les division n'ont jamais semblé si profondes, les violences ont fait surgir le spectre d'une justice de rue.

Des "comités populaires" -- surtout des groupes de jeunes souvent excités et armés -- se sont mis en place et fouillent les passants, contrôlent l'accès à leur quartier et amènent de force à l'armée et à la police toute personne leur paraissant suspecte.

Alors que M. Morsi est détenu au secret par l'armée depuis sa destitution, le ministère de l'Intérieur a pour sa part annoncé avoir arrêté plus d'un millier d'islamistes vendredi. Le frère du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a également été arrêté dans la banlieue du Caire pour "soutien" à M. Morsi.

Vendredi, Le Caire s'était transformé en un champ de bataille, le manifestationsne cessant qu'une heure après l'entrée en vigueur du couvre-feu.

Durant ces heurts, qui ont fait officiellement 95 morts au Caire, le fils du Guide suprême des Frères musulmans a été mortellement touché par balle sur la place Ramsès, proche de la mosquée Al-Fath, a annoncé la confrérie dont M. Morsi est issu.




"LUTTE CONTRE LE TERRORISME"

Le gouvernement affirme désormais "combattre le terrorisme", mais le choix de la solution sécuritaire qu'il a adopté depuis mercredi a provoqué une salve de critiques à l'étranger.

Si le nouveau pouvoir a encore assuré samedi que les membres des Frères musulmans avaient leur place dans la transition, la Bolivie a qualifié leur répression de "génocide", alors que plus d'un millier de personnes, essentiellement des pro-Morsi, ont péri depuis fin juin dans des heurts avec les forces de l'ordre ou avec des anti-Morsi.

Dans le même temps, le consulat d'Egypte à Benghazi, dans l'est libyen, a été visé samedi par une attaque à l'engin explosif qui n'a pas fait de victime, selon un responsable de sécurité.

Vendredi, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a invité les États membres de l'Union européenne à prendre "des mesures appropriées" lors d'une réunion prévue lundi à Bruxelles.

Les grands pays européens ont continué à déconseiller les voyages en Egypte, alors que la Suède, la Norvège et la Finlande ont rapatrié leurs ressortissants qui y faisaient du tourisme.

La Turquie a rappelé son ambassadeur en Egypte, et l'Egypte a aussitôt pris la même mesure et annulé des manoeuvres navales communes prévues.

Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a fustigé samedi le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Union européenne et l'Organisation de la coopération islamique (OCI), leur reprochant de ne pas avoir condamné la répression.

En revanche, Ryad et Amman ont affirmé soutenir le pouvoir égyptien "face au terrorisme".

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

QUE RESTE-T-IL DU PRINTEMPS ARABE?

Il reste l'armée sortant son matériel lourd et ses godillots des casernes, pour tirer les manifestants comme des lapins.

Les militaires sont gens d'ordre, allergiques à la dialectique et à la palabre démocratique. Démocratie: le pire des systèmes à l'exception de tous les autres, comme disait Churchill, le plus original des démocrates du siècle dernier qui voua une haine cordiale à Hitler et à son régime paramilitaire.  La démocratie,disait-il encore,c'est quand on sonne à six heures du matin and it's the milkman...

Morsi et ses partisans ont mal géré l'après Moubarak, commettant erreur sur erreur dans leur tentative maladroite d'islamiser la société égyptienne. Il semble que ce soit assez pareil en Tunisie.

Difficile de juger tout cela depuis Bruxelles sur base de quelques analyses de journalistes pressés. "In the Middle East, where the choice is between secular, or occasionally secular, authoritarians and Islamists – between "fascists with uniforms and fascists with Korans" as the Egyptian feminist Mona Eltahawy put it, with only a touch of hyperbole. That choice is no choice at all."

Comment ne pas être d'accord  avec d'aussi déprimantes conclusions?

I and probably you would have protested in Tahrir Square against Morsi if we'd been Egyptian. We might have joined the millions in the inspiring Tamarod movement. We certainly would have felt the Egyptian revolution had been betrayed. To have all that hope for a better future, and then see the crabbed and ignorant men of the Brotherhood take over."

"The fact remains that the Brotherhood is still not the Nazi party. It may be a foul religious right movement, but it did not abolish democracy or drive the opposition underground. And to rely on the military to remove it is naive in the extreme."

De fait, les partisans de Morsi sont d'abominables islamistes mais ce ne sont pas pour autant des criminels nazis. Surtout, il n'y a rien à attendre de bon de ces militaires brutaux qui depuis Nasser ne sont obsédé que par une chose: confisquer le pouvoir sous prétexte de maintenir l'ordre, un ordre qui soit le contraire de la liberté et de l'émancipation démocratique dont l'Egypte a tant besoin. Et c'est pourquoi la photo cynique montrant des Egyptiennes et des Egyptiens  étendus sur les plages tandis qu'au loin brûle Le Caire est tellement choquante.

 MG

 

EGYPT: WE MAY DESPISE THE MUSLIM BROTHERHOOD, BUT A COUP IS A COUP

Europe and the US need to accept that the Muslim Brotherhood may be foul, but it did not abolish democracy


When a state massacres 600 demonstrators, it is not just its own citizens it murders. It also kills the possibility of compromise. The perpetrators mean you to understand that there can be no going back. When they kill, they are well aware that they are shedding too much blood for normal politics to kick in and allow differences to be patched up and deals made.

The killers have the swagger of gangsters. "We know," they seem to say, "that we are breaking all the basic standards of civilized behavior. We know people will hate us until the day we die for what we have done today. But do you know what? We don't care."

The rest of the world may not care either about the revolutionary, or counter-revolutionary, terror in Egypt – and for reasons I will get to later our inability to agree on what to call it speaks volumes. Everyone from politicians to concerned citizens says they care, of course. But do they in their hearts? I confess that although I deplore the murder of protesters and the suspension of democracy, I cannot feel any gut identification with reactionary men and women in the Muslim Brotherhood. It is not as if the Burmese military had arrested AungSan Suu Kyi, rounded up the leaders of the National League for Democracy and restored the junta. Then I would know how I felt and how to respond – as, I suspect, would hundreds of millions around the world. But when the same thing happens in Egypt, I understand why it is wrong in theory but cannot feel true anger in practice.

We got used to revolutions that got good people – to use babyish language – out of jail: Mandela, Havel, Suu Kyi. They have happened everywhere, except in the Middle East, where the choice is between secular, or occasionally secular, authoritarians and Islamists – between "fascists with uniforms and fascists with Korans" as the Egyptian feministMona Eltahawy put it, with only a touch of hyperbole. That choice is no choice at all.

Even the pro-Islamist elements in the European left, which have shamed radical politics for a decade, are quiet now. The streets of London, Paris and Berlin are not clogged with demonstrators calling for the democratic process to be followed and the will of the Egyptian people (albeit by a tiny majority) respected.

When it matters, when there is the faintest of possibilities that international outrage might make a difference, they shrug and stay at home like everyone else. Who can blame them? What decent person can feel any affinity with an obscurantist and sectarian movement? Before its removal from power the Brotherhood showed its mentality by denouncing a UN initiative to end violence against women. As the liberal media forgets to cover these stories, let me make up for their sins of omission and point out that the Ikhwan(Brotherhood), described the UN's prohibitions against marital rape, and its calls for women's freedom to travel, work and use contraception without their husband's permission, as "destructive tools meant to undermine the family as an important institution ... subvert the entire society, and drag it to pre-Islamic ignorance".

If you entertain the racist belief, held by so many faux-liberals, that it is "culturally imperialist" to worry about the rights of brown-skinned women, look at how the Brotherhood forced through a constitution that failed to mention the rights of the Christian minority (as well as those of women) and offered only feeble protections for freedom of expression. Determined to remove legal restraints on his power, the now ex-presidentMohamed Morsi then put himself beyond judicial restraint. His supporters said that the benches of the Egyptian judiciary were filled with the Brotherhood's opponents, and there was a little truth in that. (...)

Everyone should be able to grasp why so many Egyptians said the Brotherhood's idea of democracy was "one person, one vote, once" and why they told doubters: "Hitler was elected too." I and probably you would have protested in TahrirSquare against Morsi if we'd been Egyptian. We might have joined the millions in the inspiring Tamarod movement. We certainly would have felt the Egyptian revolution had been betrayed. To have all that hope for a better future, and then see the crabbed and ignorant men of the Brotherhood take over.

But, legitimate grievances duly noted, the Brotherhood is still not the Nazi party. It may be a foul religious right movement, but it did not abolish democracy or drive the opposition underground. And to rely on the military to remove it is naive in the extreme. The Egyptian army has suppressed dissent since 1952. To add robbery to murder, it has built a military-industrial complex that keeps Egyptians poor by preventing new businesses competing with the elite monopolies it controls.

Ziad El-Alemi, a leader of the Egyptian Social Democrats, believed after the coup that somehow Egyptian progressives could rely on the army to keep the Brotherhood down and at the same time hold supporters of the Mubarak security apparatus to account for their many crimes. So convinced were the social democrats that they could have it all ways, they took seats in the transitional government. I wonder if after last week's display of brute force, they still believe they or anyone else can check the military.

However hard it is to say, European Union governments and the US have to live by their principles and call a coup a coup. Aid and normal diplomatic relations must depend on the release of political prisoners, the restoration of civil liberties and a return to democracy – even if that means a return of Morsi to power until the next election. Western liberals ought to stir themselves as well. I have written before of their failure to listen to liberals in the Arab world – or even acknowledge their existence. But the traffic should go both ways.

It is not disrespectful or condescending to tell them that the notion of a good society built on the back of a government dominated by the military is always improbable. In the case of the Egyptian military it is not improbable, just impossible.

 

 

 

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