jeudi 29 août 2013

Le rêve des prophètes, l’acte des dirigeants


Béatrice Delvaux, Le Soir.



« Je vous dis mes amis. J’ai un rêve, – qu’un jour cette nation se lèvera, et vivra la véritable signification de sa croyance : Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. (…) J’ai un rêve, -que mes quatre enfants habiteront un jour une nation où ils seront jugés non pas par la couleur de leur peau, mais par le contenu de leur personnalité. »

Ces mots prononcés il y a 50 ans à Washington par Martin Luther King, devant une foule immense, a fait plus que torpiller la ségrégation raciale et mobiliser les énergies pour la défense des droits de l’homme Ce « I’ve a dream » est devenu l’incarnation pour des générations, que la politique peut changer le monde, que des hommes peuvent renverser des montagnes, au nom de valeurs. Martin Luther King voisine ainsi dans le panthéon des héros qui ont nourri notre foi dans l’idéal, avec Nelson Mandela.

Le monde a un besoin vital de ces prophètes, qui tracent les horizons de l’homme, au-delà des difficultés politiques et stratégiques. Il ne faut cependant pas les confondre avec les autres, ceux auxquels on demande de gouverner, de prendre des responsabilités en faisant atterrir dans le réel, les rêves tracés par les premiers. Il ne faut pas demander aux dirigeants de ressembler aux prophètes, et inversement, ce sont des hommes de genre différents, tous deux indispensables à la marche du monde. On attend des dirigeants, comme par exemple dans le dossier syrien, qu’ils règlent les problèmes, et cela passe souvent par des compromis, cela exige de se mouiller. Ils sortent rarement immaculés de leurs actions, au contraire des prophètes qui sont quasi sanctifiés – mais souvent assassinés suite à leurs prédications. C’est aujourd’hui le dilemme d’un Obamaqui voudrait figurer dans l’histoire comme un prophète, mais exerce la fonction du dirigeant : on n’attend plus de lui qu’il exalte des valeurs, mais qu’il concrétise leur mise en pratique.

 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY

NO HE CAN'T

Son prix Nobel de la paix le rend hésitant, enclin à procrastiner, à ne rien décider. Rappelons avec le Vif que Barack Obama a bâti sa conquête de la Maison blanche sur l’idée d’une rupture avec l’ère Bush

Des "prophètes", oui ils sont utilesIdéalement, les dirigeants, les  politiques devraient être prophètes comme surent l'être Churchill et de Gaulle, à l'heure décisive, c'est à dire de grands visionnaires capables de prévoir l'imprévisible et son cortège de drames; faire donc en sorte qu'ils ne se produisent pas.

"Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie. Mais l’opposition armée ne parvient pas à se mettre d’accord sur une délégation." On lira avec intérêt l'interview de Haytham Manna qui s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays et explique pourquoi

En quoi somme-nous concernés? Dix jeunes de Vilvorde, de confession musulmane, sont partis vers la Syrie juste avant la fin des vacances scolaires; quinze autres, qui ne sont pas rentrés chez eux depuis quelques jours, eux aussi présumés en route vers la Syrie.

Quelque 200 jeunes Belges combattraient actuellement en Syrie, dont une vingtaine de Vilvorde. Des estimations font état de dix à quinze Belges déjà tombés au combat.

200 gamins sont donc passés sans difficulté à travers les contrôles policiers à Zaventem et cela malgré les mesures anti-terroristes, lesquelles rognent la liberté de l'ensemble des citoyens en les soumettant à une surveillance informatique permanente.  200 gamins se sont donc laissé embobiner par les salafistes recruteurs de combattants djihadistes.

En quoi cela nous concerne-t-il?

Poser la question c'est déjà  y répondre!

MG

JEU DANGEREUX EN SYRIE

Le Vif

L’agitation qui a envahi les chancelleries occidentales autour du dossier syrien est à la fois saine et suspecte.

Saine parce que l’utilisation de gaz toxiques contre son peuple par le régime syrien, si elle est avérée, est un « crime contre l’humanité », comme l’a opportunément rappelé le secrétaire général des Nations unies, le pourtant très prudent Ban Ki-moon. Suspecte parce que, sans en fournir la preuve que pouvait lui apporter la Commission d’enquête de l’ONU dépêchée sur place, le chef de la diplomatie américaine John Kerry s’est empressé de juger « indéniable » l’usage d’armes toxiques et d’en désigner responsable le régime de Bacharal-Assad. 

Le syndrome de la mystification américaine sur les armes de destruction massive en Irak en 2003 est encore trop prégnant pour que soit évacué aujourd’hui le soupçon, fut-il mineur, d’une manipulation. Barack Obama, qui a bâti sa conquête de la Maison blanche sur l’idée d’une rupture avec l’ère Bush, ne peut pas laisser planer le moindre doute. Il y va de l’image des Etats-Unis dans le monde à travers le lien de confiance à restaurer avec les peuples, notamment dans les pays arabes. Mais c’est aussi une question d’intelligence stratégique. Sachant que la Chine et surtout la Russie ne sont pas enclines à donner leur aval à une opération militaire appuyée par le Conseil de sécurité de l’ONU, les Américains et leurs alliés ont tout intérêt à en atténuer les répercussions négatives. 

Le précédent irakien démontre que dans un Moyen-Orient aussi complexe, un régime démocratique ne peut pas émerger par la grâce d’une victoire militaire et d’un agenda imposé de l’extérieur. En l’occurrence, un engagement massif de troupes occidentales et arabes en Syrie conduirait inévitablement à un bourbier aux conséquences régionales désastreuses. 

Ce scénario n’est pas envisagé aujourd’hui au sein de l’état-major américain où prévaut l’idée de frappes ciblées. Combinées à l’offensive terrestre de commandos rebelles formés par les Américains en Jordanie dont Le Figaro a annoncé l’entrée en action depuis la mi-août, elles pourraient d’ailleurs se révéler d’une redoutable efficacité et contribuer à l’objectif affiché par les Occidentaux de renversement de Bachar al-Assad. 

Depuis 2005, l’ONU prévoit une responsabilité des Etats-membres à protéger les peuples en cas de « défaillance » de leurs dirigeants. Elle n’envisage l’usage de la force que comme ultime recours. Accusés d’avoir abandonné les Syriens à leurs luttes fratricides, les Occidentaux sont taxés d’impuissance. Leur réponse ne doit cependant pas satisfaire au seul désir de riposter pour riposter, de projeter de la puissance par simple vanité. Si l’implication du régime syrien dans le massacre au gaz toxique de la Ghouta est confirmée, si une coalition de grandes nations en tire la justification d’une intervention avec une forme de consensus international, le plan mis en œuvre ne pourra pas faire l’impasse sur une indispensable négociation politique, avec des représentants du régime alaouite, avec ses alliés russes et iraniens, s’il ambitionne vraiment de servir tous les Syriens.


SYRIE : "LES ATTAQUES CHIMIQUES SONT UN COUP MONTE"


François Janne d’Othée Le Vif

En exil depuis 35 ans, l’opposant Haytham Manna, responsable à l’étranger du Comité de Coordination nationale pour le changement démocratique (opposition syrienne non armée), s’oppose avec force à toute intervention étrangère contre son pays. 


Haytham Manna © Reuters

L’UTILISATION D’ARMES CHIMIQUES EN SYRIE POURRAIT AMENER LES OCCIDENTAUX A "PUNIR" LE REGIME. QU’EN PENSEZ-VOUS ?

HAYTHAM MANNA : Je suis totalement contre, tout comme la coordination que je dirige. Cela ne fera que renforcer le régime. Ensuite, une intervention risque d'attiser encore plus la violence, d'ajouter de la destruction à la destruction et de démanteler un peu plus la capacité de dialogue politique. Le régime est le premier responsable car il a choisi l’option militaro-sécuritaire. Mais comment peut-on parler de guerre contre le terrorisme et donner un coup de main à des extrémistes affiliés à Al Qaeda ? 

LES OCCIDENTAUX CHOISISSENT LA MAUVAISE OPTION, SELON VOUS ? 

Depuis le début, c’est une succession d’erreurs politiques. Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont poussé les parties à se radicaliser. Ils n’ont pas empêché le départ de djihadistes vers la Syrie et ont attendu très longtemps avant d’évoquer ce phénomène. Où est la démocratie dans tout ce projet qui vise la destruction de la Syrie ? Et pensez-vous que ce soit la morale qui les guide ? Lors du massacre d’Halabja [commis par les forces de Saddam Hussein en 1988], ils ont fermé les yeux. Je m’étonne aussi de voir que les victimes d’armes chimiques sont bien davantage prises en considération que les 100 000 morts qu’on a déjà dénombrés depuis le début du conflit.

QUI EST RESPONSABLE DU DERNIER MASSACRE A L’ARME CHIMIQUE ? 

Je n’ai pas encore de certitude mais nos informations ne concordent pas avec celles du président Hollande. On parle de milliers de victimes, alors que nous disposons d’une liste de moins de 500 noms. On est donc dans la propagande, la guerre psychologique, et certainement pas dans la vérité. Ensuite, les armes chimiques utilisées étaient artisanales. Vous pensez vraiment que l’armée loyaliste, surmilitarisée, a besoin de cela ? Enfin, des vidéos et des photos ont été mises sur Internet avant le début des attaques. Or ce matériel sert de preuve pour les Américains ! 

PENSEZ-VOUS QU’UNE PARTIE AU CONFLIT A VOULU PROVOQUER LES OCCIDENTAUX A INTERVENIR ? 

C’est un coup monté. On sait que les armes chimiques ont déjà été utilisées par Al Qaeda. Or l’Armée syrienne libre et les groupes liés à Al Qaeda mènent en commun 80% de leurs opérations au nord. Il y a un mois, Ahmad Jarba [qui coordonne l’opposition armée] prétendait qu’il allait changer le rapport de forces sur le terrain. Or c’est l’inverse qui s’est produit, l’armée loyaliste a repris du terrain. Seule une intervention directe pourrait donc aider les rebelles à s’en sortir… Alors, attendons. Si c’est Al Qaeda le responsable, il faudra le dire haut et fort. Si c’est le régime, il faudra obtenir une résolution à l’ONU. Et ne pas laisser deux ou trois payer fédérer leurs amis, pas tous recommandables d’ailleurs. 

ENTRE OCCIDENTAUX ET RUSSES, QUELLE POSITION VOUS SEMBLE LA PLUS COHERENTE ? 

Les Russes sont les plus cohérents car ils travaillent sérieusement pour les négociations de Genève 2 [sensées mettre autour d’une même table le régime et les opposants]. Les Américains ont triché. Deux ou trois fois, ils se sont retirés, au moment où s’opérait un rapprochement.

UNE SOLUTION POLITIQUE EST-ELLE ENCORE POSSIBLE ?

Tout est possible mais cela dépendra surtout des Américains. Les Français se contentent de suivre.

QUE DEVIENDRA BACHAR AL ASSAD? 

Il ne va pas rester. Si les négociations aboutissent, elles mèneront de facto à un régime parlementaire. Si du moins on accepte de respecter le texte de base de Genève 2 qui est le meilleur texte, avec par-dessus un compromis international. Mais laissez-moi dire ceci : quand on parle de massacrer des minorités, et que le président fait partie d’une minorité, comment peut-on lui demander de se retirer ou ne pas se retirer ? Aujourd’hui, la politique occidentale a renforcé sa position de défenseur de l’unité syrienne et des minorités. Cela dit, personne ne pourra revendiquer de victoire : la violence est devenue tellement aveugle qu’il faudrait vraiment un front élargi de l’opposition et du régime pour en venir à bout.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SURPRENANT

Une internaute commente: "Voilà un article intelligent, c'est la logique du bon sens. Les médias occidentaux étaient tous en train d'affirmer la responsabilité du régime, ce qui est selon moi un non-sens car comme le dit El Assad lui-même, ce serait du suicide politique. A qui profite le crime ?

Guy Verhofstadt  ne veut pas d'une simple coalition de pays volontaires, mais d'une "forte coopération entre les Etats-Unis, l'UE, la Turquie et la majorité des pays arabes". Il a réclamé mardi une prise de position commune de l'Union européenne en faveur d'une réaction militaire en Syrie.

Il juge cette réaction "nécessaire" dès lors que le président syrien Bacharal-Assad "semble convaincu de pouvoir faire tout ce qu'il veut et de ne rencontrer aucune limite à ses crimes contre l'humanité".

Dans le même temps, le chef des libéraux européens propose de débattre de la manière d'armer l'Armée syrienne libre (rébellion), d'instaurer une interdiction de survol pour protéger la population syrienne et de gérer le nombre croissant de djihadistes.


"A quel jeu jouent l'Europe, les Américains et les Anglais?"s' interroge un internaute. "Deviendraient-ils des sponsors du terrorisme?

Ce qui est sûr, c'est que les interventions occidentales en Irak, en Lybie n'ont rien résolu. Alors intervenir ou ne pas intervenir that's the question!

"Une solution politique est la seule qui permettra de sauver la Syrie."

Une solution politique certes mais laquelle?

L'Irak, la Lybie, la Syrie et désormais l'Egypte furent ou sont les otages d'un régime militaire que les islamistes tentent ou ont tenté de renverser.  Le choix est entre le putch militaire et le putch islamiste. Et la démocratie? Il ne semble pas qu'elle veuille prendre racine au moyen Orient.

MG


VERHOFSTADT: "BLOEDVERGIETEN IN SYRIË MOET STOPPEN"

De Morgen

 


© belga"Hoe langer we talmen, hoe slechter de situatie wordt", zegt Guy Verhofstadt.

Europa moet zich als één blok achter een militaire interventie in Syrië scharen. Dat zegt oud-premier en liberaal fractievoorzitter in het EU-parlement Guy Verhofstadt. "Niets doen maakt de situatie erger."

"Ik pleit al bijna twee jaar voor interventie", zegt Verhofstadt (Open Vld) in een gesprek met De Morgen. " Ik zie niet in waar we nog op moeten wachten. Na meer dan 90.000 doden en 1,7 miljoen vluchtelingen en de inzet van chemische wapens is de tijd gekomen om een einde te maken aan het bloedvergieten."


 

 

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